Israël en guerre - Jour 232

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L’ex-chef du Shin Bet craint que la refonte ne détruise l’agence de l’intérieur

Nadav Argaman, nommé par Netanyahu, craint qu'Israël ne se dirige vers une dictature ; l'ex-chef du nucléaire israélien estime que le gouvernement mène le pays à l'autodestruction

Le chef du Shin Bet Nadav Argaman, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie de remises de distinction organisée au siège du Shin Bet, à Tel Aviv, le 4 décembre 2018. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le chef du Shin Bet Nadav Argaman, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie de remises de distinction organisée au siège du Shin Bet, à Tel Aviv, le 4 décembre 2018. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

L’ancien chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, Nadav Argaman, a déclaré jeudi que les plans du gouvernement pour la refonte du système judiciaire pourraient entraîner de graves retombées au sein même de l’agence.

« La grande crainte est que si ces lois sont adoptées, Israël se trouvera au bord de la dictature. Et si l’État d’Israël se retrouve sur le point de devenir une dictature, nous verrons les organisations et les systèmes se désagréger de l’intérieur », a déclaré Argaman lors d’une interview accordée à l’émission d’investigation « Uvda », diffusée sur la Douzième chaîne jeudi soir.

Argaman a été nommé à la tête du Shin Bet par le Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2016 et a dirigé l’agence de sécurité intérieure pendant cinq ans.

Jusqu’à mercredi, il avait évité de s’exprimer publiquement contre les efforts du gouvernement Netanyahu pour réduire radicalement le pouvoir de la Haute Cour de justice, bien qu’il ait signé une lettre au début du mois qui exhortait le président Isaac Herzog à s’abstenir d’aider les efforts de la coalition.

Argaman a expliqué que les employés du Shin Bet, tout comme les officiers de carrière de l’agence de renseignement du Mossad et de Tsahal, ne sont pas appelés pour servir.

« De même qu’ils ont décidé de servir, ils pourraient tout aussi bien décider de ne plus le faire », a-t-il déclaré.

Il a exprimé sa crainte que si Israël se transforme en dictature, « il y aura un départ du personnel des organisations [de sécurité] ».

L’ensemble de textes de lois sur la restructuration du système judiciaire actuellement en cours d’examen à la Knesset donnerait au gouvernement et à la coalition un contrôle total sur la sélection de tous les juges en Israël, interdirait à la Haute Cour de justice de réviser les Lois fondamentales quasi-constitutionnelles d’Israël, limiterait sévèrement la capacité de la Haute Cour à invalider les lois jugées incompatibles avec ces Lois fondamentales et permettrait à la Knesset d’adopter des lois qui seraient d’emblée exemptes de tout contrôle judiciaire par la Haute Cour.

Ses opposants estiment qu’il s’agit d’un changement révolutionnaire dans la gouvernance d’Israël, qui prive essentiellement la Haute Cour de son rôle de contrôle de la Knesset et de la coalition gouvernementale. Cela pourrait faire passer Israël d’une démocratie libérale à un autre système de gouvernance, ont averti de nombreux experts.

Ses partisans rétorquent que le pouvoir judiciaire a acquis beaucoup trop de pouvoir au cours des dernières décennies et que les propositions du gouvernement rétabliront l’équilibre des pouvoirs entre les branches du gouvernement.

Zeev Snir, ancien directeur de la commission israélienne de l’Énergie atomique. (Crédit : Wikipedia CC BY/IAEA image bank)

Le quotidien Yedioth Ahronoth a publié jeudi une interview de l’ancien directeur de la commission israélienne de l’Énergie atomique, Zeev Snir, qui s’est exprimé pour la première fois contre les efforts du gouvernement visant à opérer un « changement de régime » par le biais de la législation sur la réforme du système judiciaire.

Snir, qui a été nommé par Netanyahu en 2015 et a servi de chef de facto du programme nucléaire israélien jusqu’à il y a plusieurs mois, a critiqué la série de projets de loi que la coalition a adoptés et qui visent à consolider le pouvoir de Netanyahu et à obtenir des fonds supplémentaires pour la famille du Premier ministre.

« C’est de cela qu’il s’agit et c’est pourquoi je suis si furieux. Qu’en est-il de l’Iran ? Nous nous occupons de ces choses et pendant ce temps, l’Iran continue à développer son programme nucléaire. »

Snir a affirmé que la réforme du système judiciaire pourrait même avoir un impact sur le programme nucléaire secret d’Israël.

Il a fait référence à une résolution de 2015 que plusieurs pays arabes ont tenté de faire passer à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui aurait exigé que l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU publie un rapport sur le programme nucléaire militaire d’Israël. Israël n’a jamais confirmé publiquement l’existence d’un tel programme.

La résolution a été bloquée par les États-Unis. « Si les États-Unis n’avaient pas été de notre côté, elle serait passée », a-t-il déclaré avant d’exprimer son scepticisme quant à la volonté de Washington de prendre à nouveau la défense d’Israël.

« Aux États-Unis, on entend aujourd’hui des critiques concernant l’érosion des valeurs démocratiques en Israël à la suite de la réforme », a déclaré Snir. Il a également souligné que le ministre des Finances Bezalel Smotrich avait récemment appelé Israël à « anéantir » la ville palestinienne de Huwara et que cela avait conduit l’administration du président américain Joe Biden à le boycotter lorsqu’il s’est rendu sur place cette semaine.

Snir a rejeté les excuses présentées par Smotrich pour cette remarque, notant que le ministre n’a fait qu’affirmer que ses détracteurs avaient déformer ses propos. « Il a la mentalité d’un vrai terroriste. »

Snir a affirmé qu’au lieu d’agir comme un leader, Netanyahu était devenu un « analyste ». Il a exhorté son ancien patron et les autres membres du gouvernement à se réveiller et à sortir du « vertigo » dans lequel ils se trouvent.

Il a affirmé que la capacité d’Israël à survivre dépendait de la cohésion de son peuple et du soutien des États-Unis et d’autres alliés à l’étranger.

« Nous avons besoin d’une gestion solide et d’un bon leadership, ce qui n’est pas le cas actuellement, et je ne suis donc pas sûr que nous survivrons. Je n’en suis vraiment pas sûr. Je suis très pessimiste. »

Il a ajouté que l’Iran et les autres ennemis d’Israël dans la région « n’ont pas besoin d’armes nucléaires pour nous détruire. « Tout ce qu’ils ont à faire, c’est d’attendre et de voir comment nous nous blesserons nous-mêmes. »

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