Les chefs du Hamas craignent des assassinats ciblés
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Les chefs du Hamas craignent des assassinats ciblés

Netanyahu et Gantz ont laissé entendre qu'ils pourraient envisager cette option après des semaines d'incendies déclenchés par des ballons incendiaires

Le leader du Hamas Yahya Sinwar, (4e à gauche), participe à un rassemblement alors que les Palestiniens appellent à une "journée de colère" pour protester contre le plan israélien d'annexion de pans de la Cisjordanie, à Gaza City, le 1er juillet 2020. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)
Le leader du Hamas Yahya Sinwar, (4e à gauche), participe à un rassemblement alors que les Palestiniens appellent à une "journée de colère" pour protester contre le plan israélien d'annexion de pans de la Cisjordanie, à Gaza City, le 1er juillet 2020. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Les dirigeants du Hamas, le groupe terroriste islamiste à la tête de la bande de Gaza, se seraient cachés en anticipant de possibles assassinats ciblés de la part d’Israël, a fait savoir le site Ynet dans la soirée de samedi.

Suite à des allusions de plus en plus nombreuses portant sur de possibles frappes contre les leaders du Hamas, après des semaines d’hostilités sur le front sud, tous les hauts-responsables du bureau politique du Hamas, ainsi que les commandants de son aile armée, se trouveraient dans des caches et prendraient toutes les dispositions nécessaires pour conserver secrets les endroits où ils se trouvent, a rapporté le site d’information sans citer ses sources.

Les assassinats ciblés de responsables palestiniens à Gaza sont rares, mais le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Benny Gantz ont fait allusion à un retour possible de cette politique. Gantz a ainsi annoncé, jeudi, que l’armée israélienne était en mesure de frapper des cibles humaines comme elle frappe des constructions et des infrastructures terroristes.

Gantz a par ailleurs averti les groupes terroristes de Gaza, vendredi, que Tsahal leur porterait « un coup très dur » si les violences devaient continuer.

« L’armée est prête : Elle défend et elle continuera à défendre les résidents du sud ; elle attaquera tous ceux qui nous attaquent et elle leur portera un coup très dur », a dit Gantz après une rencontre avec de hauts-responsables israéliens.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’exprime devant des leaders locaux du sud d’Israël, le 19 août 2020 (Crédit : Oded Karni/GPO)

Les groupes terroristes de Gaza ont mis en garde Israël contre une politique d’assassinats ciblés, disant qu’elle rencontrerait une réponse forte et coordonnées, dont le tir de milliers de missiles en direction de Tel Aviv, a noté un journal libanais samedi.

Des sources ont expliqué au journal pro-Hezbollah Al-Akhbar que « la salle d’opérations conjointes » des factions de Gaza avait fait savoir, via des intermédiaires, qu’elle « riposterait largement et fortement » en cas d’assassinat ciblé de la part d’Israël.

L’article a noté que les groupes terroristes considéreraient un assassinat comme une déclaration de guerre « à laquelle la résistance répondra en brûlant Tel Aviv sous le coup de milliers de missiles, et par des milliers d’autres choses auxquelles la résistance ne s’attend pas ».

Au cours des dernières semaines, les terroristes, au sein de l’enclave, ont encore une fois commencé à lancer des ballons incendiaires et des dispositifs explosifs vers le sud d’Israël, entraînant des douzaines d’incendies qui ont entraîné des dégâts dans la région. Des roquettes ont aussi été tirées vers les villes et les communautés israéliennes, notamment plus d’une douzaine de projectiles dans la nuit de jeudi à vendredi. Ces attaques ont entraîné des frappes israéliennes quotidiennes de représailles contre des installations du Hamas.

Un cessez-le-feu qui était en place depuis des années et qui avait été renouvelé à plusieurs reprises avait été renforcé par une aide financière versée par le Qatar à l’enclave côtière, à hauteur de millions de dollars. Mais des plaintes du groupe terroriste, qui accuse Israël de ne pas avoir respecté ses engagements dans le cadre de cette trêve, ont été accompagnées par des flambées de violences sporadiques sur la frontière.

L’envoyé qatari à Gaza, Mohammed al-Emadi, doit visiter la bande cette semaine, pour la première fois depuis le mois de février, pour livrer des liquidités aux résidents de Gaza.

La chaîne publique Kan a cité des médias palestiniens qui ont affirmé qu’al-Emadi devait arriver mardi ou mercredi au plus tard dans la bande.

L’émissaire qatari pour la bande de Gaza, Mohammed al-Emadi, s’exprime dans une conférence de presse à Gaza ville le 14 mai 2019. (MOHAMMED ABED / AFP)

L’argent a continué à arriver régulièrement même en l’absence physique d’al-Emadi, au cours de ces dix derniers mois.

Israël a néanmoins menacé de ne pas le laisser entrer en cas de persistance des attaques aux ballons incendiaires et à la roquette.

Le Hamas subit des pressions internationales fortes – de la part du Qatar, de l’Egypte et de l’envoyé de l’ONU, Nickolay Mladenov – pour mettre un terme à ses attaques, en plus de pressions exercées par l’opinion publique gazaouie qui, actuellement, ne bénéficie que de trois à quatre heures d’électricité par jour après l’arrêt des importations de carburant par l’Etat juif en réponse aux violences.

Mais les analystes estiment que le Hamas pense qu’Israël n’est pas intéressé par une nouvelle confrontation actuellement, ce qui le mène à durcir ses demandes.

Samedi, il y a eu de nouveaux incendies, dans le sud, qui ont été entraînés par des ballons incendiaires lancés depuis la bande de Gaza vers Israël. Sept départs de feu ont été rapportés, et notamment un qui s’est déclaré dans une serre du Moshav Netiv HaAsara.

Un pompier israélien tente d’éteindre un incendie déclenché par un ballon incendiaire lancé par des Palestiniens depuis la bande de Gaza vers le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, le 16 août 2020. (AP Photo/Tsafrir Abayov)

Les terroristes palestiniens de la bande de Gaza ont tiré une roquette vers Israël, vendredi soir, qui a été interceptée par le système de défense du Dôme de fer, a noté l’armée. Il n’y aurait pas eu de blessés, ni de dégâts. L’armée a indiqué, samedi tôt dans la matinée, qu’elle avait attaqué des postes du Hamas en réponse.

Vendredi soir, la police a enlevé un ballon auquel était accroché un dispositif incendiaire qui s’était posé sur le toit d’une maison dans la ville de Beer Sheva. Tandis que les ballons incendiaires ont entraîné des douzaines d’incendies dans les régions israéliennes adjacentes à la bande de Gaza, ces dernières semaines, Beer Sheva se trouve à plus de 32 kilomètres de l’enclave côtière.

Les sirènes ont été activées vendredi après le tir de douze roquettes dans la bande de Gaza, la nuit précédente. Les avions israéliens ont mené trois séries de frappes de représailles suite à ce barrage.

Une habitation de Sdérot, dans le sud de l’Etat juif, a subi de très importants dégâts lors de l’une de ces attaques.

Des images du logement montrent une cuisine détruite, des fenêtres brisées et de larges trous dans les murs et dans le toit. Selon des informations, ces dommages considérables auraient été entraîné par un éclat d’obus.

La propriétaire Osnat Malka inspecte les dégâts causés par une roquette tirée sur sa maison pendant la nuit depuis la bande de Gaza, à Sdérot, en Israël, le 21 août 2020. (AP Photo / Tsafrir Abayov)

Le propriétaire du domicile a estimé que lui et son épouse avaient échappé par miracle à la mort alors qu’ils n’avaient pas été réveillés par les sirènes.

L’armée a renforcé le nombre de batteries du Dôme de fer, dans le sud du pays, en réponse à cette recrudescence de violences. Elle a également ordonné la fin des travaux agricoles à proximité de la frontière jusqu’à nouvel ordre.

Cette flambée apparente des violences survient dans le cadre de négociations d’une trêve, des pourparlers qui ont lieu sous les auspices de l’Egypte.

L’AFP a contribué à cet article.

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