L’Eglise française en pleine dérive « catho-identitaire » ?
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L’Eglise française en pleine dérive « catho-identitaire » ?

38% des catholiques auraient voté Front National au 2e tour des présidentielles en 2017, contre 17 % en 2002

Dans La Grande Peur des catholiques de France, paru chez Grasset, Henri Ticq, journaliste chroniqueur au Monde des religions regrette, dit-il, de ne « plus reconnaître (s)on église ».

En cause, une dérive des catholiques français vers la droite, voire l’extrême-droite de l’échiquier politique qu’Henri Ticq résume en un fait dans les colonnes du Point : « au second tour (de la dernière élection présidentielle), 38 % des catholiques pratiquants (près de 4 sur 10 !) ont voté pour Marine Le Pen. Quinze ans auparavant, ils n’étaient que 17 % à avoir donné leur voix à Jean-Marie Le Pen face à Jacques Chirac. Il s’est produit une incontestable montée en puissance des électeurs catholiques dans le camp frontiste ».

Il décrit, lui l’enfant des réformes du concile de Vatican II, une inversion du rapport Eglise/monde: « Dans ma jeunesse, on passait de l’Église au monde. Aujourd’hui, on vient d’un monde sécularisé et on entre dans l’Église ».

Et on y « entre » aujourd’hui pour chercher des repères, des marqueurs d’appartenance, dans une forme « de repli » à l’opposé du catholicisme de sa jeunesse.

Henri Ticq s’inquiète également du désamour entre la base chrétienne, dont le nouvel activisme s’est manifesté lors de la Manif pour tous et dans le soutien à François Fillon, et le discours du pape François dont l’ouverture et l’engagement humaniste ne trouve guère d’échos sur beaucoup de bancs des églises.

« Il m’arrive de craindre que ce pontificat ne devienne qu’un feu de paille, une sorte de parenthèse dans l’histoire de l’Église moderne. Des catholiques ne font plus mystère qu’ils attendent que la page se tourne ». Un entretien passionnant.

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