Rechercher

Les EAU auraient déployé un système de défense aérienne de fabrication israélienne

Des lanceurs israélo-indiens Barak-8 et le radar Elta ont été aperçus, après une série d'attaques de missiles et de drones lancés par les Houthis, soutenus par l'Iran

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Deux lanceurs de missiles Barak 8 et un système radar Elta vus au sud d'Abu-Dhabi, aux Émirats arabes unis, sur une image satellite prise en septembre 2022. (Crédit : Google Earth)
Deux lanceurs de missiles Barak 8 et un système radar Elta vus au sud d'Abu-Dhabi, aux Émirats arabes unis, sur une image satellite prise en septembre 2022. (Crédit : Google Earth)

Une image satellite prise en septembre révèle que les Émirats arabes unis auraient déployé un système de défense aérienne de fabrication israélienne pour protéger le pays des missiles et des drones iraniens, selon un article publié ce week-end.

Le site d’information Tactical Report a publié une analyse d’images satellites qui, selon lui, montrent deux lanceurs Barak 8 et un radar Elta ELM 2084 près de la base aérienne d’al-Dhafra, au sud d’Abou Dhabi, la capitale des EAU.

Au début du mois, le site Breaking Defense a informé pour la première fois que les EAU avaient déployé le système, citant des sources de défense.

Le système Barak 8 a été conçu pour faire face à de nombreuses menaces, notamment les missiles balistiques, les missiles de croisière et les avions ennemis.

En juillet, Israël avait abattu un drone lancé par le Hezbollah libanais soutenu par l’Iran sur une installation gazière offshore, marquant ainsi la première interception opérationnelle d’un drone par des missiles Barak 8 depuis un navire de la marine.

Le Barak 8 a été développé conjointement par l’entreprise publique Israel Aerospace Industries (IAI), le ministère israélien de la Défense, l’organisation indienne de recherche et de développement en matière de défense, les marines des deux pays, Rafael Advanced Defense Systems, le groupe Elta de l’IAI et d’autres industries locales en Inde.

Outre les Émirats arabes unis, le système Barak 8 est déjà utilisé par Israël, l’Inde et l’Azerbaïdjan.

Ces dernières semaines, l’Ukraine a également manifesté son intérêt pour l’acquisition de ce système de fabrication israélienne, parmi d’autres tels que le Dôme de fer, afin de contrer l’utilisation par la Russie de drones et de missiles iraniens lors de son invasion.

Jusqu’à présent, Israël a refusé de fournir de tels systèmes à l’Ukraine, apparemment en raison de son souci de maintenir la liberté d’action dans le ciel de la Syrie, contrôlée par la Russie.

Au début de l’année, les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, avaient lancé plusieurs attaques de missiles et de drones visant les Émirats arabes unis, ce qui a conduit à des informations selon lesquelles Israël envisageait de vendre des systèmes défensifs aux Émirats.

En septembre, une source a déclaré à l’agence de presse Reuters qu’Abou Dhabi avait acheté des systèmes israéliens capables de contrer les attaques de drones qui constituent une menace pour les EAU.

Selon les chiffres du ministère israélien de la Défense publiés plus tôt cette année, les EAU et Bahreïn représentent 7 % du total des achats d’armes à Israël en 2021.

Les EAU font partie d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite qui soutient le gouvernement du Yémen contre les Houthis. En 2019, les EAU ont retiré leurs troupes du Yémen, mais ils restent un acteur influent.

Un missile Barak-8, développé par Israel Aerospace Industries, lors d’un essai. (Crédit : IAI)

Cette année, de nombreuses informations ont indiqué qu’Israël et ses alliés régionaux travaillaient à la mise au point d’un système de défense commun pour se protéger contre la menace des drones et des missiles iraniens.

Des responsables de l’armée de l’air israélienne ont déclaré que Jérusalem travaillait sur une alliance potentielle avec ses partenaires du Moyen-Orient, et les pays ont également développé récemment des systèmes communs pour détecter les menaces de missiles et de drones.

En juin, le ministre de la Défense, Benny Gantz, avait déclaré qu’un pacte de défense aérienne « déjà actif » entre Israël et ses alliés régionaux avait permis de déjouer des attaques iraniennes, d’une manière qu’il n’avait pas révélée.

L’idée d’un système de défense aérienne commun à Israël et à ses voisins arabes a été évoquée lors du Sommet du Néguev qui avait réuni en mars les ministres des Affaires étrangères d’Israël, des États-Unis, des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc et d’Égypte. Cette question aurait également été abordée lors de discussions entre les États-Unis et l’Arabie saoudite.

Les responsables militaires israéliens ont déclaré avoir constaté une augmentation de l’utilisation des drones par l’Iran ces dernières années, qu’ils ont surnommée la « terreur des drones ».

Tsahal a confirmé avoir intercepté au moins quatre drones iraniens se dirigeant vers Israël, la Cisjordanie ou la bande de Gaza ces dernières années. Deux autres drones lancés depuis l’Iran en direction d’Israël ont été interceptés par des avions américains au-dessus de l’Irak, en février.

Tsahal pense que l’Iran tente d’armer tous ses mandataires dans la région – en Syrie, au Liban, en Irak et au Yémen – avec des centaines, voire des milliers de drones, en plus de leur fournir une formation militaire.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...