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Les chrétiens craignent que les violences contre les « missionnaires » ne s’aggravent

Selon l'adjoint au maire de Jérusalem, des évangélistes essaient de convertir les Juifs ; les Juifs messianiques, entre autres, rejettent ces allégations

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des militants juifs affrontant la police lors d'une manifestation contre une conférence de chrétiens, devant le Centre Davidson, à Jérusalem, Israël, le 28 mai 2023. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)
Des militants juifs affrontant la police lors d'une manifestation contre une conférence de chrétiens, devant le Centre Davidson, à Jérusalem, Israël, le 28 mai 2023. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

La semaine dernière, des dizaines d’adolescents et d’hommes se sont rassemblés à l’intérieur du Centre Clal, un vieux centre commercial et un immeuble de bureaux dans le centre de Jérusalem.

Le groupe, dont la plupart étaient vêtus de vêtements ultra-nationalistes distinctifs, était là pour forcer un rassemblement de Juifs messianiques et les empêcher d’assister à un concert qui se tenait dans l’enceinte du bâtiment.

Alors que des dizaines d’activistes, pour la plupart jeunes, se pressaient vers l’entrée principale, la police – qui semblait parfois dépassée – a été appelée pour disperser les manifestants et assurer la sécurité de l’événement.

L’incident, qui s’est terminé par l’arrestation d’une personne pour s’être heurtée avec la police, a souligné le courant de zèle anti-chrétien de certains des mouvements nationalistes les plus extrémistes d’Israël, qui ont vraisemblablement récemment gagné en brutalité et en activité.

Les chrétiens évangéliques et les Juifs messianiques en Israël craignent que la manifestation et d’autres épisodes récents de harcèlement à Jérusalem ne deviennent beaucoup plus violents, alors que les groupes anti-missionnaires juifs d’extrême-droite intensifient leurs actions à leur encontre.

La plupart des activistes qui ont harcelé les chrétiens sont membres du groupe raciste et anti-LGBTQ Lehava et de Or LaChaïm, une organisation qui tente de contrer le prosélytisme chrétien en Israël.

« Vous visez des gens alors qu’il y a des partisans de ce mouvement qui sont prêts à commettre des violences et qui ont l’habitude de faire couler le sang », a déclaré David Parsons, porte-parole de l’ambassade chrétienne internationale de Jérusalem, à propos de Lehava.

S’adressant aux médias depuis l’extérieur de la salle du Centre Clal alors que les manifestants sifflaient et se moquaient de lui, le maire adjoint de Jérusalem, Arieh King, a exhorté davantage de personnes à descendre dans les rues et à se joindre à la manifestation anti-chrétienne, accusant les groupes à l’intérieur de faire un travail de missionnaire.

Quelques semaines plus tôt, King avait conduit des centaines de Juifs religieux au son des mots « missionnaires rentrez chez vous » alors que des centaines de chrétiens se rassemblaient près de la section sud du mur Occidental pour un événement de prière.

Arieh King, directeur et fondateur du Fonds israélien des terres, lors d’une réunion de la commission des Affaires internes, à la Knesset, le 2 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Dans un communiqué, King a dénoncé le fait d’autoriser « les missionnaires chrétiens à organiser un culte chrétien et une cérémonie destinés à préparer un effort missionnaire destiné aux résidents israéliens ».

« En ce qui me concerne, faites savoir à chaque missionnaire qu’il n’est pas le bienvenu en Terre d’Israël », a-t-il déclaré.

« Ils ont fait couler du sang »

Parsons a fermement nié que l’un ou l’autre événement était destiné à faire du prosélytisme. « L’événement aux marches du sud était un appel à la prière. Une prière pour Israël, pour le monde et bien d’autres choses, mais il n’y avait aucune activité missionnaire prévue là-bas. »

« La convention messianique était un concert musical, un concert de dévotion », a-t-il dit.

« Ce n’était pas un événement d’évangélisation », a déclaré Michael Mistretta, un immigrant du Canada et PDG de Fellowship of Israel Related Ministries. « C’était un concert de culte national. C’était un événement d’adoration avec la sortie de nouveaux chants. Et donc toutes les différentes congrégations, congrégations juives messianiques en Israël, ont été invitées à l’événement, et elles y sont venues. »

Certaines personnes présentes à l’événement ont déclaré avoir été attaquées par des extrémistes juifs.

« C’est devenu assez violent », a déclaré Parsons, dont le fils s’est produit lors du concert. « Il y avait des gens qui se faisaient bousculer, donner des coups de pied et frapper. »

David Parsons, de l’ambassade chrétienne internationale, s’entretenant avec des immigrants de Bnei Menashe, en 2012. (Autorisation)

Une chrétienne israélienne a déposé plainte à la police alléguant qu’elle avait été jetée au sol et reçu des coups de pied à plusieurs reprises lors de la manifestation au mur Occidental.

« Ils ont fait couler du sang », a déclaré Parsons. « Et le problème est que l’accusation selon laquelle quelqu’un est un missionnaire est lancée de manière très vague et il y a des adeptes de ce mouvement qui ne prennent pas la peine de vérifier… Ils ne savent vraiment pas contre qui ils protestent, mais ils ont de la haine dans leurs yeux et dans leur cœur, et ce n’est pas beau à voir. »

Bien que depuis longtemps, il y ait régulièrement des incidents de vandalisme et de harcèlement contre le clergé chrétien dans la Vieille Ville de Jérusalem, il y a eu, ces derniers mois, une augmentation notable des attaques.

En novembre, deux soldats de la brigade Givati ​​de Tsahal ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir craché sur l’archevêque de l’église arménienne et d’autres pèlerins lors d’une procession dans la Vieille Ville. Début janvier, deux adolescents juifs ont été arrêtés pour avoir délibérément profané des tombes au cimetière protestant du mont Sion.

Hosam Naoum, un évêque anglican palestinien, là où des vandales ont profané plus de 30 tombes dans un cimetière protestant historique du mont Sion, à Jérusalem, le 4 janvier 2023. (Crédit : Mahmoud Illean/AP)

La semaine suivante, le centre communautaire maronite de la ville septentrionale de Maalot-Tarshiha a été vandalisé par des assaillants pendant la période de Noël.

Des bâtiments de la communauté arménienne de Jérusalem ont également été la cible de vandales à Jérusalem, avec de multiples phrases discriminatoires taguées sur les murs extérieurs, dans le quartier arménien. Selon le Patriarcat arménien, la population avait découvert avec stupéfaction les invectives « Vengeance », « Mort aux chrétiens », « Mort aux Arabes et aux Goyim [non-Juifs] » et « Mort aux Arméniens » taguées dans le quartier.

Les attaques se sont succédées. Un jeudi soir fin janvier, un gang d’adolescents juifs religieux a jeté des chaises en direction d’un restaurant arménien installé à l’intérieur de la Nouvelle porte de la ville. L’acte de vandalisme commis à l’église de la Flagellation s’est produit dès la semaine suivante.

Une statue renversée dans l’église de la Flagellation, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 2 février 2023. (Crédit : Custody of the Holy Land)

Et en mars, un habitant du sud d’Israël a été arrêté après avoir attaqué des prêtres avec une barre de fer sur le tombeau de la Vierge Marie à Gethsémani.

Certains lient l’augmentation récente des comportements agressifs à la composition du gouvernement israélien actuel.

La coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu est largement soutenue par des factions ultra-orthodoxes et d’extrême-droite farouchement protectrices du caractère juif orthodoxe d’Israël et fermement opposées aux manifestations publiques de culte chrétien.

Son cabinet comprend le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, un associé de longue date du chef de Lehava, Bentzi Gopstein. Avant de devenir député, Ben Gvir a défendu Gopstein devant les tribunaux pour des accusations d’incitation à la violence, au racisme et au terrorisme.

« Nous les avons déjà vus lors de manifestations, mais cela fait un moment, et ils semblent simplement enhardis par la position de Ben Gvir au sein du gouvernement », a spéculé Parsons.

Uri Steinberg, un ancien diplomate israélien qui dirige maintenant un cabinet de conseil qui relie les groupes chrétiens et Israël, a déclaré que les tactiques des extrémistes s’étaient radicalisées.

« Ce que vous voyez est une escalade, car lors de la dernière manifestation, les membres de Lehava, et autres adeptes de Bentzi Gopstein, ne se sont pas seulement comportés en extrémistes, ils sont devenus violents », a-t-il déclaré. « Auparavant c’était juste une bande d’enfants qui crachaient sur des nonnes. Maintenant, ça devient beaucoup plus organisé. Ça devient quelque chose que nous craignons. »

Des activistes juifs se heurtant à la police lors d’une manifestation contre une conférence de chrétiens devant le Centre Davidson à Jérusalem, en Israël, le 28 mai 2023. (Crédit : Arie Leib Abrams/Flash90)

Adir Schwarz, membre du Conseil municipal et leader du parti d’opposition Hitorerut, a exhorté les autorités à intervenir avant qu’il ne soit trop tard.

« La violence empire continuellement », a-t-il déclaré au Times of Israel. « Je crois que si nous ne stoppons pas la spirale, elle deviendra bien plus violente. »

Bataille antique

King a déclaré au Times of Israel qu’il n’avait absolument aucun problème avec la venue de chrétiens en Israël.

« Si un chrétien vient en Israël en tant que chrétien, sans objectifs, sans cibler de Juifs pour les convertir, il est plus que bienvenu, même s’il est pasteur ou archevêque, ou n’importe quelle autre fonction religieuse, il est le bienvenu », a déclaré l’adjoint au maire.

Mais en même temps, il a souligné qu’il ne cesserait de contrer l’activité missionnaire.

Des sionistes chrétiens lors de la Journée de prière pour la paix, à Jérusalem, en 2013. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

« Leur but est de convertir les Juifs », a-t-il déclaré. « C’est une bataille que nous menons en tant que nation depuis des milliers d’années, aux prises avec des gens qui essaient de convertir les Juifs… à d’autres religions tel que le christianisme. Selon la tradition juive, nous devons agir contre les personnes qui essaient de prendre nos frères et sœurs et d’en faire des chrétiens. »

« Je ferai tout, tout ce que je peux pour l’en empêcher et faire savoir à tout le monde qui est cette personne ou ce qu’est cette organisation », a-t-il assuré. (King, enfant d’immigrés britanniques, s’est exprimé dans un anglais approximatif. Certaines de ses citations, entre autres, ont été modifiées pour plus de clarté.)

King a pointé du doigt les organisations messianiques publiant des prospectus en hébreu et les affichant dans les communautés juives. « Si vous vous concentrez sur les chrétiens, pourquoi écrire en hébreu ? »

Mistretta a déclaré que les prospectus étaient publiés en hébreu parce que l’événement était destiné à la communauté messianique d’Israël, qui parle majoritairement l’hébreu.

« C’était très clairement un événement juif messianique », a-t-il dit. « Il a été organisé par l’Alliance juive messianique d’Israël. Ne vous méprenez pas. Il n’y a pas eu de leurre sur ce qu’était l’événement. »

King a déclaré que les amis évangéliques du monde entier le remerciaient d’avoir tenu tête aux missionnaires qui se cachent derrière la bannière du sionisme chrétien. Dans une lettre à l’attention de King, un chrétien autoproclamé de Dallas, au Texas, a écrit « les « missionnaires me rendent fou aussi ».

Mais le signataire a nié que les chrétiens de Jérusalem n’étaient là que pour faire du prosélytisme.

« La plupart des participants n’étaient que des gens au bon cœur qui n’ont jamais connu de Juif religieux », a écrit l’homme. Il a dit qu’il cherchait à montrer aux Juifs que d’autres avaient également un rôle à jouer, « mais nous sommes des Goyim, nous avons toujours été parmi vous en tant qu’étrangers ».

Des extrémistes juifs des organisations Or LaChaïm et Lehava se heurtant à la police à l’extérieur d’une convention juive messianique, à Jérusalem, le 22 juin 2023. (Crédit : Capture d’écran Twitter ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Steinberg a rejeté l’idée d’un travail missionnaire secret généralisé, arguant que cette paranoïa était désuète.

« Nous sommes comme les pauvres Juifs dans un shtetl polonais », a-t-il dit, « Les chrétiens aux idées sinistres sont tous concentrés sur la conversion et ils parlent de voler de petits enfants juifs, ce qui est si absurde en 2023 ».

Il a admis que certains chrétiens franchissaient parfois les limites du prosélytisme en essayant de convaincre les gens à un niveau individuel d’abandonner le judaïsme afin de se convertir.

« Mais je pense que la majorité des Juifs messianiques avec lesquels je travaille – et je le dis en tant que Juif à 100 %, en tant que quelqu’un qui a initialement eu des problèmes pour s’adapter et essayer de comprendre ce qu’est le judaïsme messianique – je pense vraiment que beaucoup d’entre eux sont beaucoup plus respectueux qu’on ne le pense. »

Mistretta a déclaré que les Juifs messianiques étaient « très attentifs à respecter les exigences légales en matière de prosélytisme ».

Seuls le prosélytisme auprès des mineurs sans le consentement de leurs parents et l’offre de conversions religieuses en échange d’un don sont interdits par la loi israélienne. Mais il y a une fausse idée largement répandue selon laquelle l’activité missionnaire est illégale dans le pays, et le gouvernement a parfois semblé enclin à faire perdurer cette idée. Dans son rapport de 2010 sur la liberté religieuse internationale, le Département d’État américain a écrit qu’Israël avait « pris un certain nombre de mesures qui ont encouragé l’idée que le prosélytisme serait contraire à la politique du gouvernement », comme la détention de missionnaires et le fait de citer « le prosélytisme comme raison de refuser des étudiants, des emplois, et des extensions de visa religieux ».

Le judaïsme messianique est un mouvement évangélique qui combine la tradition et la pratique juives avec la croyance que Jésus-Christ, qu’ils appellent Yeshua, est le messie à venir. Il est considéré en dehors du giron par toutes les dénominations juives dominantes, qui affirment que l’idéologie contredit directement bon nombre des principaux principes de leur religion. Certains Juifs messianiques veulent que le mouvement soit reconnu comme un courant du judaïsme et le considèrent comme tel, bien qu’ils aient souvent des liens avec des organisations ouvertement chrétiennes.

Quelque 30 000 à 40 000 Juifs messianiques vivent en Israël. Selon Israël, les Juifs messianiques vivant à l’étranger sont considérés comme des chrétiens et ne sont pas éligibles à la Loi du retour pour immigrer en Israël en tant que Juifs. Le Grand Rabbinat ne considère pas non plus la communauté présente en Israël comme juive.

L’église du Christ de Jérusalem dépouillée de la plupart des symboles chrétiens et conçue pour ressembler à une synagogue afin de rendre le culte confortable pour les Juifs messianiques, en juin 2022. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

« Beaucoup d’entre eux sont simplement très désireux et très enthousiastes de partager le fait qu’ils aiment Jésus-Christ », a déclaré Steinberg. « Et je pense qu’en apprenant à les connaître – et selon moi cela doit être le message lorsque vous connaissez les gens et que vous conversez réellement avec eux – c’est là que vous construisez des ponts. Oui, il y a des problèmes. Je pense que la communauté messianique en Israël a du mal à accepter la peur juive, je dirais. »

« Mais j’ai l’impression que ce qui se passe n’est que pure haine. Il n’y a pas de véritable fondement et ça ne s’ancre pas dans la réalité. »

Si quelqu’un se sent inspiré par le style de vie de la foi que nous professons, bien sûr, nous voudrions qu’il croie également comme nous. Mais ce n’est pas une condition préalable pour aimer, servir et faire le bien en Israël.

Interrogé sur les accusations de King, Mistretta a fait une distinction entre la diffusion de la parole de Jésus et le prosélytisme. Beaucoup d’Israéliens qui entendent le mot « missionnaire » pensent à quelqu’un qui va essayer de les convertir, a-t-il dit, « mais les Juifs messianiques ne sont pas comme ça ».

« Nous considérons Yeshua comme le Messie juif, et nous suivons son précepte selon lequel nous devons aimer nos voisins comme nous-mêmes. Nous le faisons donc publiquement, fièrement, sans honte de qui nous sommes », a-t-il déclaré.

« Croyons-nous que les autres devraient croire comme nous ? Oui, je pense que quiconque croit la vérité voudrait que les gens croient en son point de vue… Nous partageons simplement ce que notre expérience a été et ce que nous comprenons de qui est Yeshua. »

Illustration : Des pèlerins chrétiens du Brésil priant au Cénacle, sur le mont Sion, à l’extérieur de la Vieille Ville, le 19 mai 2014. (Crédit : Gali Tibbon/AFP)

Il a déclaré que l’objectif de son organisation était « d’accroître la présence » des Juifs messianiques en Israël.

« Nous voulons que les gens comprennent que nous nous considérons toujours comme Juifs, que nous nous considérons comme des Israéliens, que nous servons dans l’armée, que nous contribuons à la société, que nous faisons une différence », a expliqué Mistretta.

« Et oui, si quelqu’un se sent inspiré par le style de vie et par la foi que nous professons, bien sûr, nous voudrions qu’il croie également comme nous. Mais ce n’est pas une condition préalable pour aimer, servir et faire le bien en Israël. »

L’autre joue

Il y a eu quelques réactions contre le sentiment anti-chrétien de la part de hauts responsables israéliens. En juin, le grand rabbin séfarade de Jérusalem a joint sa voix au chœur de condamnations contre le harcèlement des chrétiens à Jérusalem, à la suite de l’incident du 28 mai.

« Nous avons été désolés d’apprendre par des religieux non-juifs qu’un certain nombre de jeunes Juifs et certains qui prétendent craindre Dieu les persécutent avec des malédictions, des blasphèmes et plus encore, alors qu’ils marchent dans les rues de la ville. Il ne fait aucun doute que ce sont des personnes irresponsables, qui ne respectent pas du tout la Torah et ses voies, qui ont agi de la sorte. Nous annonçons qu’un tel comportement est strictement interdit », peut-on lire dans la lettre publiée mardi par le rabbin Shlomo Amar, dont le bureau publie rarement des déclarations en anglais.

La question a également atteint un point critique au sein du Conseil municipal de Jérusalem. Lors d’une réunion jeudi dernier, Schwarz a présenté une motion pour condamner la violence contre les chrétiens dans la Vieille Ville, appelant à une condamnation formelle par le maire, à l’ajout de caméras de sécurité et à la coopération avec la police.

Adir Schwarz, président du parti d’opposition Hitorerut au conseil municipal de Jérusalem, prennant la parole lors d’une réunion, le 22 juin 2023. (Crédit : Hitorerut)

Yonatan Yosef, un conseiller du parti de King, a appelé la ville à condamner, au contraire, la violence de l’église contre les Juifs. « Je voudrais également condamner les chrétiens pour les croisades, les pogroms et l’inquisition… Que faisait le pape pendant la Shoah ? »

Schwarz a déclaré qu’il s’attendait à une stricte condamnation des attaques lors du rassemblement, mais qu’il était profondément déçu par la réponse du maire Moshe Lion : un commentaire ambigu selon lequel « la plupart des membres de la coalition condamnent la violence contre les chrétiens ».

« Ce ne sont pas nos valeurs », a déclaré Schwarz au Times of Israel depuis son bureau la semaine dernière. « Ce n’est pas la Jérusalem que nous essayons de promouvoir. Nous croyons que Jérusalem devrait être un lieu pour tous, pour toutes les nations, pour toutes les races, pour les religions, les Juifs comme les non-Juifs. »

Schwarz a accusé King de se croire « au-dessus de la loi, et de faire ce que bon lui semble lors de ces violentes manifestations contre ces groupes ».

« S’il y a un membre de votre coalition, un adjoint au maire – un simple membre de votre coalition – et que vous ne prenez pas vos responsabilités et n’agissez pas contre eux lorsqu’ils promeuvent la violence, alors je crois que vous êtes un partenaire de la violence », a-t-il déclaré.

L’adjointe au maire Fleur Hassan-Nahoum a déclaré au Times of Israel qu’elle travaillait pour mettre fin aux attaques depuis le mois de décembre.

Fleur Hassan-Nahoum, membre du conseil municipal de Jérusalem, s’adressant à un rassemblement en solidarité avec les victimes présumées de Malka Leifer devant le tribunal de Jérusalem, le 13 mars 2019. (Crédit : Johanna Chisholm/Times of Israel)

« Notre dernier effort consiste à mener une campagne visant à encourager des rabbins hautement respectés à adopter une position ferme contre ces attaques et à faire savoir qu’un tel comportement n’était pas conforme aux valeurs juives et est, en réalité, une profanation du nom de Dieu », a-t-elle dit. « Je suis fière de dire que notre mouvement gagne du terrain, et de plus en plus de chefs spirituels se joignent à nous pour condamner ces actions haineuses. »

« Grâce à nos efforts, nous espérons dissiper le mythe selon lequel tous les chrétiens sont des missionnaires et montrer qu’ils sont de fervents partisans d’Israël. »

Bien que les sionistes chrétiens et les Israéliens messianiques aient insisté sur le fait que les incidents ne diminueraient pas leur soutien à Israël, certains voient l’éventualité qu’ils ne portent préjudice à la réputation d’Israël à l’étranger et à ses relations avec certains de ses alliés les plus dévoués.

« En fin de compte, ce qui s’est passé, le fait que cela devient de plus en plus violent, cela se répercutera et atteindra l’étranger et les gens commenceront à poser des questions », a déclaré Steinberg.

« Nous ne voulons pas nous retrouver dans une situation dans laquelle un pasteur d’une importante église évangélique qui aurait été attaqué, sera interviewé sur Fox News et témoignera du fait qu’il a été violemment attaqué », a-t-il poursuivi.

Les préoccupations de Schwarz sont plus locales.

« Si ce n’est pas un endroit pour les chrétiens, alors ce n’est pas un endroit pour les Juifs laïcs. Et puis on se retrouvera dans une Jérusalem où seuls les extrémistes pourront s’épanouir. Et ceci est un réel danger pour l’avenir d’Israël. »

Canaan Lidor a contribué à cet article.

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