Le Secrétaire général de l’ONU alerte sur la montée de l’antisémitisme
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Le Secrétaire général de l’ONU alerte sur la montée de l’antisémitisme

"Aujourd'hui, la négation, la distorsion et la minimisation de l'Holocauste refont surface", a déploré António Guterres dans un discours à la synagogue Park East, à New York

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, prend la parole lors d'un rassemblement interconfessionnel à la Park East Synagogue de New York, le 31 octobre 2018. (Crédit : ONU/Rick Bajornas)
Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, prend la parole lors d'un rassemblement interconfessionnel à la Park East Synagogue de New York, le 31 octobre 2018. (Crédit : ONU/Rick Bajornas)

António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a dénoncé la montée de l’antisémitisme accompagnant la pandémie de COVID-19 lors d’une cérémonie virtuelle du 76e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau enregistrée lundi soir à la synagogue Park East, à New York. Le responsable participe chaque année à cette commémoration.

« Il est triste, mais pas surprenant, que la pandémie de COVID-19 ait déclenché une nouvelle éruption de cette idéologie toxique. Nous ne pouvons jamais baisser la garde », a déclaré le chef de l’ONU.

La pandémie a « contribué à une résurgence de la xénophobie, de l’antisémitisme et du discours de haine », a-t-il ajouté.

Les accusations lancées dans ce cadre contre les Juifs – notamment celles d’avoir créé le vaccin – « seraient ridicules, si elles n’étaient pas si dangereuses ».

« Aujourd’hui, la négation, la distorsion et la minimisation de l’Holocauste refont surface. En Europe, aux États-Unis et ailleurs, les suprémacistes blancs s’organisent et recrutent au-delà des frontières, arborant les symboles et les métaphores des nazis et leurs ambitions meurtrières », a-t-il dit.

« Alors que les gens passent plus de temps à la maison et en ligne, les suprémacistes blancs et les néonazis utilisent les plateformes de médias sociaux pour diffuser de la propagande et susciter la peur et la haine. Ils exploitent l’anxiété et les troubles sociaux créés par la pandémie pour cibler les minorités, sur la base de la religion, de la race, de l’appartenance ethnique, de la nationalité, de l’orientation sexuelle, du handicap et du statut d’immigration. Ils échangent même des informations sur la manière d’infecter les communautés minoritaires, en se transformant efficacement en armes biologiques », a noté M. Guterres.

« La montée continue de la suprématie blanche et de l’idéologie néo-nazie doit être considérée dans le contexte d’une attaque mondiale contre la vérité qui a réduit le rôle de la science et de l’analyse factuelle dans la vie publique », a-t-il dit. « Ces attaques sont dangereuses et délibérées. Les dirigeants autocratiques et avides de pouvoir ont toujours sapé la vérité, de sorte qu’ils peuvent imposer leurs propres récits basés sur des mensonges, des demi-vérités et des insinuations. »

« Lorsque la vérité meurt, il est beaucoup plus facile d’exploiter les différences réelles et imaginaires entre les groupes ; inventer des boucs émissaires ; diaboliser des personnes et des communautés innocentes ; et rompre les liens sociaux qui nous unissent tous. »

« Alors que le nombre de survivants de l’Holocauste diminue chaque année, nous devons redoubler d’efforts pour élever la vérité et faire en sorte qu’elle perdure », a-t-il prévenu. « Nous avons besoin d’une action mondiale coordonnée, à l’échelle de la menace à laquelle nous sommes confrontés, pour construire une alliance contre la croissance et la propagation du néo-nazisme et de la suprématie blanche, et pour lutter contre la propagande et la désinformation. »

« Il n’existe pas de vaccin contre l’antisémitisme et la xénophobie. Mais notre meilleure arme reste la vérité », a conclu le Secrétaire général.

Il a également posté aujourd’hui un message vidéo sur Twitter.

António Guterres occupe son poste depuis le 1er janvier 2017, après avoir notamment été Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, président de l’Internationale socialiste et Premier ministre du Portugal.

L’an dernier, dans le cadre de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’Holocauste, les Nations unies avaient organisé au siège de l’Organisation à New York une exposition de photos pour commémorer les 75 ans de la libération d’Auschwitz-Birkenau, le plus grand des camps d’extermination nazi. 

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