Liban : un responsable du Hamas blessé dans un attentat à la voiture piégée
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Liban : un responsable du Hamas blessé dans un attentat à la voiture piégée

"En raison de la nature de son travail, tout pointe vers l'ennemi israélien", a déclaré une source de sécurité palestinienne ; Israël dément ces accusations

Les forces de sécurité libanaises contrôlent un véhicule incendié à la suite de l'explosion d'une voiture piégée dans la ville portuaire de Sidon, au sud du Liban, le 14 janvier 2018 (AFP PHOTO / Mahmoud ZAYYAT)
Les forces de sécurité libanaises contrôlent un véhicule incendié à la suite de l'explosion d'une voiture piégée dans la ville portuaire de Sidon, au sud du Liban, le 14 janvier 2018 (AFP PHOTO / Mahmoud ZAYYAT)

Un responsable du mouvement terroriste palestinien du Hamas a été grièvement blessé aux jambes dimanche dans un attentat à la voiture piégée à Saïda, dans le sud du Liban, a-t-on appris de sources militaires et médicale.

« Une bombe a explosé dans la voiture, blessant le propriétaire du véhicule, le Palestinien Mohammed Hamdane », a indiqué l’armée libanaise dans un communiqué.

« Mohammed Hamdane, un responsable du mouvement Hamas, a été blessé dans l’explosion d’une bombe placée sous une voiture de marque BMW dans la ville de Saïda », avait auparavant indiqué à l’AFP une source militaire.

Il a été grièvement blessé aux jambes et hospitalisé, selon une source médicale.

La branche libanaise du Hamas a confirmé dans un communiqué qu’un « de ses membres » avait été blessé. « L’explosion l’a blessé à la jambe, a détruit sa voiture et endommagé un bâtiment. Les premiers indices pointent vers les sionistes pour ce crime », a poursuivi le Hamas, en référence à Israël.

Le représentant du Hamas au Liban, Ali Baraka, qui a rendu visite à Mohammed Hamdane dans un hôpital de Saïda, a affirmé devant la presse que le mouvement islamiste « se coordonnait avec les forces de sécurité libanaises pour établir » les circonstances de la « tentative d’assassinat ».

Selon M. Baraka, l’attentat « porte l’empreinte d’Israël qui tente de détourner l’attention (…) en raison de l’Intifada en Palestine ».

L’attentat n’a pas été revendiqué jusqu’à présent.

Un correspondant de l’AFP s’est rendu sur place et a pu voir la voiture calcinée dans le parking de l’immeuble où réside le responsable du Hamas.

Mohammed Hamdane, dont les fonctions exactes au sein du mouvement restent à préciser, est aussi connu sous le nom d’ « Abou Hamza ».

Une source de sécurité palestinienne a affirmé à l’AFP qu’il était un membre des forces de sécurité. « Son travail est lié aux questions internes palestiniennes », a précisé cette source.

« En raison de la nature de son travail, tout pointe vers l’ennemi israélien », pour cette attaque, a-t-elle poursuivi.

Le ministre israélien des Renseignements, Israel Katz, a laissé entendre qu’Israël n’était pas derrière l’explosion qui avait blessé un haut responsable du Hamas au Liban, disant que si Israël l’avait été, l’homme n’en se serait pas sorti avec des blessures mineures.

Dans une interview accordée dimanche à la station de radio Galei Israël, on a demandé à Katz si Israël avait participé à l’attentat. « Si nous avions été impliqués, il n’aurait pas fini légèrement blessé », a-t-il dit.

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a également nié les accusations selon lesquelles Israël était responsable.

« Chaque jour dans le Moyen-Orient, il y a des dizaines d’explosions qu’ils tentent d’épingler sur Israël, alors ne réagissons pas trop sérieusement », a déclaré Liberman sur Hadashot.

Des dizaines de milliers de réfugiés palestiniens vivent au Liban, pour la plupart dans les 12 camps du pays, dont celui de Aïn Héloué, le plus grand, situé près de Saïda (40 km au sud de Beyrouth).

En vertu d’un accord de longue date, l’armée libanaise ne pénètre pas dans les camps, où la sécurité est assurée par des factions palestiniennes.

Aïn Héloué abrite différents groupes armés et est régulièrement le théâtre d’affrontements impliquant de petits groupes extrémistes qui s’y sont implantés au fil des années.

Saïda avait été le théâtre en mai 2006 de l’assassinat d’un dirigeant du Jihad islamique (palestinien), Mahmoud Majzoub, et de son frère Nidal dans un attentat à la voiture piégée. L’armée libanaise affirmait avoir découvert un réseau lié à Israël, qu’elle avait accusé d’être derrière l’attentat.

Un tribunal militaire a condamné à mort en 2010 un ancien membre de la Sûreté générale libanaise reconnu coupable de collaboration avec Israël et d’implication dans l’assassinat des frères Majzoub.

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