Liberman : Le bloc de droite se prépare à l’après-Netanyahu
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Liberman : Le bloc de droite se prépare à l’après-Netanyahu

Le chef d'Yisrael Beytenu croit que le Premier ministre abandonnera après les élections, qu'il est "dans le déni", dit que Bennett et Shaked "rêvent" d'une coalition sans Netanyahu

Avidgor Liberman, le président d'Yisrael Beytenu, s'exprime lors d'un meeting du parti à Neve Ilan, à l'ouest de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Avidgor Liberman, le président d'Yisrael Beytenu, s'exprime lors d'un meeting du parti à Neve Ilan, à l'ouest de Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré samedi qu’il s’attendait à ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu démissionne après l’élection du 2 mars, ajoutant que « tout le monde se prépare à ce qui se passera après le départ de Netanyahu ».

Lors d’une conférence à Shoham, à l’est de Tel Aviv, M. Liberman a répété son affirmation selon laquelle « l’ère Netanyahu est terminée » et a déclaré que le Premier ministre était « dans le déni ». Un jour viendra où lui aussi réalisera qu’il est temps de raccrocher ».

Il a affirmé que même les dirigeants du parti Yamina, Naftali Bennett et Ayelet Shaked, qui « disent qu’ils ne rejoindront qu’un gouvernement Netanyahu… la seule chose dont ils rêvent est de former un gouvernement sans lui ».

Liberman, dont la décision de ne pas soutenir ouvertement Netanyahu ou son rival Benny Gantz de Kakhol lavan a été le facteur décisif de l’échec des efforts pour construire une coalition après les élections d’avril et de septembre, devrait rester le faiseur de rois potentiel après le nouveau scrutin de mars. Le dirigeant a déclaré que les partis ultra-orthodoxes étaient désormais ouverts à un partenariat avec Kakhol lavan (les deux partis ultra-orthodoxes l’ont néanmoins démenti à plusieurs reprises).

« J’ai entendu Uri Makleb [de Yahadout HaTorah] dire qu’il n’y a pas de problème avec Kakhol lavan. Vous pouvez demander à [Aryeh, leader du Shas] Deri combien de fois il s’est assis avec Gabi Ashkenazi [de Kakhol lavan] récemment ».

Naftali Bennett et Ayelet Shaked lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, le 21 juillet 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Dans un communiqué, le Likud a déclaré : « Les masques tombent. Liberman tourne à gauche avec Gantz et Ahmad Tibi. »

Liberman a exclu à plusieurs reprises de rejoindre une coalition avec la Liste arabe unie à prédominance arabe.

Jeudi, Liberman a déclaré qu’il n’excluait pas de siéger dans un gouvernement avec l’alliance majoritairement de gauche Travailliste-Gesher-Meretz après les prochaines élections et a semblé abandonner sa précédente demande pour un gouvernement d’unité des partis Likud et Kakhol lavan.

Liberman – dont les politiques concernant la religion et l’État sont en accord avec celles de Travailliste-Gesher-Meretz, mais dont les vues bellicistes sur la sécurité et les relations avec les Palestiniens sont en contraste total – a rappelé à la radio de l’armée qu’il s’était déjà assis autour de la table du cabinet avec le chef du Parti travailliste, le député Amir Peretz, et que la dirigeante de Gesher, Orly Levy-Abekasis, avait été membre de son parti Yisrael Beytenu.

Samedi, il a ajouté que le parti Meretz de gauche dure « n’existe plus » en tant qu’entité propre. « Cela rend les choses beaucoup plus faciles. »

Liberman, dont le parti devrait remporter sept à huit sièges lors des élections du 2 mars selon les sondages, ce qui le placerait probablement à nouveau en position de faiseur de rois, a également déclaré qu’il était prêt à rejoindre une coalition dirigée par le rival de Netanyahu, Benny Gantz.

« Tout dépend de la base de référence », a-t-il déclaré en se référant à ses demandes de droits accrus pour la communauté laïque dans un pays où les actes de mariage, de divorce et de conversion sont contrôlés par les partis orthodoxes.

Une impasse politique a empêché deux élections précédentes de déboucher sur une coalition, ce qui a conduit à des élections le 2 mars, le troisième vote en un an. Après le vote de septembre, Netanyahu a pris la tête d’un bloc de 55 députés de droite et de partis religieux – en deçà des 61 sièges dont il avait besoin pour former un gouvernement majoritaire – face à Gantz à la tête d’un bloc de centre-gauche plus petit. Sur la touche, et refusant de rejoindre l’un ou l’autre côté d’une coalition, se trouvaient Yisrael Beytenu et la Liste arabe unie, une alliance de quatre partis à majorité arabe.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 19 janvier 2020. (Crédit : AP Photo/Gil Cohen-Magen, Pool)

Yisrael Beytenu comptait assez de sièges pour permettre à Netanyahu de dépasser le minimum de 61 sièges dont il avait besoin en avril et en septembre, mais Liberman a préféré insister uniquement sur un gouvernement d’unité formé du Likud, de Kakhol lavan, et de son parti Yisrael Beytenu.

Netanyahu et Gantz, qui ont tous deux tenté de former un gouvernement en septembre, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un gouvernement d’union.

Toutefois, M. Liberman a indiqué jeudi qu’il ne posera plus cette exigence après les prochaines élections.

« Il est clair qu’un gouvernement d’union ne sera pas formé. Cela ne s’est pas produit les deux fois précédentes », a-t-il déclaré.

Même avec le soutien de Liberman, Gantz aurait probablement besoin de députés du bloc de droite pour former un gouvernement majoritaire.

Liberman a prédit que le parti nationaliste HaYamin HaHadash, dirigé par Bennett et Shaked, et qui fait partie de l’alliance Yamina, serait le plus susceptible de changer de camp et d’abandonner Netanyahu en faveur de Gantz.

Il a également affirmé que Netanyahu, qui est accusé dans trois affaires de corruption et attend son procès, est impopulaire parmi ses propres députés, affirmant que « plus de la moitié de la faction du Likud rêve de choisir un nouveau dirigeant. Ils rêvent du jour où ce cauchemar prendra fin ».

Netanyahu a rapidement répondu à l’interview de Liberman, écrivant sur Twitter que Liberman déclarait qu’il allait rejoindre un gouvernement avec le Parti travailliste et Meretz – « un gouvernement qui ne peut pas être formé sans le soutien de la Liste arabe unie ».

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d’une conférence à Jérusalem, le 17 décembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Seul le fait de voter pour le Likud empêchera la tenue de quatrièmes élections et la mise en place d’un gouvernement qui est un danger pour Israël », a écrit Netanyahu.

Les dirigeants des deux factions ultra-orthodoxes fidèles à Netanyahu ont également critiqué le n°1 d’Yisrael Beytenu pour ses propos.

Aryeh Deri, ministre de l’Intérieur et chef du parti Shas, a écrit sur Twitter que Liberman avait confirmé « qu’il s’était mis d’accord avec Gantz pour mettre en place un gouvernement avec Meretz et la Liste arabe unie. Il s’agit d’une faillite personnelle et idéologique ».

Le dirigeant du parti Yahadout HaTorah, Yaakov Litzman, a assuré à la radio de l’armée que le bloc de droite ne s’effondrerait pas et a averti que « si une quatrième élection devait avoir lieu, ce serait uniquement à cause de Liberman ».

Sur Twitter, Naftali Bennett a également réagi en écrivant : « Liberman, tout comme Lapid et Gantz, veulent faire stopper le sionisme religieux, l’idéologie de droite et Yamina. »

Mercredi, le chef de Yamina a juré de ne pas siéger dans un gouvernement avec Gantz, réitérant sa loyauté envers Netanyahu.

Le chef du Likud n’a pas réussi à former de gouvernement à la suite des élections d’avril, après le refus de Liberman d’intégrer celui-ci en raison de désaccords avec les partis ultra-orthodoxes sur une loi de conscription militaire. Après le vote de septembre, Yisrael Beytenu s’est abstenu d’approuver la nomination de Netanyahu ou de Gantz au poste de Premier ministre, insistant sur le fait qu’il ne rejoindrait qu’un gouvernement d’unité de leurs partis respectifs.

Malgré ce soutien de Liberman, le n°1 de Kakhol lavan ne semble pas en mesure de former un gouvernement, à moins que son parti ne fasse un bond spectaculaire dans les urnes le 2 mars, après que la Liste arabe unie a déclaré qu’elle ne le soutiendrait pas à moins qu’il ne rejette des éléments du plan de paix de l’administration Trump. Gantz, en début de semaine, a affirmé que son gouvernement n’inviterait pas la Liste arabe unie – qui n’a jamais siégé dans une coalition. L’alliance de partis arabes avait également exclu de gouverner avec Liberman, jugé trop à droite.

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