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Les Travaillistes approuvent un processus d’examen des plaintes d’antisémitisme

Les allégations d'antisémitisme seront désormais traitées par un comité indépendant au sein du parti britannique ; son chef déclare la fin d'un "chapitre sombre" après l'ère Corbyn

Le leader du parti travailliste britannique Keir Starmer est assis sur la scène lors de la journée d'ouverture de la conférence annuelle du parti à Brighton, sur la côte sud de l'Angleterre, le 25 septembre 2021. (Crédit : Justin Tallis/AFP)
Le leader du parti travailliste britannique Keir Starmer est assis sur la scène lors de la journée d'ouverture de la conférence annuelle du parti à Brighton, sur la côte sud de l'Angleterre, le 25 septembre 2021. (Crédit : Justin Tallis/AFP)

JTA – Les membres du Parti travailliste britannique participant à la conférence annuelle de la formation ont adopté une règle sur la façon dont ils traiteront les futures plaintes pour antisémitisme, ce qui a conduit le chef du parti à déclarer qu’ils avaient « fermé la porte ce soir à l’antisémitisme au sein du Parti travailliste ».

« Nous avons tourné le dos à ce chapitre sombre. Ayant fermé cette porte, celle-ci ne sera plus jamais ouverte à l’antisémitisme au sein de notre parti », a déclaré le leader travailliste Keir Starmer.

Le changement adopté dimanche à Brighton, en Angleterre, stipule que les plaintes pour antisémitisme seront examinées par un comité indépendant. Pendant ses années à la tête du parti, l’ancien leader travailliste, Jeremy Corbyn, a été accusé de laisser l’antisémitisme se développer au sein de la frange gauche du parti.

Les partisans juifs du Labour qui se sont exprimés dimanche ont soutenu ce changement.

Le parti « tourne la page sur le fléau de l’antisémitisme », a déclaré l’ancienne législatrice travailliste juive Ruth Smeeth, qui a reçu de nombreuses menaces de mort antisémites en 2019.

« Vous avez échoué », a-t-elle dit à ceux qui sont à l’origine de ces injures antisémites. « Nous sommes toujours là. »

Illustration : Des membres de la communauté juive organisent une manifestation contre Jeremy Corbyn, alors chef du Parti travailliste, et contre l’antisémitisme au sein du parti d’opposition britannique, devant les Chambres du parlement britannique, dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (Crédit : AFP Photo/Tolga Akmen)

Pendant la conférence, Starmer – qui a cherché à réhabiliter la réputation du Labour depuis son élection pour remplacer Corbyn en 2020 – a réitéré ses excuses aux Juifs suite à la hausse des cas d’antisémitisme dans les rangs du Labour ces dernières années.

La modification du processus d’examen des plaintes, que M. Starmer a promis de mettre en œuvre dans son discours de victoire de 2020, a été recommandée par la Commission pour l’égalité et les droits de l’Homme, l’organisme de surveillance du gouvernement britannique en matière de racisme. La Commission a recommandé ce changement dans un rapport de 2020 dans lequel elle a accusé Corbyn d’être responsable « d’actes illégaux de harcèlement et de discrimination » contre les Juifs.

Le chef du Parti travailliste britannique d’opposition, Jeremy Corbyn, après avoir voté aux élections générales, à Islington, à Londres, en Angleterre, le 12 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Thanassis Stavrakis)

Corbyn, politicien d’extrême gauche qui a prôné un boycott généralisé d’Israël, a déposé des couronnes devant des monuments pour des terroristes palestiniens et a déjà défini les groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah comme ses « amis ». En 2014, un an avant son élection à la tête du Labour, il a également déclaré que le Hamas, qualifié d’organisation terroriste par Israël et les États-Unis, était dévoué à la justice et à la paix.

Les détracteurs de Corbyn ont déclaré que sa rhétorique anti-israélienne enhardissait les antisémites et un comité d’éthique du Labour a constaté que Corbyn n’était pas parvenu à punir les contrevenants, selon la Commission.

La conférence a également été marquée par un vote critiquant Israël, ce qui montre qu’il existe toujours un antagonisme envers l’État juif au sein du parti.

Lors d’un panel sur les relations étrangères, une majorité des membres présents ont adopté une résolution qui « condamne la Nakba en cours en Palestine, la violence militarisée d’Israël qui attaque la mosquée Al-Aqsa, les déplacements forcés de Sheikh Jarrah et l’assaut meurtrier sur Gaza ».

Le terme « nakba » signifie catastrophe en arabe et est utilisé pour décrire les événements entourant la création d’Israël et les fuites ou les expulsions de Palestiniens pendant la guerre d’Indépendance. L’expulsion prévue par Israël de plusieurs familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem a donné lieu à des protestations qui ont incité le Hamas à tirer des roquettes en direction de la ville en mai, déclenchant ainsi 11 jours de combats à Gaza.

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