L’Iran félicite Boris Johnson, mais prévient : « Nous protègerons le Golfe »
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L’Iran félicite Boris Johnson, mais prévient : « Nous protègerons le Golfe »

"Nous avons 1 500 miles de côte sur le golfe Persique. Ce sont nos eaux et nous les protégerons", a affirmé son ancien collègue à la diplomatie

Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, à Varsovie, en Pologne, le 21 juin 2018. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski)
Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson, à Varsovie, en Pologne, le 21 juin 2018. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski)

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohamad Javad Zarif a félicité mardi Boris Johnson, désigné par les militants du Parti conservateur pour succéder à la Première ministre britannique Theresa May, mais l’a prévenu que l’Iran comptait protéger le Golfe.

« Je félicite mon ancien homologue [Boris Johnson] qui devient » Premier ministre de la Grande-Bretagne, écrit M. Zarif sur Twitter.

« Nous avons 1 500 miles de côte sur le golfe Persique. Ce sont nos eaux et nous les protégerons », ajoute-t-il au moment où les deux pays connaissent une crise en raison de tankers saisis.

Propriété d’un armateur suédois, le pétrolier Stena Impero a été arraisonné vendredi par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, au motif qu’il n’aurait pas respecté le « code maritime international », une version récusée par les Britanniques.

Le navire et ses 23 membres d’équipage sont retenus au large du port de Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran.

Son arraisonnement a eu lieu quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar, territoire britannique situé à l’extrême sud de l’Espagne, de prolonger de 30 jours la détention d’un pétrolier iranien, le Grace 1. Ce tanker, soupçonné de vouloir livrer du brut à la Syrie – ce que Téhéran nie – en violation des sanctions européennes, a été saisi le 4 juillet par les forces britanniques.

« Il ne fait aucun doute que la (réduction) de la taille de la Royal Navy depuis 2005 – passée de 31 frégates et destroyers à 19 aujourd’hui – a eu un impact sur notre capacité à protéger nos intérêts partout dans le monde », a souligné sur la BBC le contre-amiral à la retraite Alex Burton.

Londres a annoncé lundi vouloir mettre en place une mission de protection avec les Européens dans le Golfe, en réponse à l’arraisonnement par l’Iran d’un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz.

« Nous allons désormais chercher à mettre en place une mission de protection maritime dirigée par les Européens pour soutenir un passage sûr à la fois pour les équipages et les cargos dans cette région vitale », a déclaré Jeremy Hunt devant les députés britanniques.

Il a ajouté qu’il voulait que cette mission soit opérationnelle « aussi vite que possible ».

Cette mesure ne fait « pas partie de la politique des États-Unis de pression maximum sur l’Iran parce que nous restons déterminés à préserver l’accord nucléaire iranien », a précisé le ministre.

En annonçant une présence internationale accrue dans le Golfe, Jeremy Hunt a expliqué qu’il avait pris cette décision « le coeur lourd » et que Londres ne « cherche pas la confrontation ».

Jeremy Hunt s’est entretenu dimanche avec ses homologues français et allemand, avec qui il a convenu que « la sécurité du passage des navires dans le détroit d’Ormuz est une priorité absolue pour les pays européens », selon le Foreign Office.

« Nous ne voulons pas d’escalade supplémentaire », a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas.

Il s’agit, a expliqué le ministre, de protéger la « liberté de navigation, en gardant à l’esprit qu’un cinquième du pétrole mondial, un quart de son gaz naturel liquéfié (…) passent par le détroit d’Ormuz chaque année ».

De son côté, le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, a affirmé lundi que la saisie du pétrolier « était une mesure légale » nécessaire pour « assurer la sécurité régionale ».

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