L’OLP se cramponne à ses conditions préalables pour d’éventuelles négociations
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L’OLP se cramponne à ses conditions préalables pour d’éventuelles négociations

Selon un responsable, les Etats-Unis savent que Ramallah ne bougera pas sans gel de la construction dans les implantations et libération de prisonniers

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

John Kerry, secrétaire d'Etat américain (au centre), la négociatrice israélienne Tzipi Livni (à gauche) et le négociateur palestinien Saeb Erekat, à Washington, en juillet 2013. (Crédit : département d'Etat)
John Kerry, secrétaire d'Etat américain (au centre), la négociatrice israélienne Tzipi Livni (à gauche) et le négociateur palestinien Saeb Erekat, à Washington, en juillet 2013. (Crédit : département d'Etat)

Les responsables palestiniens ont rejeté une récente proposition américaine pour un sommet de paix tripartite avec Israël, a déclaré dimanche un responsable palestinien, dans le cadre d’efforts en provenance de Moscou pour accueillir des négociations bilatérales directes entre Israéliens et Palestiniens.

Wasel Abu Yousef, responsable de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine] a déclaré au quotidien jordanien al-Ghad que les Etats-Unis avaient été informés des « positions fermes » de l’OLP sur deux demandes qui devraient être acceptées avant toute rencontre avec les Israéliens : un gel de la construction dans les implantations et la libération de la quatrième tranche de prisonniers promise aux Palestiniens pendant les négociations de 2014.

Un autre responsable de l’OLP proche du département des négociations a déclaré au Times of Israël qu’il n’avait pas entendu parler d’une telle proposition américaine pour un sommet tripartite.

Un responsable du bureau du président de l’Autorité palestinienne (AP) contacté par le Times of Israël a également déclaré ne pas avoir entendu parler de cette proposition.

Manifestation contre la décision d'Israël de libérer des prisonniers palestiniens dans le cadre des négociations menées par les Etats-Unis pendant un discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie organisée au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 5 mai 2015. (Crédit : Emil Salman/Pool/Flash90)
Manifestation contre la décision d’Israël de libérer des prisonniers palestiniens dans le cadre des négociations menées par les Etats-Unis pendant un discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une cérémonie organisée au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 5 mai 2015. (Crédit : Emil Salman/Pool/Flash90)

Le responsable de l’OLP proche du département des négociations, qui a demandé que son nom ne soit pas cité, a déclaré que les Etats-Unis tentaient de trouver un moyen de contourner l’initiative française. Il a ajouté que les demandes palestiniennes pour la reprise des négociations étaient toujours la même : gel des constructions dans les implantations et libération des prisonniers.

Les responsables israéliens ont déclaré qu’ils étaient prêts à négocier, mais ont repoussé les demandes de conditions préalables des Palestiniens.

Les Palestiniens concentrent actuellement leurs efforts sur l’initiative de paix française, une approche régionale pour mettre fin au conflit et créer un calendrier clair pour la mise en place de l’Etat palestinien.

Jérusalem s’oppose au projet de Paris et affirme que seules des négociations bilatérales directes seront efficaces.

Dimanche, le quotidien israélien Haaretz avait annoncé que des discussions sur les négociations de paix avaient eu lieu à Moscou, en citant des responsables palestiniens.

Cependant, Ahmed Majdalani, membre de l’OLP, a déclaré que les demandes palestiniennes restaient les mêmes, indiquant que peu de progrès avaient été faits.

Les négociations de Moscou avaient d’abord été abordées par le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi la semaine dernière, quand il avait déclaré que le président russe Vladimir Poutine était prêt à accueillir les dirigeants israéliens et palestiniens pour des négociations directes.

Le président russe Vladimir Poutine et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pendant leur rencontre au Caire, le 10 février 2015. (Crédit : AFP/Mikhail Klimentyev/Ria Novosti)
Le président russe Vladimir Poutine et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pendant leur rencontre au Caire, le 10 février 2015. (Crédit : AFP/Mikhail Klimentyev/Ria Novosti)

En juillet, il avait été annoncé que l’Egypte elle-même cherchait à accueillir un sommet tripartite au Caire.

Le président de l’AP, Mahmoud Abbas, avait demandé que les Egyptiens forcent Israël à geler les constructions dans les implantations et à libérer les prisonniers avant qu’il ne consente à assister au sommet du Caire. Abbas avait également demandé qu’Israël accepte des négociations sur la base des lignes pré-1967 et promette par anticipation de mettre en place tout accord atteint pendant les négociations.

Le responsable de l’OLP proche du département des négociations a démenti des informations précédentes de la presse israélienne annonçant qu’Abbas avait diminué ses demandes envers Israël concernant le sommet du Caire.

Netanyahu aurait déclaré en juillet à Sameh Choukri, ministre égyptien des Affaires étrangères présent à Jérusalem, qu’il était prêt à rencontrer Abbas au Caire pour des négociations organisées par Sissi. Le bureau du Premier ministre n’avait ni infirmé ni confirmé l’information du média saoudien panarabe Al-Arabiya.

Dans un communiqué, il avait rappelé que, « que le sujet ait été discuté ou pas, Israël a toujours déclaré qu’il était prêt à mener des négociations bilatérales directes sans conditions préliminaires. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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