Le vice-chancelier autrichien milite contre « le remplacement de populations »
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Le vice-chancelier autrichien milite contre « le remplacement de populations »

Des élus FPÖ ont été impliqués dans des controverses à caractère raciste, l'opposition déplorant "un système de pensée" au sein de cette formation créée par d'anciens nazis

Le vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache est vu lors d'une conférence de presse après la première réunion du nouveau gouvernement autrichien le 19 décembre 2017 à Vienne, en Autriche. (Photo AFP / Joe Klamar)
Le vice-chancelier autrichien Heinz-Christian Strache est vu lors d'une conférence de presse après la première réunion du nouveau gouvernement autrichien le 19 décembre 2017 à Vienne, en Autriche. (Photo AFP / Joe Klamar)

Le chef de l’extrême droite autrichienne et vice-chancelier, Heinz-Christian Strache, a revendiqué mercredi, face à de nombreuses critiques, mener campagne, en vue des élections européennes, contre un « remplacement de populations » qui serait à l’oeuvre en Autriche du fait de l’immigration.

Le « remplacement de populations » en Autriche est « une réalité que l’on ne peut pas nier », a déclaré le vice-chancelier autrichien à la presse à l’issue d’un conseil des ministres.

Il a déploré « des arguties » sur le choix des termes « ayant pour but d’empêcher la discussion sur une réalité ».

Le « remplacement de populations » est « un concept que nous avons toujours utilisé. Nous avons toujours mis en garde contre une politique d’immigration massive erronée », a ajouté M. Strache.

Le numéro deux du gouvernement, dont le parti FPÖ est allié aux conservateurs du chancelier Sebastian Kurz, entendait ainsi répondre aux critiques qui ont suivi ses propos dimanche au tabloïd autrichien Kronen Zeitung. M. Strache y assurait que sa formation menait « un combat contre le remplacement de populations ».

Cette expression renvoie à une thèse conspirationniste et raciale connue sous le nom de « grand remplacement » et diffusée dans des milieux d’extrême droite qui considèrent que la population blanche européenne (et chrétienne) est « remplacée » par une population immigrée de couleur (et musulmane).

Plusieurs figures de l’opposition avaient dénoncé dès dimanche la référence de M. Strache à cette thèse. Le parti libéral Neos y avait vu « un signal extrêmement dangereux ».

« Je ne me laisse pas dicter mon langage », a répliqué mercredi le chef du FPÖ qui s’exprimait aux côtés du chef de gouvernement Sebastian Kurz.

Ce dernier avait quelques heures plus tôt désapprouvé l’emploi du terme qui « appartient au vocabulaire des droites en Europe », selon ses propos à la télévision publique ORF.

Le chancelier, partisan d’un durcissement de la politique d’immigration, avait aussi, dans la même interview, défendu le maintien de son alliance avec l’extrême droite, estimant que « lorsque vous avez un partenaire de coalition, il y a toujours des moments où quelque chose ne vous convient pas (…) ».

Plusieurs élus FPÖ ont été impliqués ces derniers mois dans des controverses à caractère raciste, le parti y voyant des « cas isolés », l’opposition déplorant « un système de pensée » au sein de cette formation créée par d’anciens nazis.

Un élu FPÖ de la ville natale de Hitler, Braunau-am-Inn, avait été contraint à la démission, fin avril, après avoir publié un « poème » où il assimilait les migrants à des « rats ».

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