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Les tensions à Jérusalem n’affecteront pas les liens avec Israël, dit Erdogan

Le leader turc explique qu'une relation "raisonnable, constante et équilibrée" avec l'État juif est le seul moyen de défendre efficacement la cause palestinienne

Le président Isaac Herzog et le président turc Recep Tayyip Erdoğan devant le complexe présidentiel à Ankara, le 9 mars 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le président Isaac Herzog et le président turc Recep Tayyip Erdoğan devant le complexe présidentiel à Ankara, le 9 mars 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré mercredi que le rapprochement d’Ankara avec Jérusalem continuerait malgré les tensions sur le mont du Temple.

Erdogan a indiqué que la Turquie poursuivra ses condamnations publiques des actions des Israéliens dans le lieu saint, connu sous le nom de Haram al-Sharif par les musulmans et qui accueille la mosquée al-Aqsa, mais que ces condamnations n’auraient aucune conséquence directe sur les liens diplomatiques entretenus par les deux pays.

« Il est clair que le meilleur moyen de défendre de façon efficace la cause palestinienne est d’entretenir une relation raisonnable, constante et équilibrée avec Israël », a-t-il dit aux députés au parlement turc, selon le quotidien Hurriyet.

Ces paroles marquent un changement radical par rapport aux années précédentes où la Turquie avait revu à la baisse ses relations avec Israël pour protester contre les agissements de l’État juif à Jérusalem, en Cisjordanie et à Gaza.

Mardi, Erdogan s’est entretenu avec le président Isaac Herzog suite à ces violences, diffusant peu après un communiqué faisant part de ses inquiétudes mais n’attribuant pas la responsabilité des frictions au gouvernement israélien et n’utilisant pas le langage incendiaire qui était caractéristique des liens entre la Turquie et Israël ces dernières années.

Alors qu’ils étaient autrefois des alliés solides, les relations entre les deux pays s’étaient détériorées sous le mandat d’Erdogan, un critique fervent des politiques mises en œuvre par Israël à l’égard des Palestiniens.

De son côté, Israël s’était insurgé face aux relations chaleureuses unissant le président turc et le Hamas, le groupe terroriste à la tête de la bande de Gaza.

Israël et la Turquie avaient rappelé leurs ambassadeurs respectifs en 2010 après l’assaut donné par les forces israéliennes d’un navire qui se dirigeait vers Gaza pour briser le blocus, qui transportait de l’aide humanitaires. Les affrontements qui avaient suivi avaient fait dix morts du côté turc.

Les liens s’étaient ensuite lentement amélioré avant de se rompre à nouveau en 2018. Cette année-là, la Turquie, furieuse contre l’initiative prise par les États-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, avait une nouvelle fois rappelé son envoyé.

Dernier signe de cette tentative de restaurer les liens, Isaac Herzog s’est rendu le mois dernier en Turquie pour une visite historique de 24 heures.

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