L’ONU avertit des risques d’un « vide » créé par l’annexion en Cisjordanie
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L’ONU avertit des risques d’un « vide » créé par l’annexion en Cisjordanie

Nickolay Mladenov, émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, a dit "travailler très dur" pour permettre une reprise des discussions entre Palestiniens et Israéliens

L'envoyé spécial des Nations unies, Nikolay Mladenov, prend la parole lors d'une manifestation contre l'annexion organisée par le Fatah dans la vallée du Jourdain, le lundi 22 juin 2020. (Capture d'écran/Palestine TV)
L'envoyé spécial des Nations unies, Nikolay Mladenov, prend la parole lors d'une manifestation contre l'annexion organisée par le Fatah dans la vallée du Jourdain, le lundi 22 juin 2020. (Capture d'écran/Palestine TV)

L’annexion par Israël de pans de la Cisjordanie pourrait créer un « vide » que viendraient combler des « radicaux » aux « intentions dévastatrices », a mis en garde jeudi l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov.

« Si les Palestiniens sentent qu’il n’y a pas de perspective pour une résolution pacifique du conflit, cela ne fera que créer des opportunités pour des radicaux, des personnes avec des intentions (…) dévastatrices, pour venir remplir ce vide », a alerté M. Mladenov lors d’une rencontre avec la presse étrangère à Jérusalem.

Ces déclarations interviennent à quelques jours d’une date clé pour le projet israélien d’annexion des implantations et de la vallée du Jourdain en Cisjordanie.

Le gouvernement israélien doit en effet annoncer à partir du 1er juillet sa stratégie pour mettre en place le plan américain pour le Proche-Orient, qui propose cette annexion.

La vallée du Jourdain, le plateau du Golan, les collines de Gilead et le lac de Tibériade sont visibles depuis Mitzpor Eshkol, qui porte le nom de l’ancien Premier ministre israélien Levi Eshkol. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

« Nous avons une longue série d’exemples au Moyen-Orient : quand vous créez un vide, que vous retirez des perspectives politiques, alors très vite, quelqu’un vient remplir ce vide avec des intentions néfastes et plus destructrices », a affirmé M. Mladenov.

« Personne ne veut d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient et certainement pas d’une (guerre) qui a le potentiel de s’étendre au-delà de ses frontières », a ajouté le responsable.

Celui-ci a dit « travailler très dur » pour permettre une reprise des discussions entre Palestiniens et Israéliens.

« Nous avons largement consulté, et nous continuons de consulter largement, les pays arabes, qui dans le futur joueront peut-être un rôle beaucoup plus important que par le passé dans ces discussions », a-t-il déclaré.

Historiquement, les pays arabes – hormis l’Egypte et la Jordanie liés à Israël par des accords de paix – ont fait du règlement du conflit israélo-palestinien la condition de la normalisation de leurs relations avec Israël.

Mais au cours des dernières années, les autorités israéliennes ont développé des relations officieuses avec des pays du Golfe, dont les Emirats arabes unis.

L’ambassadeur des Emirats arabes unis aux Etats-Unis a récemment estimé, dans une tribune publiée dans le Yediot Aharonot, journal israélien, qu’une annexion par Israël de pans de la Cisjordanie entraverait une « normalisation » des relations avec l’Etat hébreu.

« J’essaye de réinstaller un dialogue (…) et j’ai peur que sans dialogue, sans donner une chance à la diplomatie, nous serons, dans les semaines et les mois à venir, dans une situation beaucoup plus compliquée qu’aujourd’hui », a encore mis en garde M. Mladenov.

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