Les Palestiniens devraient pouvoir déployer leur drapeau au siège de l’ONU
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Les Palestiniens devraient pouvoir déployer leur drapeau au siège de l’ONU

Le soutien semble assuré malgré les protestations américaine et israélienne ; Le Vatican a refusé d'être inclus dans le geste symbolique

Cérémonie officielle de levée du drapeau palestinien devant le siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, pour marquer la pleine admission de la Palestine en tant que 195e membre de l'organisation  en décembre 2011. (Crédit : ONU/UNESCO/Danica Bijeljac )
Cérémonie officielle de levée du drapeau palestinien devant le siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, pour marquer la pleine admission de la Palestine en tant que 195e membre de l'organisation en décembre 2011. (Crédit : ONU/UNESCO/Danica Bijeljac )

L’Organisation des Nations unies devrait autoriser jeudi les Palestiniens à faire flotter leur drapeau devant son siège à New York dans un geste symbolique visant à soutenir les aspirations palestiniennes pour un Etat.
 
L’Assemblée générale votera à 15 heures, heure de New York, sur un projet de résolution dont les diplomates estiment qu’il est presque certain de recueillir une majorité dans le forum des 193 nations.

« Il s’agit d’une mesure symbolique, mais c’est une étape de plus pour renforcer les fondations de l’Etat de Palestine sur la scène internationale », a déclaré Riyad Mansour, le représentant palestinien à l’ONU.

La résolution permettrait aux drapeaux de la Palestine et du Saint Siège- qui sont tous deux Etats non-membres avec statut d’observateur – d’être hissés aux côtés de ceux des Etats membres. Cependant, le Vatican a dit qu’il n’a pas l’intention de hisser son drapeau pour le moment et a refusé de figurer dans la résolution.

Si elle est adoptée, l’ONU aura 20 jours pour la mettre en œuvre, ce qui permettrait à ce que le drapeau palestinien flotte lors de la venue du président de l’AP Mahmoud Abbas prevue pour le 30 septembre.

Mansour a dit que l’initiative avait le potentiel « d’accorder à notre peuple un peu d’espoir que la communauté internationale continue de soutenir l’indépendance de l’État de Palestine. »

« Les choses sont sombres, sombres, le processus politique est mort, Gaza est étouffé. Cette résolution du drapeau est comme la petite lueur d’une bougie qui maintient l’espoir pour le peuple palestinien. »

La Palestine est devenue un « Etat observateur non membre » de l’ONU le 29 novembre 2012.

La rangée de drapeaux devant l'Assemblée générale de l'ONU au siège de l'agence à New York le 16 septembre 2010. (CC BY-SA Yerpo, Wikimedia Commons)
La rangée de drapeaux devant l’Assemblée générale de l’ONU au siège de l’agence à New York le 16 septembre 2010. (CC BY-SA Yerpo, Wikimedia Commons)

Les seules incertitudes portent sur l’ampleur du soutien que lui accordera l’Assemblée et sur la position des Européens, divisés sur cette initiative à laquelle Israël et les Etats-Unis sont opposés.

Israël et les États-Unis ont exprimé leur forte opposition; l’ambassadeur d’Israël Ron Prosor aux Nations unies denonçant « une tentative flagrante de détourner l’ONU. »

Prosor devrait prendre la parole jeudi contre la résolution, selon la radio israélienne.

Le porte-parole du Département d’Etat américain Mark Toner a évoqué une tentative « contre-productive » de poursuivre des revendications étatiques en dehors d’un règlement négocié.

Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu font partie des leaders mondiaux qui se rendront au siège de l’ONU à partir du 25 septembre pour un sommet anti-pauvreté et pour le débat annuel de l’Assemblée générale.

Le pape François devarait prononcer un discours très attendu le 25 septembre, mais Mgr Bernardito Auza, le nonce apostolique du Vatican et ambassadeur à l’ONU a déclaré que le drapeau ne serait pas «absolument» levé auparavant.

Cependant, il n’a pas dit si le drapeau du Vatican flottera au siège de l’ONU à l’avenir.

« Cette question est ouverte », a dit Auza. « Je ne peux pas dire ce que le Saint-Siège fera plus tard. »

Le Vatican entretient des relations diplomatiques avec Israël et les Palestiniens.

En 1965, le Vatican a rejeté quelque 2 000 ans d’enseignement catholique selon lequel les Juifs étaient collectivement responsables de la mort du Christ. Et après des décennies de réticence à reconnaître l’Etat juif, le pape d’origine polonaise Jean-Paul II a forgé des relations formelles avec Israël en 1993.

Le Vatican a officiellement reconnu l’Etat de Palestine il y a quelques mois, au mois de mai. Avec la décision du pape François, le Saint-Siège a rejoint quelque 135 autres pays – en grande majorité des États d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine – qui reconnaissent l’Etat de Palestine.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article

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