L’incendie de Notre-Dame de Paris maîtrisé, les dons commencent à affluer
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L’incendie de Notre-Dame de Paris maîtrisé, les dons commencent à affluer

Le bilan humain fait état d'un pompier blessé grave ; le "bilan matériel est dramatique" : sont touchées la toiture, la charpente, la voûte et la fléche

  • Les pompiers continuent de sécuriser le périmètre autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris, après un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
    Les pompiers continuent de sécuriser le périmètre autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris, après un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
  • Les pompiers continuent de sécuriser le périmètre autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris, après un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
    Les pompiers continuent de sécuriser le périmètre autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris, après un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
  • Un homme regarde l'état de la cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain d'un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)
    Un homme regarde l'état de la cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain d'un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)
  • La cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain d'un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
    La cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain d'un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, vécu comme une tragédie internationale, a été maîtrisé mardi à l’aube après douze heures de lutte des pompiers, et les dons ont aussitôt afflué pour assurer sa reconstruction.

A l’étonnement des badauds venus au petit matin alors que le ciel s’éclairait au-dessus des tours, le sinistre est peu visible de l’extérieur. La grande rosace en vitraux de la façade sud, côté Seine, est intacte. Mais une porte béante laisse entrevoir un amas de décombres noircis, poutres de la charpente effondrée, a constaté un journaliste de l’AFP.

Et les vues aériennes permettent de prendre la mesure des dégâts, notamment au niveau de la toiture en majeure partie détruite.

Vers 7H00 (05H00 GMT), les pompiers ont enfin considéré que le sinistre était « maîtrisé »: « Le feu est complètement maîtrisé. Il est partiellement éteint, il reste des foyers résiduels » a expliqué à l’AFP un porte-parole des pompiers de Paris, dont plus de 400 hommes ont été mobilisés sans relâche.

Plusieurs lances à eau restaient d’ailleurs en action.

Les pompiers continuent de sécuriser le périmètre autour de la cathédrale Notre-Dame de Paris, après un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le « bilan matériel est dramatique » a-t-il prévenu: « l’ensemble de la toiture est sinistrée, l’ensemble de la charpente est détruite, une partie de la voûte s’est effondrée » et la flèche qui surplombait ce joyau gothique du haut de ses 93 mètres n’existe plus, effondrée en début de soirée sous les yeux de la foule sidérée, ni les vitraux centenaires.

Le bilan humain fait état d’un blessé grave signalé dans les rangs des soldats du feu.

Réunion d’experts 

La question est maintenant de « savoir comment la structure va résister », a estimé le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a convoqué experts et architectes spécialistes des monuments historiques dès le début de la matinée pour « essayer de déterminer si la structure est stable et si les sapeurs pompiers peuvent s’engager à l’intérieur pour continuer leur mission ».

« Le pire a été évité », avait cependant relevé lundi soir Emmanuel Macron sur le parvis de la cathédrale dévastée, promettant : « cette cathédrale, nous la rebâtirons« .

Une souscription nationale va d’ailleurs être lancée, a confirmé le président Emmanuel Macron, pour aider à une reconstruction qui s’annonce longue et difficile.

La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé à l’AFP une contribution à hauteur de 50 millions d’euros de la Ville pour la restauration de la cathédrale.

« Je vais proposer au président de la République que nous organisions tous ensemble, dans les prochaines semaines, une grande conférence internationale des donateurs, qui pourra se tenir à l’Hôtel de Ville », a ajouté la maire socialiste.

Cette conférence réunira des « des mécènes du monde entier afin de lever les fonds nécessaires à la restauration ».

Dès lundi soir, alors que l’incendie était en cours, « une formidable chaîne humaine s’est constituée entre les pompiers, les policiers et les agents municipaux », a salué la maire de Paris, permettant ainsi de « sauver plusieurs dizaines d’œuvres » dont « la couronne d’épines et la tunique de saint Louis ».

Ces œuvres ont été transférées à l’Hôtel de Ville, dans la salle Saint-Jean, où se tiennent habituellement les expositions, a précisé la maire.

La cathédrale de Notre-Dame, monument le plus visité en Europe, abrite de véritables trésors (reliques, orgues, rosaces…).

« Nous serons pleinement aux côtés du Diocèse pour que Pâques puisse être célébré dans de bonnes conditions », a ajouté Mme Hidalgo, qui adresse « une pensée très forte à la communauté catholique de Paris ».

L’ancien ministre de la Culture Jack Lang  a estimé qu’il « faut se donner un délai court », « non pas dix ans quinze ans, mais trois ans » pour restaurer et reconstruire la cathédrale de Notre-Dame de Paris.

« J’entends depuis hier qu’il faudra une décennie, c’est une plaisanterie ! Il faut se donner un délai court, comme on l’a fait dans le passé pour des chantiers d’exception », a déclaré à l’AFP Jack Lang, devant la cathédrale mardi, peu avant 7H00, tandis que les pompiers s’activaient encore à éteindre les flammes qui ont ravagé la toiture de Notre-Dame et fait s’effondrer sa flèche.

Jack Lang en janvier 2019. (Crédit : Olivier Meyer)

Prenant l’exemple de la cathédrale de Strasbourg, dont « la façade occidentale n’avait jamais connu la libération des échafaudages » en un siècle, il explique que lors de son mandat, en « trois ans enfin, les Strasbourgeois [avaient pu] redécouvrir » la façade.

« Il faut faire la même chose pour ici, se donner, non pas dix ans, quinze ans, mais trois ans », en s’appuyant sur des « études scientifiques naturellement sérieuses et que l’on dégage les crédits ».

« Solidarité nationale oui, solidarité mondiale à coup sûr pour que l’on puisse créer un élan », a-t-il poursuivi. « Il faut que l’Etat dégage immédiatement des crédits d’exception, et pas seulement sous la forme de déductions fiscales, sous la forme d’un engagement immédiat et clair ».

« Il faut agir. Le moment de l’émotion est là, mais le temps de l’action va venir vite », a-t-il conclu, appelant à « s’engager à redonner une nouvelle vie à cette façade orientale de Notre-Dame ».

Collecte nationale

La Fondation du patrimoine va lancer mardi une « collecte nationale » pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris, qui était en proie aux flammes lundi soir, a-t-elle annoncé dans un communiqué à l’AFP.

« Pour répondre à de multiples demandes, la Fondation du patrimoine a décidé de lancer une collecte nationale pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris », écrit la fondation.

« Cette collecte sera accessible le mardi 16 avril à partir de midi sur le site www.fondation-patrimoine.org. Aucun frais ne sera prélevé. Tous les dons donneront lieu à l’émission d’un reçu fiscal », a-t-elle encore précisé.

Devant l’afflux de connexions sur son site internet, la fondation a communiqué dans la soirée l’adresse d’un autre site, sur lequel les dons étaient possibles dès lundi soir : https://don.fondation-patrimoine.org/SauvonsNotreDame/

La Fondation du patrimoine, organisation privée, œuvre à la sauvegarde et la valorisation du patrimoine français.

L’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon a estimé lundi soir qu’il fallait « déjà penser à la reconstruction de Notre Dame » et suggéré que l’Etat permette que les dons qui seront versés bénéficient d’une réduction d’impôt de 90%.

Face à « l’incendie tragique » de la cathédrale, « la volonté de générosité est considérable », a-t-il déclaré à l’AFP. « La République française doit prendre une mesure exceptionnelle ».

« Il faut que l’Etat fasse rapidement voter une loi faisant de Notre Dame un +Trésor national+ afin que les dons versés pour sa reconstruction bénéficient de la réduction d’impôt de 90% prévue dans ce cas par la loi de 2003 sur le mécénat », a poursuivi M. Aillagon, auteur de cette loi.

« J’aimerais que la France engage très rapidement cette restauration. C’est presque une question de dignité nationale », a ajouté le directeur général de la collection Pinault.

Les fortunes françaises se mobilisent

Les familles Arnault et Pinault, deux des plus grandes fortunes françaises à la tête des principaux groupes du luxe mondial, ont annoncé, respectivement, 200 et 100 millions d’euros dédiés à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris ravagée par le feu.

Mardi matin, le groupe LVMH, numéro un mondial du luxe et la famille Arnault ont annoncé un « don » de 200 millions d’euros au fond dédié à la reconstruction de Notre-Dame.

« La famille Arnault et le groupe LVMH, solidaires de cette tragédie nationale, s’associent à la reconstruction de cette extraordinaire cathédrale, symbole de la France, de son patrimoine et de son unité », ont-ils indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP.

Le groupe et la famille de Bernard Arnault – première fortune de France – « feront un don d’une somme globale de 200 millions d’euros au fonds dédié à la reconstruction de cette œuvre architecturale, qui fait partie de l’Histoire de France ».

LVMH – qui détient quelque 70 marques telles Louis Vuitton, Christian Dior, Sephora, et les champagne Dom Perignon – indique également « mettre à la disposition de l’Etat et des instances concernées toutes ses équipes, créatives, architecturales, financières, pour aider au long travail de reconstruction d’une part, et de collecte de fonds d’autre part, qui s’annonce ».

De son côté, la famille d’industriels français Pinault, qui préside le groupe de luxe Kering, avait annoncé dès lundi soir débloquer 100 millions d’euros pour la reconstruction de la cathédrale via sa société d’investissement Artemis.

« Cette tragédie frappe tous les Français et bien au delà tous ceux qui sont attachés aux valeurs spirituelles. Face à un tel drame, chacun souhaite redonner vie au plus vite à ce joyau de notre patrimoine », a souligné François-Henri Pinault, président de la holding familiale et de Kering.

Vue d’ensemble de la cathédrale Notre-Dame de Paris lors de son incendie, le 15 avril 2019. (Crédit photo : LUDOVIC MARIN / AFP)

La présidente de la Ligue de football professionnel (LFP) Nathalie Boy de la Tour a promis mardi que le football français allait « se mobiliser pour pouvoir aider financièrement à la reconstruction » de la cathédrale Notre-Dame.

« Le monde du football (français) se mobilisera pour pouvoir aider financièrement à la reconstruction de cette cathédrale » qui « fait partie de notre patrimoine », a assuré la patronne du football français à l’occasion de la présentation d’un partenariat avec l’ONG environnementale WWF France, sans préciser de montant.

« C’est une aide que nous allons coordonner avec l’ensemble des acteurs du football » français, a-t-elle expliqué.

Ravagée par un incendie lundi, apparemment accidentel, Notre-Dame de Paris a été défigurée mais ne s’est pas totalement effondrée.

L’incendie de la cathédrale, vécu comme une tragédie internationale, a été maîtrisé mardi à l’aube après douze heures de lutte des pompiers, qui sont parvenus à sauver la structure de l’édifice.

« Nous seront solidaires dans ce drame qui nous touche tous », a ajouté Boy de la Tour. « Ça nous a beaucoup touchés. »

L’incendie s’est déclaré peu avant 19H00 lundi et s’est propagé à grande vitesse, emportant la toiture de la cathédrale construite entre le XIIe et le XIVe siècle au cœur du Paris médiéval. Il a pris dans les combles de l’édifice et semble être parti au niveau d’échafaudages installés sur son toit.

Monument historique le plus visité d’Europe, la cathédrale gothique est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1991. Entre 12 à 14 millions de touristes visitent chaque année ce chef-d’oeuvre de l’architecture gothique situé sur l’île de la Cité.

Devant des milliers de personnes qui ont assisté au désastre, une course contre la montre s’était engagée en début de soirée à Paris pour tenter de maîtriser les flammes. On a craint un moment que le feu n’emporte la totalité des deux tours qui signent la silhouette de ce haut lieu du patrimoine gothique.

La foule assiste à l’incendie qui ravage Notre Dame de Paris, le 15 avril 2019. (Crédit : AP/Michel Euler)

Veille et prières

Toute la nuit des centaines de personnes ont veillé le bâtiment blessé, certains en pleurs. Ils se sont relayés pour chanter et prier, s’interrompant au passage des camions des pompiers pour les applaudir.

« C’était bouleversant de voir une telle ferveur et une telle foule. On était en communion de prière avec des millions de chrétiens dans le monde », a résumé Etienne Vermersch, « catholique pratiquant », qui a prié « pendant des heures et des heures ».

« La physionomie de Paris va changer, c’est terrible », s’est lamentée Marie, retraitée parisienne qui vit à quelques rues de la Seine.

Un homme regarde l’état de la cathédrale Notre-Dame de Paris au lendemain d’un incendie, le 16 avril 2019. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

Une enquête a été ouverte pour « destruction involontaire par incendie », a précisé dans la soirée le parquet de Paris. La piste d’un départ de feu accidentel depuis le chantier de rénovation en cours sur le toit de la cathédrale « retient l’attention des enquêteurs en l’état des investigations », a précisé une source proche du dossier. Les ouvriers du chantier étaient entendus dans la nuit par les enquêteurs, selon le parquet de Paris.

« Symbole de la France », une catastrophe « terrible à voir », des « scènes déchirantes »: de Berlin, Londres, Washington et d’autres capitales, du Vatican ou de Jérusalem, du Brésil, de Grèce ou de Turquie, les réactions se sont multipliées lundi soir.

Le Vatican a exprimé son « incrédulité » et sa « tristesse », évoquant un « symbole de la chrétienté, en France et dans le monde ».

Le bâtiment est mondialement connu pour son architecture mais aussi grâce au chef-d’œuvre de Victor Hugo, « Notre-Dame de Paris », roman maintes fois adapté au cinéma, notamment par les studios Disney, ou en comédie musicale.

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