Les USA n’avaient pas invité le pasteur contesté à l’inauguration de l’ambassade
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Les USA n’avaient pas invité le pasteur contesté à l’inauguration de l’ambassade

Le porte-parole indique que c'est l'ambassadeur Friedman qui a invité Robert Jeffress, qui a dit que les Juifs iront en enfer, afin de bénir la cérémonie de lundi à Jérusalem

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Robert Jeffress, un prédicateur baptiste de Dallas, lors de l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Robert Jeffress, un prédicateur baptiste de Dallas, lors de l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le Département d’Etat américain s’est désolidarisé mardi de la décision d’inviter un pasteur évangélique controversé à prendre la parole lors de l’inauguration de son ambassade à Jérusalem, affirmant que le choix a été fait par l’ambassadeur américain David Friedman, qui a dirigé la cérémonie.

L’invitation faite à Robert Jeffress – un baptiste du Sud qui a énergiquement soutenu Donald Trump pendant les derniers mois de la campagne présidentielle de 2016 et qui était membre de son comité consultatif évangélique – de prendre la parole lors de l’événement, a été réprouvée en raison des propos qu’il a tenus dans le passé selon lesquels les Juifs ne peuvent être « sauvés ».

La porte-parole du département d’État, Heather Nauert, a été interpellée au sujet de Jeffress lors d’une conférence de presse après que celui-ci ait donné une bénédiction passionnée lors de la cérémonie d’inauguration de la nouvelle ambassade lundi, alors que la mission américaine déménageait officiellement de Tel Aviv à Jérusalem.

« Je peux simplement vous dire que l’ambassadeur Friedman, je le sais, envisageait de faire intervenir diverses personnes dans le cadre de la célébration ou de la cérémonie, et c’est ainsi qu’il a été invité », a expliqué Mme Nauert. « Nous ne sommes absolument pas d’accord avec les propos du pasteur, notamment les remarques controversées qu’il a faites au sujet de divers groupes religieux, mais il a été choisi par l’ambassadeur Friedman, qui était certainement autorisé à le faire, et c’est lui qui a pris cette décision ».

Heather Nauert, porte-parole du département d’Etat américain, à Washington, le 8 juin 2017. (Crédit : capture d’écran)

Mme Nauert a souligné que les missions américaines sont en droit de choisir les participants événements locaux et qu’elles ne consultent pas nécessairement le département d’État avant d’envoyer des invitations.

« Il est certain que les ambassades ont parfois le libre arbitre de décider qui elles veulent inviter comme conférenciers ou personnes pour diriger une cérémonie ou une sorte de célébration », a-t-elle ajouté. « À ma connaissance, nous n’avons joué aucun rôle dans la prise de cette décision… et nous n’avons rien demandé. Je dis simplement que les ambassades et les représentants du monde entier invitent des gens qui ont des opinions diverses. »

Jeffress a fait un certain nombre de déclarations controversées, notamment lors d’une conférence en 2010 où il a déclaré : « Dieu envoie des gens bien en enfer. Pas seulement les croyants comme les Mormons, les Musulmans, les Juifs, les Hindous – non seulement ces religions éloignent les gens de Dieu, mais elles conduisent les gens à une séparation éternelle de Dieu en enfer ».

Avant la cérémonie d’ouverture de l’ambassade, le candidat au Sénat Mitt Romney de l’Utah a critiqué le choix de Jeffress, le qualifiant de « fanatique religieux ».

L’Open House de Jérusalem [Jerusalem Open House for Pride and Tolerance (JOH)], lundi, a également critiqué la participation de Jeffress, disant qu’il avait dans le passé qualifié les défenseurs des droits des homosexuels de « militants de la pédophilie » et que l’homosexualité était une « perversion ».

Le rôle de Jeffress, pasteur de la First Baptist Church à Dallas, une méga église baptiste du sud, a été perçu comme soulignant l’importance de l’événement de Jérusalem comme un appel aux conservateurs chrétiens, une partie de la base des soutiens de Trump.

L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, prononce un discours lors de l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem, le 14 mai 2018 (Photo AFP / Menahem Kahana)

Dans le passé, Friedman a tenu des propos qui ont été par la suite dénoncés par Washington comme ne reflétant pas la politique officielle. En septembre dernier, il a déclaré au site d’information Walla en Israël qu’il considérait que « les implantations font partie d’Israël ». Plus tard, Nauert a déclaré aux journalistes que ses déclarations n’impactaient en rien la position américaine. Il aurait également voulu adopter la désignation israélienne de la Cisjordanie – la Judée et la Samarie – dans ses déclarations et communiqués officiels, mais il en a été empêché jusqu’à présent par l’administration Trump.

Le choix de Friedman comme ambassadeur a été controversé, en grande partie à cause de son manque d’expérience diplomatique, de ses opinions sur les implantations et de ses commentaires désobligeants au sujet des organisations juives de gauche, pour lesquels il s’est excusé par la suite. Friedman a été l’un des principaux donateurs de l’implantation de Beit El et a déclaré qu’Israël peut annexer la Cisjordanie et conserver son caractère juif.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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