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Les attaques en mer Rouge compromettent le sauvetage d’un pétrolier délabré

Le FSO Safer, amarré au large de Hodeida a été abandonné pendant des années avec 1,14 million de barils de pétrole à bord, en raison de la guerre opposant les rebelles Houthis au pouvoir yéménite

Le FSO Safer sur une photo non-datée. (Autorisation : Safer Exploration and Production Operations)
Le FSO Safer sur une photo non-datée. (Autorisation : Safer Exploration and Production Operations)

Les attaques des rebelles Houthis en mer Rouge et dans le Golfe d’Aden ont donné un coup d’arrêt à l’opération de sauvetage d’un pétrolier délabré au large du Yémen, qui continue de représenter une menace pour l’environnement, ont indiqué des responsables.

Vieux de 48 ans, le FSO Safer, amarré au large de Hodeida dans l’ouest du Yémen, a été abandonné pendant des années avec 1,14 million de barils de pétrole à bord, en raison de la guerre opposant depuis 2014 les rebelles Houthis au pouvoir yéménite.

Face au risque de marée noire, l’ONU a lancé en août 2023 une vaste opération qui a commencé par le transfert du brut vers un navire de remplacement et devait s’achever par le remorquage et la démolition du FSO Safer. Car même débarrassé de sa cargaison, le navire, qui risque de se briser, constitue « une menace pour l’environnement » en raison de résidus de pétrole, d’après l’ONU.

Mais après avoir accusé plusieurs retards, liés surtout à un manque de financement, l’opération a été suspendue en raison de la multiplication des attaques des Houthis contre des navires en mer Rouge et dans le Golfe d’Aden et des frappes de représailles américaines contre les positions rebelles au Yémen.

La situation a posé « des défis opérationnels et financiers inattendus », empêchant l’achèvement de l’opération, a affirmé à l’AFP un porte-parole du Programme de l’ONU pour le développement (PNUD).

« L’ONU n’a eu d’autre choix que d’interrompre le projet à ce stade et en a informé les autorités », a-t-il ajouté. « Nous continuons de suivre de très près l’évolution de la situation. »

Un déversement de pétrole en mer Rouge affecterait l’écosystème marin, les villages de pêcheurs et les ports essentiels du Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Un bateau de pêcheurs navigue devant le port d’Hodeida. En arrière-plan, des immeubles détruits par la coalition soutenue par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, le 28 septembre 2018 (Crédit : AP/Hani Mohammed)

« Toutes les cartes »

Les rebelles yéménites Houthis contrôlent de vastes régions du pays dont la capitale Sanaa et une partie de la côte ouest où se trouve Hodeida.

Depuis mi-novembre, ils tirent des missiles et des drones au large du Yémen contre des navires qu’ils estiment liés à Israël, en signe de « solidarité » avec les Palestiniens à Gaza, où une guerre – déclenchée par l’assaut terroriste du Hamas le 7 octobre – oppose le groupe terroriste islamiste palestinien et l’Etat hébreu.

Ces attaques, qui ont perturbé le trafic dans cette zone maritime essentielle pour le commerce mondial, ont poussé les Etats-Unis à bombarder des positions rebelles au Yémen et à désigner les Houthis entité « terroriste ».

Les dernières frappes américaines, menées conjointement avec l’armée britannique, ont eu lieu lundi soir.

Selon l’analyste koweïtien Bader Al Saif, les Houthis ne vont pas hésiter à « utiliser toutes les cartes à leur disposition pour ternir l’image » des Etats-Unis et de leurs alliés.

Un retard dans le projet FSO Safer sert leur « propagande anti-américaine », a-t-il dit.

« Grands risques »

Dans ce contexte, il y a de « grands risques » que le FSO Safer ou le navire de remplacement, baptisé MT-Yemen, soient touchés par un missile, a estimé Idriss al-Shami, le directeur général de la compagnie pétro-gazière nationale SEPOC à Sanaa qui agit sous l’autorité des Houthis.

Le pouvoir yéménite basé à Aden, qui a son propre représentant à la tête de la SEPOC, conteste le droit des Houthis à bénéficier d’une éventuelle vente du pétrole transféré du FSO Safer vers le MT-Yemen, même si ces deux navires sont ancrés au large de Hodeida.

Le MT-Yemen a été acheté par l’ONU au nom du « peuple du Yémen » et confié à une compagnie mandatée par elle pour une période d’au moins six mois, en attendant un éventuel accord entre les rebelles et le gouvernement sur la vente du pétrole.

Selon M. Shami, cette compagnie souhaite se retirer en raison des tensions dans la région.

L’ONU a affirmé toutefois que seul l’équipage devait partir conformément aux termes du contrat, et que le MT-Yémen restait sous la direction de l’entreprise.

En cas de départ « la SEPOC reprendra la gestion » du FSO Safer, a prévenu M. Shami. Si « l’ONU ne soutient pas l’opération, le MT-Yemen sera un nouveau FSO Safer. »

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