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Les patients non vaccinés refusent également le traitement vital par anticorps

"Ils subissent une forte pression de la part de leur communauté pour s'en abstenir", a déclaré un responsable de santé ; "Les non vaccinés veulent le suicide", dit une médecin

Sur cette photo d'archive du 26 août 2021, des professionnels de la santé traitent des patients dans le service de coronavirus du centre médical Barzilai d'Ashkelon, en Israël. (AP Photo/Maya Alleruzzo, Dossier)
Sur cette photo d'archive du 26 août 2021, des professionnels de la santé traitent des patients dans le service de coronavirus du centre médical Barzilai d'Ashkelon, en Israël. (AP Photo/Maya Alleruzzo, Dossier)

Les personnes non vaccinées qui contractent le coronavirus refuseraient également le traitement par anticorps qui pourrait les empêcher de tomber gravement malades ou de mourir, a déclaré samedi un prestataire de soins de santé.

Jeudi dernier, Israël a commencé à administrer à grande échelle le traitement par anticorps synthétiques injectés sous la peau de Regeneron aux patients atteints de la COVID-19 qui risquent de développer une forme grave de la maladie, en donnant la priorité aux personnes non vaccinées dont l’état est beaucoup plus susceptibles de se détériorer.

Selon la Douzième chaîne, la caisse de santé de Meuhedet a proposé le traitement à sept patients non vaccinés qui risquaient de développer une forme grave.

Un seul d’entre eux a accepté le traitement, contre six qui l’ont refusé.

Le fonds de santé a déclaré qu’en comparaison, le médicament a été proposé à deux personnes vaccinées qui ont toutes deux accepté de commencer immédiatement le traitement.

La chaine indique que les professionnels de la santé estiment que cela pourrait être une tendance qu’ils commencent à observer à mesure que l’utilisation du médicament se généralise.

Une infirmière entre dans un site de traitement au Regeneron, le 18 août 2021, au parc C.B. Smith à Pembroke Pines, en Floride. (Crédit : AP Photo/Marta Lavandier)

« Dès que nous avons obtenu le feu vert pour utiliser le Regeneron, le centre de contrôle a œuvré pour trouver des candidats appropriés pour le traitement. Nous leur tendons la main pour leur expliquer et tenter de les convaincre de le recevoir, mais je partage la frustration de mon personnel », a déclaré le Dr. Erez Carmon, chef des services médicaux au centre de commandement du coronavirus de Meuhedet.

« Malgré les explications, les patients non vaccinés n’acceptent pas le traitement de Regeneron. Ils disent subir de fortes pressions de la part de la communauté et de leur famille pour s’en abstenir. Heureusement, la plupart des personnes vaccinées expriment leur volonté de se traiter et de se protéger. Il y a une toute petite fenêtre d’opportunité pour se défendre, c’est dommage de la manquer », a-t-il déclaré.

Le traitement, auquel l’ancien président des États-Unis Donald Trump devrait son rétablissement, utilise une combinaison de deux anticorps comme traitement des personnes déjà malades du virus et comme mesure préventive pour aider à inoculer les personnes encore en bonne santé.

Les anticorps sont l’un des seuls traitements dont il est prouvé qu’ils réduisent le risque de décès dû à la COVID-19, en particulier pour les personnes qui ne sont pas encore hospitalisées. Il est autorisé pour un usage préventif par la Food and Drug Administration américaine.

Dans le même temps, Idit Matot, directrice de l’anesthésie à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, a déclaré samedi à la Douzième chaîne que la décision de ne pas se faire vacciner était en quelque sorte suicidaire, et avait un effet néfaste sur la vie d’autres patients qui ne pouvaient pas recevoir les soins dont ils avaient besoin.

Matot a déclaré que les hôpitaux étaient remplis de jeunes non vaccinés – la majorité d’entre eux survivent, mais sont hospitalisés et nécessitent des soins intensifs pendant de longues périodes.

Des membres d’une équipe hospitalière portant des équipements de sécurité alors qu’ils travaillent dans le service des coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 23 septembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Matot a expliqué qu’en raison de la pression sur les hôpitaux, les patients hospitalisés devaient souvent être transférés dans des unités de soins intensifs, occupant des lits initialement prévus pour ceux qui ont d’autres problèmes médicaux.

« Il est possible d’éviter cette situation, elle ne touche pas seulement les personnes non vaccinées, qui ont décidé de se suicider à un degré ou à un autre – elle nous touche tous ici », a-t-elle déclaré.

Matot a déclaré que les équipes médicales étaient épuisées et a critiqué le gouvernement pour avoir refusé d’imposer de nouvelles réglementations.

« En tant que gouvernement, ils doivent être beaucoup plus décisifs, il existe un système de feux de circulation [pour les différentes localités]. Ils devraient l’utiliser – sans commencer par des restrictions [générales]. Je ne devrais pas avoir à payer le prix pour la population non vaccinée. Il faut que ce soit sans équivoque : soit vous vous faites vacciner, soit vous vous faites tester tous les trois jours », a déclaré Matot.

Une machine ECMO dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 23 septembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett aurait refusé samedi l’imposition de nouvelles restrictions liées au coronavirus, alors même que le nombre de patients COVID nécessitant d’être placés sous respirateur a grimpé à des niveaux jamais vus en Israël depuis des mois.

Selon le ministère de la Santé, dimanche matin, 215 personnes infectées par le coronavirus étaient sous respirateur sur un total de 711 patients répertoriés comme étant dans un état grave.

Alors que la quatrième vague d’infections en Israël a connu un nombre record de cas quotidiens, le nombre de patients nécessitant une hospitalisation est resté inférieur à celui des vagues précédentes, ce que les experts attribuent au taux de vaccination élevé du pays.

Le nombre de décès depuis le début de la pandémie s’élève à 7 649. Au total, 567 personnes ont succombé au virus depuis le début du mois, ce qui fait de septembre le deuxième mois consécutif où Israël a enregistré au moins 500 décès, après que 609 décès ont été attribués à la COVID-19 en août.

Les chiffres du ministère ont également révélé 2 616 nouvelles infections samedi, poursuivant une tendance à la baisse, le nombre de cas actifs diminuant légèrement pour atteindre les 63 022.

Un bénévole du Magen David Adom prélève un échantillon par écouvillonnage sur une femme israélienne dans un site de dépistage du coronavirus dans la ville de Katzrin, sur les hauteurs du Golan, le 15 septembre 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Face à ces chiffres mitigés, le gouvernement et les responsables de la santé ont semblé être en désaccord au sujet de l’imposition de restrictions supplémentaires liées au coronavirus, Bennett ayant apparemment décidé de ne pas imposer de nouvelles restrictions sur les rassemblements.

Lors d’une réunion samedi soir avec le ministre de la Santé Nitzan Horowitz, le responsable de la lutte contre la pandémie Salman Zarka, le directeur général du ministère de la Santé Nachman Ash et les directeurs des prestataires de soins de santé israéliens, Bennett aurait déclaré que les restrictions proposées sur les rassemblements nuiraient à l’économie et ne réduiraient pas la morbidité.

« La politique du gouvernement est un Israël ouvert parallèlement à une guerre implacable et sophistiquée contre le virus. Pas de quarantaine, de confinement, de restrictions de plus en plus nombreuses, ce qui est la chose la plus facile à faire, mais des solutions », a déclaré Bennett, selon le site d’information Ynet.

« Je pense aux patients, chaque personne hospitalisée est un crève-cœur, mais je pense aussi à l’économie, à l’éducation, aux parents qui doivent travailler et aux enfants qui doivent étudier », aurait-il dit.

M. Bennett aurait dit aux responsables des prestataires de soins de santé israéliens qu’ils devaient continuer à se concentrer sur la promotion de la vaccination.

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