L’élu démocrate Buttigieg couperait l’aide à Israël s’il annexait la Cisjordanie
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L’élu démocrate Buttigieg couperait l’aide à Israël s’il annexait la Cisjordanie

Dans sa première intervention de politique étrangère, l'aspirant président a condamné "les signaux de plus en plus troublants que le gouvernement Netanyahu se détourne de la paix"

Pete Buttigieg, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle et maire de South Bend dans l'Indiana s'exprime au Dîner du Hall of Fame du parti démocrate de l'Iowa, le 9 juin 2019 à Cedar Rapids, Iowa. (Scott Olson/Getty Images/AFP)
Pete Buttigieg, candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle et maire de South Bend dans l'Indiana s'exprime au Dîner du Hall of Fame du parti démocrate de l'Iowa, le 9 juin 2019 à Cedar Rapids, Iowa. (Scott Olson/Getty Images/AFP)

Le candidat à l’investiture présidentielle démocrate, Pete Buttigieg, a déclaré mardi que l’annexion des implantations de Cisjordanie par Israël conduirait à un arrêt de l’aide américaine pour l’Etat juif, s’il était élu président des Etats-Unis en 2020.

Le maire de South Bend, dans l’Indiana, un outsider populaire de l’investiture démocrate, a aussi exprimé ses préoccupations sur « les signaux de plus en plus troublants que le gouvernement Netanyahu se détourne de la paix ».

« L’état actuel des choses ne peut plus durer. La pression de l’histoire et la réalité de la démographie implique que bien avant 2054, des Israéliens et des Palestiniens auront soit vu la paix ou la catastrophe », a déclaré Pete Buttigieg.

Il a fait ses remarques lors d’un discours à Bloomington dans l’Indiana, destiné à présenter les grandes lignes de sa politique étrangère.

« Une solution à deux Etats qui respecte les aspirations palestiniennes légitimes et les besoins sécuritaires d’Israël reste la seule solution viable, et notre politique visera à soutenir activement une telle solution. Si le Premier ministre Netanyahu applique sa promesse d’annexer les implantations de Cisjordanie, il devrait savoir qu’un président Buttigieg prendrait des mesures pour s’assurer que les contribuables américains ne l’aideront pas à payer la facture », a-t-il prévenu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman lors de la cérémonie à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Guerre des Six jours, dans la Vieille ville de Jérusalem, le 21 mai 2017. (Crédit :AFP/EPA Pool/Abir Sultan)

Avant les élections d’avril, Netanyahu a promis de commencer à annexer les implantations de Cisjordanie. Après avoir échoué à former une coalition de gouvernement, Netanyahu est maintenant confronté à de nouvelles élections en septembre.

Pete Buttigieg s’est exprimé quelques jours après que l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a déclaré au New York Times: « Sous certaines circonstances, je pense qu’Israël a le droit de garder certaines parties, et pas toutes, de la Cisjordanie ».

A la suite d’une pluie de critiques de la part des Palestiniens, un responsable américain a dit qu’Israël n’a pas présenté de plan pour annexer une partie de la Cisjordanie, ni qu’un tel plan serait en discussion avec les Etats-Unis.

« Aucun plan d’annexion unilatérale par Israël d’aucune portion de la Cisjordanie n’a été présenté par Israël aux Etats-Unis, et n’est pas non plus en discussion actuellement », a réagi un responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, à Reuters. La Douzième chaîne israélienne a indiqué que l’officiel travaillait au département d’Etat américain.

L’administration Trump va commencer à présenter son plan de paix Israélo-palestinien plus tard ce mois, lors d’une conférence économique au Bahreïn boycottée par les Palestiniens. Les contours du plan, pour savoir notamment s’il prévoit un Etat final pour les Palestiniens, restent obscurs.

Vue de maisons dans l’implantation d’Efrat, le 27 novembre 2018. (Gershon Elinson/Flash90)

Dans son discours, le candidat démocrate a estimé que les dirigeants américains devaient défendre leurs valeurs dans leurs relations avec d’autres pays, « pas seulement avec nos adversaires, mais aussi avec nos alliés ».

« Tout comme un patriote américain peut s’opposer à des politiques d’un président américain, un soutien d’Israël pourrait bien s’opposer aux politiques d’un gouvernement israélien de droite », a-t-il dit. « Tout particulièrement quand on observe des signaux de plus en plus troublants que le gouvernement Netanyahu se détourne de la paix ».

« Les citoyens israéliens et palestiniens devraient pouvoir profiter de la liberté de vivre au quotidien sans peur et de travailler pour subvenir au bien-être de leurs familles. En tant qu’allié le plus puissant et le plus fiable d’Israël, les Etats-Unis ont l’opportunité de tracer une voie plus constructive, avec les conseils durs et honnêtes que l’amitié et l’équité exigent ».

Par le passé, ce vétéran d’Afghanistan âgé de 37 ans a fait des déclarations très favorables – et nuancées – à l’Etat juif et son conflit avec les Palestiniens.

L’année dernière, il a visité Israël avec un groupe de maires américains et est ensuite apparu dans un podcast du Comité juif américain pour discuter du voyage, dont il a dit qu’il l’avait aidé à comprendre le pays au-delà de ce que l’on peut lire dans les médias.

« On ne voit que ce qui se passe avec le Premier ministre et l’Autorité palestinienne, et on ne voit pas assez l’énergie, le dynamisme, la créativité, l’innovation qui se produisent au niveau local, et comment tout cela influence le contexte national d’une manière positive », a-t-il dit.

Pete Buttigieg s’est exprimé en faveur d’une solution à deux Etats et a fustigé la promesse de campagne de Netanyahu d’annexer les implantations de Cisjordanie en avril.

« Cette provocation fait du tort aux intérêts israéliens, palestiniens et américains », avait-il tweeté à l’époque. « Soutenir Israël ne signifie pas être d’accord avec la politique de Netanyahu. Cela doit conduire un président américain à décourager notre allié d’abandonner une solution à deux Etats ».

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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