Le roi Salmane d’Arabie saoudite attendu jeudi en Russie
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Le roi Salmane d’Arabie saoudite attendu jeudi en Russie

Répondant à une "invitation" de Poutine, le chef d'État devrait réfléchir avec son homologue russe, à des moyens de "dynamiser" les relations bilatérales

Le roi Salmane ben Abdelaziz ,le 9 décembre 2013 (Crédit : domaine public/Wikimedia commons)
Le roi Salmane ben Abdelaziz ,le 9 décembre 2013 (Crédit : domaine public/Wikimedia commons)

Le roi Salmane d’Arabie saoudite est attendu en Russie jeudi pour la première visite d’un souverain saoudien dans ce pays, a déclaré lundi le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, cité par l’agence officielle TASS.

« Nous attendons le roi en visite le 5 octobre », a indiqué M. Ouchakov, sans donner plus de détails.

Le ministère saoudien de l’Information a qualifié d' »historique » le voyage du roi Salmane, 81 ans, qui sera le premier souverain saoudien à faire une visite officielle en Russie.

Vladimir Poutine le 24 septembre 2015. (Crédit : AFP/ RIA NOVOSTI / ALEXEI NIKOLSKY)
Vladimir Poutine le 24 septembre 2015. (Crédit : AFP/ RIA NOVOSTI / ALEXEI NIKOLSKY)

De son côté, le président russe Vladimir Poutine s’était rendu en 2007 pour la première fois en Arabie saoudite, proche alliée des Etats-Unis.

A Ryad, l’agence officielle saoudienne SPA a brièvement indiqué que la visite du roi Salmane répondait à « une invitation » de M. Poutine et que les deux hommes discuteraient des « relations bilatérales » et des moyens de les « dynamiser », ainsi que de « sujets régionaux et internationaux ».

Des divergences opposent Moscou et Ryad sur le plan diplomatique, notamment sur les conflits au Yémen et en Syrie.

La Russie, alliée du régime du président Bachar al-Assad, et l’Arabie saoudite, qui soutient l’opposition syrienne, font ainsi partie des principaux acteurs du conflit en Syrie où septembre a été le mois le plus meurtrier en 2017 avec au moins 3 000 morts selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

En revanche, la Russie et l’Arabie ont aplani leurs désaccords ces derniers mois face à la chute des prix des hydrocarbures, dont leurs économies sont très dépendantes.

La visite du roi Salmane intervient à un mois d’une nouvelle réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont l’Arabie saoudite est le chef de file, et où doit être discutée la prolongation des réductions de production, ayant stimulé les prix de l’or noir.

Les principaux producteurs de pétrole membres ou non de l’Opep se sont mis d’accord fin 2016 pour réduire leur production d’environ 1,8 million de barils par jour pendant six mois. L’entente a été prolongée de neuf mois supplémentaires.

Cet accord avait fait grimper les prix, qui tournent actuellement autour de 55 dollars le baril.

L’économie de l’Arabie saoudite, tout comme celle de la Russie, dont la production de pétrole est quasiment au coude à coude avec Ryad, ont été durement frappées par la baisse des prix de l’or noir commencée à la mi-2014.

Alors que l’économie saoudienne s’est contractée pour le deuxième trimestre consécutif, principalement en raison de la faiblesse des prix du brut, le roi Salmane chercherait à s’assurer du soutien de la Russie pour faire prolonger la réduction de production jusqu’à ce que les prix du pétrole se stabilisent, selon des experts.

Pour financer ces déficits, Ryad a déjà réduit ses subventions publiques, a eu recours à des emprunts sur les marchés international et intérieur et retiré environ 245 milliards de dollars de ses réserves.

A partir du 1er janvier, l’Arabie saoudite doit également introduire, pour la première fois, la TVA.

La Russie, dont l’économie visée par des sanctions occidentales est également très dépendante des revenus pétroliers, s’est dit favorable fin septembre à la poursuite d’une action « concertée » avec l’Opep sur le pétrole.

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