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Les crimes de haine antisémites à New York ont augmenté considérablement en 2019

La police de New York fait état de 163 infractions contre les Juifs depuis le début de l'année, dont plusieurs incidents pendant la fête de Rosh HaShana

A titre d'illustration : Juifs orthodoxes à Brooklyn, New York, 17 avril 2019. (AP Photo/Seth Wenig)
A titre d'illustration : Juifs orthodoxes à Brooklyn, New York, 17 avril 2019. (AP Photo/Seth Wenig)

NEW YORK (JTA) – Le nombre de crimes de haine contre les Juifs à New York a augmenté de manière significative au cours des neuf premiers mois de cette année, dans un contexte de hausse des crimes de ce genre dans toute la ville.

Le Département de la police de New York a signalé 311 crimes motivés par la haine au total jusqu’en septembre, contre 250 au cours de la même période en 2018, selon l’inspecteur adjoint Mark Molinari, qui dirige le Hate Crimes Task Force [Groupe de travail sur les crimes haineux du Département].

Molinari a déclaré que 52 % des crimes de haine signalés, soit 163, ont visé des Juifs. Au cours de la même période l’an dernier, la police de New York a signalé 108 crimes haineux antisémites.

Lors d’une réunion jeudi avec des philanthropes juifs, Molinari a discuté des chiffres et des moyens de prévenir les crimes antisémites dans la ville. Il a énuméré une liste de crimes haineux anti-juifs qui ont fait les manchettes cette semaine :

• Deux hommes juifs se sont fait arracher leur chapeau par un groupe d’adolescents

• Un autre groupe d’enfants a cassé les fenêtres d’une synagogue de Brooklyn pendant la fête de Rosh HaShana

• Pendant la Fête également, un troisième groupe d’enfants a harcelé une femme juive en lui arrachant son écharpe et sa perruque

« Bien que ces trois groupes d’enfants soient très proches les uns des autres, ce ne sont pas les mêmes », a-t-il dit. « J’aurais aimé qu’une seule personne à New York commette tous ces 311 crimes de haine et que je puisse enfermer cette personne et faire disparaître tout ça. Je suis face à 311 individus d’origines très diverses qui commettent ces crimes haineux contre différentes personnes. »

C’est le défi auquel la ville est confrontée alors qu’elle tente d’endiguer une vague croissante de haine dans ses quartiers, en grande partie dirigée contre les Juifs. Molinari a dit que le comportement criminel ne semble pas provenir de membres de groupes haineux extrémistes très en vue comme le Ku Klux Klan ou les manifestants d’extrême droite qui ont manifesté il y a deux ans à Charlottesville en Virginie.

« Le récit nationaliste n’est pas le récit que nous voyons ici à New York, dit Molinari. « Il n’y a pas de bandes errantes de tenants de la suprématie blanche, habillés en treillis kakis, avec des torches tiki ou portant des cagoules. »

Il a ajouté par la suite : « L’idéologie politique, l’idéologie religieuse, nous ne voyons pas cela se produire ici à New York. »

Molinari s’adressait à un groupe de donateurs de l’UJA-Federation of New York, une organisation communautaire fédéraliste. Deborah Lauter, qui a récemment été embauchée à la tête du nouveau Bureau pour la prévention des crimes haineux de la ville après une carrière à la Anti-Defamation League et dans d’autres organisations juives, était présente à ses côtés.

Des vandales brisent les vitres de la synagogue Rivnitz à Brooklyn pendant les offices de Rosh HaShana, le 30 septembre 2019. (Capture d’écran : Williamsburg News)

Mme Lauter a souligné que l’éducation et les partenariats à long terme entre les communautés religieuses et ethniques constituent l’une des clés de la prévention des crimes haineux, en particulier chez les jeunes de milieux différents.

« À un certain moment, la communauté juive a commencé à se retirer de son programme de relations communautaires », a-t-elle dit. « Nous en ressentons les répercussions maintenant. C’est un travail difficile. Il faut une approche à long terme pour résoudre ces problèmes. »

Lors de cette rencontre, l’UJA-Federation a annoncé qu’elle le faisait justement dans le cadre d’une série de nouvelles initiatives visant à combattre l’antisémitisme dans la métropole juive des États-Unis. En collaboration avec le Conseil local des relations avec la communauté juive, l’UJA investit 4 millions de dollars sur deux ans pour améliorer la sécurité physique de 2 000 institutions juives.

Elle emploie six directeurs qui coordonneront collectivement la sécurité communale des Juifs dans les cinq arrondissements de la ville, ainsi que dans les banlieues de Long Island et du comté de Westchester, et un coordonnateur spécial pour les camps d’été juifs de la région. La fédération met également sur pied une commission de sécurité des relations communautaires pour travailler avec d’autres communautés ethniques et minoritaires.

« Nous espérons que cet investissement stratégique permettra aux Juifs de la région et aux personnes de toutes confessions de se sentir les bienvenus dans nos institutions, en sécurité dans nos espaces communautaires et en sécurité en général », a déclaré Alisa Doctoroff, ancienne présidente de l’UJA-Federation. « Nous devons être là pour les autres, pour les autres communautés, si nous voulons qu’ils soient là pour nous. »

Molinari avait de bonnes nouvelles : les crimes motivés par la haine en septembre avaient diminué par rapport à septembre 2018, après avoir augmenté au cours de l’année 2019 dans l’ensemble.

Selon Molinari, 87 % des crimes de haine antisémites cette année ont été ce qu’il a appelé des « méfaits criminels », généralement du vandalisme avec des dessins de croix gammées. Les 13 % restants étaient des crimes de personne à personne, comme des voies de fait. Pour être considéré comme un crime haineux, un incident antisémite doit être un crime réel, par opposition à quelqu’un qui crie une phrase offensante.

Mais Lauter a ajouté que l’âge était aussi un facteur dans les graffitis de croix gammée. Certains des vandales, a-t-elle dit, sont des adolescents qui ne connaissent pas le symbolisme et l’histoire antisémite de la croix gammée. Elle a préconisé l’enseignement de la Shoah dans les écoles pour montrer que le symbole nazi est plus qu’un signe provocateur.

« Les enfants qui font des croix gammées ne savent pas ce qu’est une croix gammée », dit Lauter. « C’est exactement de cela dont je veux parler. Il faut faire un exposé. Les gamins ne savent pas ce qu’est un crime de haine. »

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