Les avocats de Netanyahu affirment que les charges ont été « inventées »
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Les avocats de Netanyahu affirment que les charges ont été « inventées »

Les juges traiteront le 6 décembre les demandes des avocats du Premier ministre, qui affirment que les enquêteurs ont utilisé des tactiques illégitimes sur les témoins

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) s'entretient avec les avocats Micha Fettman (à gauche) et Amit Hadad (à droite) dans la salle d'audience lors de l'ouverture de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020. (Ronen Zvulun/ Pool Photo via AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (au centre) s'entretient avec les avocats Micha Fettman (à gauche) et Amit Hadad (à droite) dans la salle d'audience lors de l'ouverture de son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 24 mai 2020. (Ronen Zvulun/ Pool Photo via AP)

Les avocats du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont demandé dimanche au tribunal de district de Jérusalem de rejeter les charges portées contre le Premier ministre, affirmant que les forces de l’ordre avaient « inventé » les accusations de corruption.

Dans leur requête de 200 pages, les avocats allèguent que les enquêteurs de la police ont utilisé des moyens illégitimes pour obtenir des preuves, ce qui entraîne l’annulation des accusations, et demandent au tribunal de district de Jérusalem de rejeter l’affaire.

« Les documents d’enquête révèlent des actes graves [de la part des forces de l’ordre] qui nécessitent l’annulation de l’acte d’accusation – ils n’ont pas enquêté sur un crime, ils ont inventé un crime », affirment ses avocats.

Parmi les allégations, les avocats ont indiqué avoir apporté « des dizaines d’exemples de méthodes d’enquête inappropriées, [y compris] l’intimidation de témoins, des références à leur vie personnelle afin de les interroger, le silence des témoins, l’application sélective de la loi, l’ignorance des preuves favorisant [Netanyahu] et d’autres actions irrégulières ».

« C’est un événement sans précédent », dénoncent les avocats, demandant au tribunal d’annuler les accusations de corruption, de fraude et d’abus de confiance contre le Premier ministre dans un trio d’affaires criminelles.

Le bureau de Netanyahu a accusé dans un communiqué que « des actions illégales à un niveau sans précédent » avaient eu cours pendant l’enquête.

Dans une déclaration, le ministère public a répondu qu’il avait connaissance des accusations présentées par l’équipe de défense du Premier ministre, ajoutant que nombre d’entre elles avaient déjà été avancées par le passé. Il a indiqué qu’il répondrait aux allégations devant le tribunal.

La prochaine audience du procès, qui examinera ces revendications, est prévue le 6 décembre.

La semaine dernière, le tribunal de district de Jérusalem a reporté le début de la phase de preuve dans le procès de Netanyahu au mois de février. Le tribunal a déclaré que les dépositions des témoins seraient repoussées d’un mois et que les dates précises seraient déterminées plus tard.

Les juges ont précisé que le Premier ministre devra assister à une audience de plaidoirie le 13 janvier.

Le début du procès du Premier ministre Benjamin Netanyahu au tribunal de Jérusalem. Le Premier ministre Netanyahu est poursuivi pour des accusations criminelles de corruption, fraude et abus de confiance, le 24 mai 2020. (Crédit : Amit Shabi / Flash90)

Le procès du Premier ministre, accusé de fraude, d’abus de confiance et d’acceptation de pots-de-vin, s’est ouvert en mai. Bien qu’il ait assisté à la première audience, il a été exempté de comparaître aux étapes largement procédurales du procès.

Ses avocats ont à plusieurs reprises tenté de retarder et de discréditer la procédure, en déposant des plaintes contre l’accusation, en alléguant des « tactiques criminelles » à leur encontre, en demandant la modification de l’acte d’accusation contre le Premier ministre, et en faisant valoir qu’ils n’avaient pas reçu les dossiers complets de la police et ne pouvaient donc pas préparer correctement une défense.

L’ouverture du procès avait été précédemment repoussée de mars à mai en raison de la pandémie de coronavirus.

Le procureur Liat Ben-Ari (2ème à gauche) et Shaul Elovtich (2ème à droite) au tribunal de district de Jérusalem, à une audience en pénal contre le Premier ministre Netanyahu, le 19 juillet 2020. (Marc Israel Sellem / Pool / Flash90)

Mardi dernier, les procureurs ont fait savoir au tribunal qu’ils s’opposaient à la modification de l’acte d’accusation.

« L’acte d’accusation est explicite, clair et détaillé, et est basé sur des preuves qui seront présentées lors du procès lui-même », ont répondu les procureurs, selon le site d’information Walla.

Les avocats de Netanyahu ont soumis une demande au début du mois pour que les procureurs modifient l’acte d’accusation contre lui. Dans leur lettre, soumise au tribunal de district de Jérusalem, les avocats Boaz Ben Tzur et Amit Hadad ont fait valoir que l’acte d’accusation était truffé d’erreurs, qui résultaient d’une « procédure d’enquête imparfaite et biaisée ».

Les accusations portées contre le Premier ministre comprennent l’acceptation de quelque 200 000 dollars de cadeaux tels que des cigares et du champagne de la part de deux milliardaires, le magnat du cinéma israélien Arnon Milchan, basé à Hollywood, et l’homme d’affaires australien James Packer. Netanyahu est également accusé d’avoir fait avancer des politiques au profit de puissants magnats des médias israéliens en échange d’une couverture plus positive dans leurs publications.

Netanyahu nie tout acte répréhensible et accuse les tribunaux, le ministère public et les médias de se livrer à une « chasse aux sorcières ».

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