Les coulisses du Habad à Séoul qui accueille les visiteurs juifs du monde entier
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Les coulisses du Habad à Séoul qui accueille les visiteurs juifs du monde entier

Prévoyant des milliers de visiteurs juifs, le Habad gère la logistique pour fournir de la nourriture casher, des offices de prière et des cours de Torah

Le rabbin Osher Litzman en compagnie du Premier ministre coréen de l'époque, Han Seung-soo. (Courtesy)
Le rabbin Osher Litzman en compagnie du Premier ministre coréen de l'époque, Han Seung-soo. (Courtesy)

Alors que la cérémonie d’ouverture inaugure les 23e Jeux Olympiques d’hiver tant attendus à PyeongChang, en Corée du Sud, le rabbin Osher Litzman attendait avec impatience une salle comble pour Shabbat.

Ce week-end marquait le premier Shabbat des Jeux Olympiques d’hiver – il y en aura trois en tout pendant les 17 jours de l’événement sportif – et Litzman et son équipe de bénévoles sont prêts.

Litzman est le chef Habad-Loubavitch de Corée du Sud, situé dans la capitale Séoul. Lors d’un appel téléphonique depuis la Corée du Sud, il avait déclaré : « Nous nous attendons à ce que de nombreuses personnes viennent nous rejoindre vendredi soir et tout au long de la soirée. »

« C’est très beau, très spécial », dit Litzman. « Beaucoup de gens viennent pour les prières du vendredi soir, le déjeuner du shabbat, beaucoup de gens réservent des repas. »

Il a précisé que les visiteurs olympiques juifs venaient principalement des États-Unis, et que d’autres venaient d’Europe.

« Les chiffres augmentent, dit-il. Nous distribuerons aussi beaucoup de halot (pain de Shabbat tressé) aux gens pour qu’ils puissent célébrer Shabbat. Nous avons des milliers de pains qui sont prêts. »

Non seulement il y aura des halot, mais il y aura aussi des phylactères, des cours de Torah et du café gratuit pour les visiteurs.

Le rabbin Osher Litzman et le centre Chabad de Corée du Sud fournissent de la nourriture kasher, ainsi que des offices de prière et des cours de Torah, pour les invités qui devraient être des milliers au cours des 17 jours des Jeux Olympiques d’hiver de 2018. (Courtesy)

Un café chaud pourrait être particulièrement apprécié dans le climat glacial de PyeongChang, bien que Litzman ait dit que même si le climat actuel est « assez froid », les choses « pourraient être pires ». « Ça va être très sympa. »

La Corée du Sud a déjà accueilli les Jeux olympiques d’été – en 1988, à Séoul – mais jamais les Jeux olympiques d’hiver, jusqu’à présent. Près de 3 000 athlètes représentant 90 pays participeront aux Jeux d’hiver cette année, et certains sports commenceront même avant la cérémonie d’ouverture, comme le curling, le saut à ski, le patinage artistique et le ski acrobatique.

Ce qui s’est développé entre les Jeux de Séoul et les Jeux de PyeongChang, c’est la présence d’une communauté juive organisée en Corée du Sud, selon Litzman. Cette communauté a été créée en 2008, lorsque Litzman et son épouse, Mussy, sont arrivés à Séoul pour créer Habad Korea – et ce qu’il appelle la première synagogue du pays.

Habad est un mouvement hassidique fondé au 18e siècle qui s’est plus tard concentré sur le rayonnement international. Le rabbin Litzman est venu en Corée du Sud d’Israël, où il est né et a grandi à Kiryat Malakhi.

Un groupe de Juifs à la Maison Habad en Corée du Sud pour les Jeux Olympiques de 2018. (Courtesy Osher Litzman)

« C’était un peu dépaysant d’être ici quand on vient d’Israël », dit-il, « un style de vie et une atmosphère différents, dans mon cas, mais en général, quand on reçoit un appel dans la vie, peu importe où l’on est, on travaille pour que cela se produise. »

De la Corée du Sud, il dit : « Nous sommes ravis d’être ici », ajoutant qu’il a reçu « beaucoup de réactions positives, des gens qui l’aiment et qui viennent très souvent… de plus en plus observant, étant heureux de leur judaïsme. »

Une fois arrivés à Séoul, les Litzman ont tendu la main à la communauté juive locale.

« Aujourd’hui, nous avons une épicerie et un restaurant cashers, et certains de nos programmes phares comprennent le Shabbat communautaire et les repas des Fêtes, en particulier les seders de Pâque, qui peuvent attirer plus d’une centaine d’invités « , a écrit M. Litzman dans un courriel. « Nous avons aussi une école hébraïque pour les enfants d’expatriés. »

Le rabbin Osher Litzman s’adresse à un groupe au centre Habad de Corée du Sud. (Courtesy)

Il note : « En plus de quelques bar mitzvot, ainsi que du premier mariage, nous avons récemment célébré la brit-mila [circoncision] d’un juif de 35 ans qui est né dans l’ex-Union soviétique, à l’époque où cette mitzvah était interdite ».

Il a écrit que « [Il] y a quelques centaines de Juifs vivant en Corée du Sud, ainsi que des milliers de touristes et d’hommes d’affaires juifs qui visitent le pays chaque année ».

Aujourd’hui, Litzman accueille les visiteurs juifs supplémentaires qui viennent pour les Jeux Olympiques.

« Nous disposons d’une équipe de bénévoles, chacun ayant une maîtrise de plusieurs langues, pour nous aider dans notre travail supplémentaire en raison de l’afflux attendu de Juifs », a-t-il expliqué.

« Nous ouvrons un centre temporaire supplémentaire, stratégiquement situé à PyeongChang ; des séminaires quotidiens sur la Torah – allant de la partie hebdomadaire de la Torah [paracha] à l’étude approfondie du Talmud – exploreront le message juif derrière les sports et la signification de la compétition ».

Un événement Habad de Corée du Sud pour les Jeux Olympiques d’hiver de 2018. (Courtesy Osher Litzman)

« Nous organiserons des repas collectifs de Shabbat pour des milliers d’invités au cours des trois vendredis soirs des Jeux. Et notre restaurant est équipé pour préparer des repas casher pré-emballés pour les personnes en déplacement », dit-il.

Litzman doit lui-même superviser la coordination entre Séoul et PyeongChang, qui sont à trois heures de route les uns des autres. Il a visité le centre temporaire de PyeongChang la semaine dernière pour tout mettre en ordre.

Une équipe « prévoit d’être [à PyeongChang] jusqu’à mardi, un autre groupe de volontaires est prévu mardi… Nous voulons être là 24h/24 et 7j/7. »

Il voit des liens entre le judaïsme, le sport et la compétition. Le judaïsme dit que nous devons faire de notre mieux dans n’importe quel domaine – étudier, établir des liens avec Dieu ou être une bonne famille [membre], un mari ou un père, quel qu’il soit, » dit Litzman. « Quand on est entraîné, on a la motivation, on fait plus que ce qu’on fait normalement. »

Logo officiel des Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 en Corée du Sud.

Quant aux Jeux Olympiques eux-mêmes ?

« Je connais à peine le sport », dit Litzman. « Bien sûr, en tant qu’Israélien, je ne connais rien à l’hiver. Je n’en sais pas trop. »

En plus de la nourriture spirituelle pour les visiteurs, Litzman cherchera également à fournir une nourriture matérielle.

« C’est vraiment un défi de proposer de la nourriture casher ici », dit-il.

« Les ressources sont limitées. Dieu merci, nous avons réussi à répondre à la demande. Le Habad a un magasin et un restaurant. Nous envoyons nos repas casher à tous les hôtels, nous avons un service traiteur, nous proposons des repas tous les jours. On fait en sorte que cela soit possible. »

Bien que les Jeux olympiques représentent une atmosphère de plaisir et d’excitation, ils ne sont pas à l’abri des conflits géopolitiques. Les Jeux de cette année se déroulent au milieu de tensions qui durent depuis des décennies entre la Corée du Nord communiste et la Corée du Sud démocratique, qui remontent à la guerre froide et se poursuivent encore aujourd’hui. Cependant, les Jeux olympiques semblent avoir réconcilié les deux pays à certains égards. Par exemple, ils formeront une équipe féminine mixte de hockey sur glace.

A propos du réchauffement des relations, Litzman a déclaré : « On dirait que le mashiach [le messie] arrive. Il y aura la paix. Elle s’étendra non seulement aux Jeux, mais aussi au reste du monde. C’est un des signes. Quand on fait la paix, pour quelque raison que ce soit, c’est une bonne chose. »

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