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Les députés s’affrontent sur le budget 2024 révisé avant son vote à la Knesset

Selon le député Raam, Waleed Alhwashla, le ministre des Finances « ne tient pas compte des Arabes dans ce budget » qui, voté mercredi, risque de creuser les écarts au sein de la société

Le député Yisrael Eichler (à gauche) s'entretient avec le député Moshe Gafni lors d'une discussion sur le budget de l'État à la Knesset à Jérusalem, le 12 mars 2024 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Yisrael Eichler (à gauche) s'entretient avec le député Moshe Gafni lors d'une discussion sur le budget de l'État à la Knesset à Jérusalem, le 12 mars 2024 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les députés ont donné mardi le coup d’envoi d’un débat spécial de 25 heures sur le très disputé budget 2024 révisé, avant les deux dernières lectures du projet de loi en plénière, mercredi après-midi.

Selon ce projet de loi révisé, adopté par le Conseil des ministres en janvier et approuvé par la commission des finances de la Knesset pour ses deuxième et troisième lectures, la semaine dernière, le plafond de dépenses gouvernementales pour 2024 s’élèvera à 584,1 milliards de shekels, soit 70 milliards de shekels de plus que le budget initial approuvé en mai 2023, avant le déclenchement de la guerre le 7 octobre dernier.

Sur ces 70 milliards de dollars, 55 milliards de shekels iront au financement de l’armée, le reste aux besoins civils.

Marqué par des coupes budgétaires généralisées et des dépenses supplémentaires pour les questions liées à la guerre, ce projet suscite une vaste opposition – à l’intérieur comme à l’extérieur de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu – au motif qu’il ne touche ni aux dépenses superflues ni aux intérêts liés à la coalition mais qu’il affecte négativement les services essentiels.

Ainsi, des milliards de shekels sont toujours prévus pour les établissements d’enseignement ultra-orthodoxes qui n’enseignent pas les programmes de base officiels.

Contre ces critiques, le président de la commission du travail et des affaires sociales, Yisrael Eichler, a affirmé qu’il y avait « des enseignants, au sein du système éducatif haredi, qui faisaient le même travail que n’importe quel autre enseignant » mais [qui] ne touchaient aucun fonds dans le cadre du plan gouvernemental Ofek Hadash (Nouvel horizon) « tout simplement parce qu’ils sont haredi ».

Des enfants haredim de l’école ultra-orthodoxe Bnei Moshe Kretchnif dans la ville de Rehovot, le 24 mai 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Les haredim souhaitent depuis longtemps bénéficier du programme Ofek Hadash, qui prend en charge le travail en petits groupes au niveau des enseignants et des élèves et permet, entre autres, de relever le salaire des enseignants.

Ce programme est actuellement réservé aux seules écoles publiques, à l’exclusion des écoles haredi indépendantes, qui ne dispensent pas les enseignements profanes.

Cette disparité relève « d’une opération de pillage, d’usurpation et d’injustice » à l’encontre des haredim, a déclaré Eichler aux députés.

Selon un sondage réalisé auprès de 600 personnes par l’Institut Smith, publié mardi par la Douzième chaine, une grande majorité de Juifs – dont 67 % des électeurs du Likud – s’opposent au versement de milliards de shekels au système scolaire haredi, tel que prévu par le budget.

Le budget est par ailleurs critiqué par les députés arabes, qui y voient un vecteur de creusement des inégalités et une entrave à la lutte contre le crime organisé au sein de leur communauté.

Dans le cadre d’une session plénière organisée mardi, le député de Raam (Liste arabe unie) Waleed Alhwashla s’est dit opposé au projet de réduire d’environ 15 % les fonds d’un plan quinquennal destiné à faire progresser l’intégration sociale et économique des Arabes israéliens, qualifiant de surcroît ce projet de budget qui « ne tient compte ni de la société arabe ni de la société bédouine ».

« Tout comme [le ministre des Finances Bezalel] Smotrich ne voit pas et ne veut pas voir des femmes arabes en même temps que sa femme à la maternité, il ne voit pas les Arabes dans ce budget », a déclaré Alhwashla.

« Au lieu de travailler à la réduction des inégalités », le budget « les creuse davantage », a-t-il poursuivi, accusant le gouvernement de « donner le feu vert » à la criminalité au sein de la communauté arabe au lieu de la combattre.

Le Shin Bet et le Conseil de sécurité nationale auraient averti cette année que de telles coupes pourraient « augmenter le risque de flambées de violences ».

2023 a été de loin l’année la plus sanglante au sein de cette communauté, avec 244 Arabes israéliens tués.

Les détracteurs du budget lui reprochent par ailleurs son impact négatif sur l’agriculture : ils estiment en effet que la coupe de 20 % imposée à l’Institut Volcani, organisme de recherche agricole de renommée mondiale, pourrait mettre fin à ses activités.

Devant la commission des sciences et de la technologie mardi, le vice-ministre de l’Agriculture, Moshe Abutbul (Shas), a déclaré que cette coupe budgétaire « serait lourde de conséquences pour la science et la technologie » et s’est engagé à « se battre jusqu’au bout pour limiter la casse ».

Le député Yesh Atid, Yorai Lahav-Hertzanu, a reproché à Abutbul l’existence de cette menace sur l’institut, lui disant qu’en sa qualité de représentant du gouvernement, « C’est [lui] qui fixe les priorités. Plutôt que d’investir dans la science et l’innovation, vous préférez verser des centaines de millions de dollars à l’identité juive. »

Dimanche, le Conseil des ministres a autorisé le versement de 25 millions de shekels pour la création d’une autorité de l’identité nationale juive dirigée par le député d’extrême droite Avi Maoz, vice-ministre du bureau du Premier ministre et représentant à la Knesset du parti anti-LGBTQ Noam.

Un représentant du ministère des Finances a déclaré aux députés que les programmes à supprimer étaient décidés par les ministère eux-mêmes et, au cas présent, « à la discrétion du ministre de l’Agriculture ».

Vue aérienne de l’Institut Volcani. (Crédit : Yigal Elad/Wikipedia)

Lors d’un autre vote, mardi, la commission conjointe du budget de la Défense de la Knesset a approuvé à l’unanimité le versement des fonds mis à disposition via le budget de la défense 2024 au ministère de la Défense et aux départements liés relevant des services du Premier ministre.

Le budget 2024 révisé pour tenir compte de la guerre prévoit 117 milliards de shekels pour la défense, soit une augmentation de 53 milliards de shekels – 82 % -par rapport au budget initial de 64 milliards de shekels.

Par ailleurs, la commission conjointe a approuvé l’utilisation de 50 milliards de shekels de fonds supplémentaires variables, soit une augmentation d’environ 32 milliards de shekels, « dont la majeure partie provient de subventions américaines » pour la guerre à Gaza.

S’adressant aux journalistes lors de la réunion hebdomadaire de la faction de son parti Hatzionout HaDatit à la Knesset hier, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a dit « espérer que l’opposition comprenne l’importance du moment et ne s’oppose pas à un budget responsable ».

« Un vote contre le budget serait un vote contre la poursuite des combats et la résilience des civils », a-t-il déclaré.

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