Les Juifs français conseillés d’éviter le mot « sionisme »
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Les Juifs français conseillés d’éviter le mot « sionisme »

Dans une recommandation de 17 pages, l’ancien stratège de Clinton et de Kerry dit que le sionisme est considéré comme un « mouvement extrémiste » en Europe

Un membre de la communauté juive devant les pierres tombales brisées après la profanation de quelque 250 tombes, suite à  une cérémonie au cimetière juif de Sarre-Union, à l'est de la France, le 17 février 2015. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)
Un membre de la communauté juive devant les pierres tombales brisées après la profanation de quelque 250 tombes, suite à une cérémonie au cimetière juif de Sarre-Union, à l'est de la France, le 17 février 2015. (Crédit : Patrick Hertzog/AFP)

Stanley Greenberg, un stratège politique américain de premier plan, enjoint aux représentants de la communauté juive française d’éviter de mentionner le « sionisme » en parlant à des non-Juifs.

Le sionisme « est considéré comme extrémiste en Europe et plutôt comme une force agissant principalement en Israël. L’utilisation du terme renvoie votre interlocuteur à ce qui est perçu comme un conflit externe », a écrit Greenberg, conseiller des campagnes de Bill Clinton et de John Kerry, en juillet à Robert Ejnes, le directeur exécutif du groupe de coordination des communautés juives de France, le CRIF.

Le sionisme est considéré comme un « mouvement extrémiste sans compromis qui poursuit agressivement ses objectifs ».

Dans un document de recommandation de 17 pages, obtenu par le JTA, Greenberg conseille au CRIF d’aborder les questions de sécurité dans des termes de « citoyens français », plutôt que de « Juifs français ».

Stanley Greenberg (Courtoisie)
Stanley Greenberg (Courtoisie)

Les conseils de Greenberg sont basés sur les résultats d’un groupe de discussion de 70 personnes qui voulait tester l’impact des messages sur des sujets concernant le travail du CRIF. Les résultats ont été publiés l’année dernière.

L’enquête a été proposée par des philanthropes juifs américains désirant aider le CRIF à lutter contre la montée de l’antisémitisme violent en France. Ces financeurs ont souhaité rester anonymes, a déclaré Ejnes.

Un électeur d’extrême-gauche a déclaré lors de l’enquête : « Pour moi, [le sionisme est] la version israélienne du nazisme. »

Ejnes a affirmé au JTA être arrivé aux conclusions les plus inattendues sur le sionisme.

« Tous les secteurs – musulmans, individus de formation supérieure, électeurs d’extrême-gauche et d’extrême-droite – ont dit la même chose : le sionisme est aux Juifs ce que le djihadisme est aux musulmans », a-t-il dit. « Il indique qu’il est très difficile d’utiliser le mot ‘sioniste’ dans notre définition, dans le discours populaire. »

Si la recommandation est respectée, « ce ne serait pas parce que le CRIF a changé son engagement envers Israël ou le sionisme – qui sont le cœur du CRIF et des Juifs français », a déclaré Ejnes. « Mais cela montre que nous devons éduquer les gens sur le sionisme tout en ajustant notre message pour une efficacité maximale. »

Si le sionisme a un effet négatif, dit Greenberg, « il est important de valoriser le lien des Juifs français avec Israël. Ce lien est considéré comme fort et normal. ‘Israël’ n’a pas soulevé de drapeau rouge dans les groupes, et le CRIF devrait continuer à promouvoir sa diversité culturelle et économique. »

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