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Le roi de Jordanie devrait rencontrer Biden à la Maison Blanche

Les entretiens se focaliseront sur l'apaisement des tensions sur le mont du Temple, à Jérusalem, qui menacent d'entraîner un conflit et de nuire aux liens israélo-jordaniens

Le président Joe Biden, à droite, rencontre le roi Abdallah II de Jordanie dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 19 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh, File)
Le président Joe Biden, à droite, rencontre le roi Abdallah II de Jordanie dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 19 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Susan Walsh, File)

Le roi de Jordanie Abdallah II devrait rencontrer dans la semaine le président américain Joe Biden, selon des informations parues lundi dans les médias. La question des tensions sur le mont du Temple, à Jérusalem, devrait figurer en tête de l’agenda.

Les deux dirigeants vont évoquer les relations bilatérales entre leurs deux pays ainsi que les récentes flambées de violences entre l’État juif et les Palestiniens à Jérusalem – et en particulier les tensions survenues sur le mont du Temple et les initiatives prises en faveur d’une désescalade, selon des sources citées par le site d’information Walla.

Les sources ont également cité le site d’information Al Arabiya, à Dubaï, qui a indiqué que le souverain hachémite devrait aussi s’entretenir avec de hauts-responsables américain à Washington et notamment avec une délégation de membres du Congrès, une délégation placée sous la direction de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi.

La rencontre entre Abdallah et Biden survient également avant le voyage prévu du président des États-Unis en Israël, le mois prochain. La chaîne publique Kan a fait savoir que Biden réfléchissait également à se rendre à Jérusalem-Est.

Selon la chaîne, la proposition a été faite pendant les réunions de préparation du déplacement, mais elle n’a pas encore été finalisée. S’il devait aller visiter la partie orientale de la ville, il ne serait pas accompagné par des responsables israéliens.

Le reportage a précisé que les précédents présidents démocrates s’étaient abstenus jusqu’à présent d’aller à Jérusalem-Est.

L’ancien président Donald Trump avait changé la politique traditionnelle de longue date mise en œuvre par les États-Unis en reconnaissant la souveraineté de l’État juif sur la ville toute entière et en transférant l’ambassade américaine, qui se trouvait alors à Tel Aviv, à Jérusalem. Il s’était aussi rendu au mur Occidental, dans la Vieille Ville.

Le président américain Donald Trump au mur Occidental, le 22 mai 2017, à Jérusalem. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

CNN a fait savoir que si Biden devait aller à Jérusalem-Est, il se rendrait à l’hôpital al-Makassed qui prend majoritairement en charge des Palestiniens.

Abdallah, qui fait un voyage de plusieurs jours aux États-Unis, a rencontré lundi des personnalités religieuses à New York pour évoquer la situation à Jérusalem, selon un communiqué de la cour royale.

« Le roi a répété que la tutelle hachémite des sites islamiques et chrétiens à Jérusalem est un honneur et une responsabilité qui aident à préserver l’unité de toutes les églises et, plus important encore, l’unité entre les communautés musulmanes et chrétiennes », a précisé le communiqué.

« Le roi a réaffirmé l’attachement de la Jordanie aux principes d’harmonie et de dialogue interconfessionnels, de modération et d’ouverture, soulignant que la promotion de la paix et de la stabilité sont les piliers de la politique étrangère de la Jordanie », a-t-il poursuivi.

Des affrontements entre des Palestiniens et la police israélienne sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

La Jordanie, qui a contrôlé la Cisjordanie et Jérusalem-Est de 1948 jusqu’à la guerre des Six jours de 1967, maintient depuis longtemps que ses traités conclus avec Israël lui accordent la tutelle des lieux saints chrétiens et musulmans à Jérusalem. Si Israël n’a jamais accepté cette affirmation, l’État juif délègue l’administration quotidienne du mont du Temple au Waqf, une instance financée par le royaume hachémite.

Connu sous le nom de Haram al-Sharif ou mosquée al-Aqsa par les musulmans, le mont du Temple est le lieu le plus saint du judaïsme et le troisième sanctuaire le plus sacré de l’islam.

Il représente un lieu sensible et les tensions ont, encore une fois, connu un nouvel essor ces dernières semaines – avec des émeutes des Palestiniens, des affrontements avec la police israélienne et des tentatives de la part d’extrémistes juifs de prier sur le mont.

Les tensions sur le lieu saint se sont accompagnées d’attentats terroristes, de pressions de la part des alliés d’Israël, de menaces du Hamas et elles ont exacerbé la crise qui secoue actuellement la coalition au pouvoir.

La police israélienne se déplace derrière des boucliers anti-émeutes lors d’affrontements avec des Palestiniens dans l’enceinte du mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 22 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Les heurts ont aussi entraîné des tensions diplomatiques croissantes entre Israël et la Cisjordanie.

Abdallah a condamné l’État juif pour les affrontements, critiquant vivement le pays qui, selon lui, a autorisé des pèlerins juifs à pénétrer sur le site. Il a appelé Israël à respecter « le statu-quo légal historique » mis en place sur le mont du Temple, selon un communiqué de la cour royale.

Pendant un entretien téléphonique avec Biden, le mois dernier, Abdallah avait souligné l’importance de respecter la mosquée al-Aqsa et indiqué que son pays continuerait à prendre les mesures nécessaires pour protéger les lieux saints de l’islam.

Au cours de leur rencontre, au mois de juillet dernier – c’était la première rencontre entre Biden et le dirigeant d’un pays allié des États-Unis au Moyen-Orient depuis son entrée à la Maison Blanche – le président américain avait dit soutenir « la position de la Jordanie en tant que protectrice des lieux saints à Jérusalem ». Il avait ajouté que « vous avez toujours été là pour nous et nous serons de même toujours là pour la Jordanie », notant que le Moyen-Orient était « une région compliquée ».

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