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Le volume de précipitations est normal malgré un début d’année sec

Les floraisons pourraient être retardées par le froid ; un écologue recommande le spectacle des fleurs sauvages dans le désert du sud du pays à la mi-mai

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Les fleurs abondent sur le Cedar Trail, dans la forêt de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
Les fleurs abondent sur le Cedar Trail, dans la forêt de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Les Israéliens désireux d’aller admirer les fleurs sauvages au cours d’une randonnée bucolique – après qu’une grande partie de la végétation du pays a succombé à la chaleur – pourraient bien prendre beaucoup de plaisir en se rendant à Paran, dans le désert du sud du pays. Ce secteur qui figure parmi les plus secs d’Israël a connu, cette saison, trois fois son volume de précipitations annuel.

C’est un déplacement que recommande en tout cas le professeur émérite Avi Shmida, écologue spécialisé dans l’évolution au sein de l’université hébraïque de Jérusalem, après avoir réexaminé les effets du froid et de la pluie qui se sont abattus par intermittence sur le pays au cours des deux derniers mois.

Cette année, comme l’année dernière, le froid a retardé les périodes de floraison.

En contraste, des hivers plus chauds, au cours de la dernière décennie, avaient entraîné des floraisons relativement précoces, souligne Shmida.

Des études ont révélé que la tendance à long-terme, en Israël, serait au réchauffement des températures en raison du changement climatique.

Selon la Bible, c’est dans le désert aride de Paran que l’esclave Hagar avait erré avec son bébé, Ishmael, après avoir été envoyée en exil par Abraham. C’est aussi une région où les Israélites devaient passer une partie de leurs 40 années d’errance après l’Exode de l’Égypte.

Selon les données des services météorologiques israéliens, les chutes de pluie, entre le 25 octobre et le 14 avril, ont augmenté de 311 % en comparaison avec la même période, l’année dernière.

« Paran sera un véritable bonheur pour la mi-mai » pour les amoureux des fleurs, prédit Shmida qui note également que cette année, comme cela avait le cas l’année dernière, des coups de froid survenus au mois de février et au mois de mars ont retardé l’épanouissement des fleurs sauvages.

Le lit de la rivière Paran. (Crédit : Nizzan Cohen, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons)

« Le désert du Negev sera sensationnel dans un mois – de Mizpe Ramon au sud et à travers tout le désert d’Arava », dit Shmida.

A Jérusalem, les renoncules des fleuristes – qui s’épanouissent habituellement à la mi-mars – sont encore présents sur les versants nord, plus frais, par exemple à Emek Arazim (dans la Vallée du Cèdre), explique Shmida.

La mandragore, pour sa part, a fleuri avec deux semaines de retard, ajoute-t-il.

Les racines de mandragore peuvent ressembler à des visages humains et elles ont été utilisées à travers les âges pour jeter des sorts lors des rituels de magie noire. D’autres rituels mystérieux se sont développés autour de la cueillette de la mandragore, dont le fruit est encore considéré comme un aphrodisiaque ; la légende disait que la plante, une fois déracinée, lançait un cri susceptible d’entraîner la mort de celui qui l’entendait. La mandragore est d’ailleurs décrite dans la saga Harry Potter comme une plante hurlante – ce qui nécessite, pour ceux qui la manipulent, qu’ils se protègent les oreilles.

Une mandragore telle qu’elle apparaît dans le De historia stirpium commentarii insignes, un livre sur les plantes herbales écrit par Leonhart Fuchs et publié à Bâle en 1542. (Crédit : Wellcome Collection gallery, 2018, CC BY 4.0, Wikimedia Commons)

L’arbre de Judée, qui finit habituellement de fleurir à la fin du mois de mars, est encore paré actuellement de ses délicates fleurs roses, souligne Shmida et, grâce au froid, le nombre de ses bourgeons a été multiplié par trois.

Selon la tradition, Judas Iscariote se serait pendu à l’un de ces arbres – ce qui est peu probable dans la mesure où un arbre de cette taille casserait très certainement sous le poids d’un homme.

Les chiffres des services météorologiques israéliens montrent que jusqu’à présent, les pluies hivernales ont atteint les moyennes annuelles à Jérusalem et dans le nord du désert du Néguev, excédant ces moyennes à Sdom (131 %) et à Hatzeva (205 %), dans le sud du désert. Le volume des précipitations a dépassé la moyenne de 225 % à Eilat, la station balnéaire de la mer Rouge.

Toutefois, les zones côtières du centre et du nord du pays – et le nord du pays en général – ont été plus sèches que d’habitude, avec 69 % de la moyenne des pluies annuelles qui se sont abattues à Deir Hanna, en Basse Galilée, 75 % à Safed, et 76 % à Haïfa et à Ramat HaSharon, près de Tel Aviv.

Le docteur Amos Porat, directeur du bureau de la climatologie au sein des services de météorologie israéliens, fait remarquer que si les précipitations qui ont eu lieu ce mois-ci ont été particulièrement lourdes, elles n’ont pas été anormales pour autant.

« Ce type d’année n’a rien d’étrange – c’est déjà arrivé auparavant », déclare-t-il. « Il y a des journées avec des pluies plus fortes mais rien dont on puisse dire que ce soit exceptionnel. Le temps se comporte encore d’une manière qui est relativement normale ».

Renoncule des fleuristes. (Crédit : Alastair Rae, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons)

Une étude des services de météorologie israéliens qui avait été publiée en février 2021 avait révélé qu’au cours des trois périodes étudiées au cours des 90 dernières années, les volumes de précipitations étaient restés à peu-près les mêmes même si les modèles de distribution avaient changé.

Ainsi, le plateau du Golan et l’Est de la Galilée étaient moins arrosés, avait déclaré le rapport, tandis que l’Ouest de la Galilée et la plaine côtière du sud du pays devenaient plus humides.

Les chercheurs avaient aussi noté une baisse graduelle des précipitations au mois de novembre et une hausse des pluies, là encore graduelle, au mois de janvier et au mois de février.

Un arbre de Judée en fleurs. (Crédit : Orna Lotan collection, CC BY 2.5, Wikimedia Commons)

Une étude séparée sur les fortes chutes de pluie entre les années 1951 et 2021, qui avait été rendue publique au mois de février 2022, avait analysé les données issues de 58 stations météorologiques de tout le pays, notant une « tendance » à des événements pluviométriques plus lourds dans la majorité des régions du pays – même si ce phénomène n’était statistiquement significatif que dans le Nord-Ouest.

Il n’y a eu que relativement peu de pluie au mois d’octobre, au mois de décembre et au mois de janvier, avec des précipitations au mois de novembre qui ont été légèrement plus basses que la moyenne. Les pluies sont tombées à la fin janvier et au début du mois de février ainsi que pendant une grande partie du mois de mars, reprenant ensuite au cours de la deuxième semaine du mois d’avril avec des tempêtes.

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