Les interviews des candidats interdites pendant le vote – une première
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Les interviews des candidats interdites pendant le vote – une première

Le chef de la commission nationale électorale Hanan Melcer a déclaré que les contrevenants qui feraient campagne le jour du scrutin seraient poursuivis - Deri est dans le viseur

Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz arrive à un bureau de vote de sa ville natale de Rosh Haayi,  le 9 avril 2019 (Crédit : Sraya Diamant/Kakhol lavan)
Le chef de Kakhol lavan Benny Gantz arrive à un bureau de vote de sa ville natale de Rosh Haayi, le 9 avril 2019 (Crédit : Sraya Diamant/Kakhol lavan)

Le chef de la commission nationale électorale a, pour la toute première fois, interdit aux médias d’information d’interviewer des candidats au scrutin de mardi, évoquant une forme de continuation cachée de la campagne. Il a averti que les contrevenants pourraient être traduits devant les tribunaux.

Le magistrat Hanan Melcer a fait connaître cette décision mardi matin, alors que les bureaux de vote ouvraient leurs portes dans tout le pays pour des élections à la Knesset où la concurrence est âpre.

« Les candidats en eux-mêmes sont porteurs de propagande et l’interdiction de les interviewer est déterminante dans le maintien du principe d’égalité entre les candidats », a expliqué Melcer dans son jugement.

Melcer a émis cette ordonnance en se fondant sur des lois électorales qui interdisent les publicités de propagande et de campagne dès la veille des élections à partir de 19h. Cette nouvelle règle a immédiatement fait l’objet d’un appel.

C’est la toute première fois que les interviews des candidats sont interdites. Melcer a tenté, au cours de ces trois derniers mois, de réprimer les candidats qui utilisaient les médias pour faire leur campagne – réclamant que les discours politiques prononcés par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres soient diffusés avec un différé de 10 minutes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la Treizième chaîne, le 5 avril 2019 (Capture d’écran)

« Malheureusement, certains diffuseurs, dans le passé, n’ont pas pleinement respecté l’interdiction de la propagande électorale et des injonctions individuelles ont donc été émises », a-t-il dit.

Le juge Hanan Melcer, président de la Commission électorale centrale et Orly Ades, directrice générale de la commission, le 21 février 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Israël contrôle étroitement les directives qui entourent la propagande, en particulier dans les jours qui précèdent des scrutins, même si des changements survenus dans les médias traditionnels – comme, par exemple, l’ascension des réseaux sociaux – mettent à l’épreuve l’efficacité de ces règles.

Melcer a expliqué que les médias avaient l’obligation d’informer sur les élections mais il a souligné qu’ils ne devaient pas montrer des bulletins ou les résultats des enquêtes avant 22 heures.

« Si cette interdiction n’est pas respectée, j’appliquerai les sanctions qui se trouvent à ma disposition et notamment d’éventuelles poursuites pénales contre les contrevenants », a mis en garde Melcer.

Au moins un candidat, Aryeh Deri, le dirigeant du Shas, a posté sur Twitter une photo de lui votant pour son parti, le bulletin clairement visible.

Au mois d’octobre, la ministre de la Justice Ayelet Shaked avait présenté ses excuses après avoir posté une vidéo d’elle faisant campagne dans un bureau de vote et jetant son bulletin pour HaBayit HaYehudi durant les élections locales.

La Douzième chaîne a fait savoir que le numéro quatre de Kakhol lavan, Gabi Ashkenazi, était arrivé à ses studios mais qu’il n’était pas intervenu devant les caméras en raison de la directive. La chaîne a interviewé des membres des familles de certains candidats dans la matinée de mardi – ce qui est apparu comme une tentative visant à contourner la règle.

La diffusion d’un entretien pré-enregistré avec Netanyahu, sur la Vingtième chaîne, a également été annulée.

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