Les Saoudiens pourraient normaliser avec Israël, selon le chef du Mossad
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Les Saoudiens pourraient normaliser avec Israël, selon le chef du Mossad

Yossi Cohen explique que les accords avec les pays du Golfe nécessitent l'instauration d'une confiance de type "nous sommes là pour eux et ils sont là pour nous"

Le chef du Mossad Yossi Cohen s'exprime lors d'une cyberconférence à l'université de Tel Aviv, le 24 juin 2019. (Flash90)
Le chef du Mossad Yossi Cohen s'exprime lors d'une cyberconférence à l'université de Tel Aviv, le 24 juin 2019. (Flash90)

Le chef de l’agence d’espionnage israélienne, le Mossad, a indiqué dans une interview diffusée mercredi que l’Arabie saoudite pourrait elle aussi normaliser avec Israël, suite aux accords de paix historiques avec les Émirats arabes unis et le Bahreïn, tout en refusant de préciser s’il avait rencontré les dirigeants du royaume arabe.

Yossi Cohen a été cité comme un personnage clé des accords d’Abraham avec Abou Dhabi et Manama, signés lors d’une cérémonie festive à la Maison Blanche mardi. Cohen aurait fait la navette vers les États du Golfe lors de nombreux voyages secrets effectués ces dernières années afin d’établir des liens clandestins plus étroits avec les nations arabes.

Cohen a déclaré à la Douzième chaîne que les accords signifiaient « la rupture d’un plafond de verre qui existait dans nos relations avec les Etats arabes ».

Il a déclaré que la volonté d’officialiser les liens a été obtenue grâce à de longues années de « contacts gérés avec beaucoup de délicatesse ».

Cohen a déclaré que les préoccupations régionales concernant les aspirations « impérialistes » iraniennes ont joué un rôle clé dans les décisions des pays du Golfe de rompre avec des décennies de politique arabe de non-reconnaissance de l’Etat juif tant que le conflit israélo-palestinien reste irrésolu.

« Il faut construire un système de confiance mutuelle entre nous et eux… la confiance, assurant que nous sommes là pour eux et ils sont là pour nous, ensemble contre toutes ces menaces », a-t-il déclaré.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il pense que les nouveaux alliés d’Israël ont décidé de mettre de côté la question palestinienne au profit de relations ouvertes, Cohen a répondu : « Chaque pays doit choisir ses intérêts immédiats contre des intérêts à plus long-terme, et ici je crois que tant Bahreïn qu’Abou Dhabi, et les EAU en général, ont choisi leurs intérêts à plus long terme. »

Le président américain Donald Trump, au centre, avec, de gauche à droite, le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Khalid bin Ahmed Al Khalifa, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Trump, et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed al-Nahyan, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham sur la pelouse sud de la Maison blanche, mardi 15 septembre 2020, à Washington. (AP Photo/Alex Brandon)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump ont tous deux indiqué que plusieurs autres pays pourraient être en mesure d’établir des relations ouvertes dans un avenir proche.

A la question de savoir si la grande puissance régionale qu’est l’Arabie saoudite pourrait s’engager dans cette voie dans un avenir prévisible, Cohen a répondu : « Je crois que cela pourrait se réaliser. » Et à la question de savoir s’il avait rencontré le leader de facto de l’Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed bin Salman, il a souri et a dit : « J’aimerais ne pas commenter ce point. »

Le prince Mohammad bin Salman d’Arabie Saoudite s’exprime lors du sommet du G20 à Osaka, le 29 juin 2019. (Mikhail Svetlov/Getty Images via JTA)

Trump a déclaré mardi qu’il s’attendait à ce que l’Arabie saoudite normalise avec Israël suite à la démarche diplomatique entreprise par le Bahreïn et les EAU.

Il a ajouté qu’il pensait que cinq ou six pays étaient sur la voie de la paix avec Israël, puis plus tard dans la journée, il a annoncé qu’il s’agissait de neuf nations.

Lorsqu’on lui a demandé s’il s’attendait à ce que l’Arabie saoudite suive les EAU et le Bahreïn, Trump a répondu par l’affirmative : « Je le pense. J’ai parlé avec le roi d’Arabie saoudite », ajoutant que cela se ferait « au bon moment ».

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