L’OMS ne recommande pas l’injection de Moderna aux femmes enceintes
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L’OMS ne recommande pas l’injection de Moderna aux femmes enceintes

L'organisme de santé a précédemment donné une recommandation similaire sur le vaccins de Pfizer-BioNTech, une position rejetée par Israël face à un pic dans les cas graves

Une soignante israélienne administre une dose du vaccin de Pfizer-BioNtech à une femme enceinte dans un centre de la Clalit, à Tel Aviv, le 23 janvier 2021. (Crédit : AFP)
Une soignante israélienne administre une dose du vaccin de Pfizer-BioNtech à une femme enceinte dans un centre de la Clalit, à Tel Aviv, le 23 janvier 2021. (Crédit : AFP)

Le Groupe d’experts de l’Organisation mondiale s’est réuni pour discuter plus particulièrement du vaccin développé par Moderna, déjà autorisé par les autorités de régulation sanitaire de plusieurs pays.

L’OMS n’a en revanche pas encore accordé son homologation d’urgence au vaccin Moderna. Mais son évaluation est attendue fin février, selon un tableau en ligne publié par l’organisation.

« Nous travaillons avec Moderna pour aller le plus vite possible », a déclaré la responsable des vaccins à l’OMS, Kate O’Brien, lors d’une conférence de presse annonçant les recommandations de la réunion.

Plus généralement, a-t-elle dit, « nous demandons instamment à tous les fabricants de partager toutes les données ».

Une seringue et un flacon portant le logo de la société de biotechnologie américaine Moderna. (AFP)

Le vaccin Pfizer-BioNTech est pour l’instant le seul à avoir reçu, le 31 décembre, l’homologation en urgence de l’OMS. Selon les experts de l’OMS, le vaccin Moderna est plus facile à stocker, distribuer et administrer que celui développé par Pfizer.

Mme O’Brien a expliqué que les procédures d’homologation et de recommandations d’usage sont effectuées par deux comités d’experts distincts qui travaillent de façon séparée et ne sont pas tenus de publier leurs conclusions en même temps ou dans un certain ordre.

Même s’il est « préférable » que les deux publient leur rapport au même moment, a-t-elle ajouté.

Le Groupe d’experts ne recommande pas que le vaccin soit utilisé chez les femmes enceintes.

Des exceptions sont possibles si les bienfaits de la vaccination l’emportent sur les risques potentiels du vaccin comme par exemple pour les personnes qui souffrent d’autres maladies ou pour le personnel sanitaire à risque élevé d’infection.

Un volontaire reçoit une injection dans la première phase d’essai clinique de sécurité d’un vaccin potentiel par Moderna pour le COVID-19, à l’Institut de recherche Kaiser Permanente Washington Health Research Institute à Seattle, le 16 mars 2020. (AP/Ted S. Warren, File)

Au début du mois, l’OMS a donné des recommandations similaires sur le vaccin Pfizer-BioNTech, évoquant l’insuffisance des données. La grande majorité des vaccinations en Israël se font avec le vaccin Pfizer-BioNTech.

Cependant, le ministère israélien de la Santé a conseillé aux femmes enceintes de se faire vacciner contre le coronavirus après qu’un certain nombre de femmes enceintes sont tombées gravement malades, plusieurs bébés étant nés prématurément par césarienne en raison de risques mettant en danger la vie des mères et des enfants.

Les responsables israéliens ont déclaré que davantage de femmes enceintes étaient infectées par le variant britannique du coronavirus et risquaient davantage de développer des symptômes graves.

Les experts de l’OMS recommandent également que les femmes qui allaitent faisant partie du personnel de
santé se voient proposer la vaccination.

Réduire la dose ?

En attendant, les experts de l’OMS ont recommandé l’administration de deux doses du vaccin Moderna avec un intervalle de 28 jours, mais ont indiqué que cette 2e injection peut « être reportées de 42 jours », en cas de circonstances exceptionnelles, liées à une forte présence de la maladie dans un pays et à une pénurie de vaccins.

Ils ne recommandent en revanche pas de réduire la dose de moitié.

Ils soulignent aussi que la vaccination contre le Covid-19 doit être proposée indépendamment des antécédents d’infection symptomatique ou asymptomatique.

Enfin, soulignant que les données montrent qu’une réinfection symptomatique dans les six mois suivant une première infection est « rare », ils recommandent aux personnes testées positives au moyen d’un test PCR au cours des six mois précédents de retarder la vaccination jusqu’à la fin de cette période tant que les vaccins seront rares.

Concernant les voyages internationaux, ils ont réitéré leur position de janvier, alors que la pression monte pour l’instauration de passeports vaccinaux.

« Dans la période actuelle où l’offre de vaccins est très limitée, la vaccination préférentielle des voyageurs internationaux irait à l’encontre du principe d’équité », a indiqué le Groupe d’experts (SAGE), dans ses recommandations.

« Pour cette raison et en raison de l’absence de preuves quant au fait que la vaccination réduit le risque de transmission, l’OMS ne recommande pas actuellement la vaccination des voyageurs contre la Covid-19 », ajoutent-ils, en indiquant que cette recommandation sera réexaminée à mesure que l’offre de vaccins augmentera.

Et, « nous estimons qu’à moins que le voyage ne soit essentiel, les personnes devraient essayer de rester à la maison », a insisté Alejandro Cravioto, qui présidente le Groupe SAGE.

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