L’ONU soutient la déclaration conjointe des rivaux libyens
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L’ONU soutient la déclaration conjointe des rivaux libyens

La Libye, où des autorités rivales et de nombreuses milices se disputent le pouvoir, a sombré dans le chaos après la chute du dictateur Kadhafi

Les services de sécurité et d'urgence de la Libye entoure l'hôtel Corinthia de Tripoli (à droite), attaqué par des combattants de l'Etat islamique, le 27 janvier 2015. (Crédit : AFP/Mahmud Turkia)
Les services de sécurité et d'urgence de la Libye entoure l'hôtel Corinthia de Tripoli (à droite), attaqué par des combattants de l'Etat islamique, le 27 janvier 2015. (Crédit : AFP/Mahmud Turkia)

Le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé jeudi la déclaration conjointe adoptée mardi en France par les deux principaux rivaux libyens pour sortir leur pays du chaos après six ans de conflits internes.

Le civil Fayez al-Sarraj, soutenu par les Nations unies, et le militaire Khalifa Haftar ont appelé mardi en région parisienne à un cessez-le-feu et à l’organisation rapide d’élections, à l’initiative du président français Emmanuel Macron.

Les membres de Conseil de sécurité, dont la Russie et l’Egypte (soutiens de Haftar), ont salué dans un communiqué le geste des deux rivaux, et leur déclaration conjointe.

« Les membres du Conseil poussent tous les Libyens à soutenir une solution négociée, une réconciliation nationale, et un cessez-le-feu immédiat, comme l’appelle la déclaration », explique le communiqué de l’ONU.

La Libye en proie au chaos depuis la chute de Kadhafi

La Libye, où des autorités rivales et de nombreuses milices se disputent le pouvoir, a sombré dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011.

Kadhafi tué

En février 2011, dans le sillage du Printemps arabe, une contestation contre le régime de Kadhafi, violemment réprimée, débute à Benghazi, dans l’Est, avant de s’étendre. En mars, une coalition menée par Washington, Paris et Londres, lance une offensive après un feu vert de l’ONU. Fin mars, l’Otan prend les commandes des opérations aériennes.

Le 20 octobre, Kadhafi, en fuite depuis la prise de son QG à Tripoli par les rebelles en août, est tué dans le dernier assaut contre sa région d’origine, Syrte, à l’est de Tripoli.

Le 23 octobre, le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, proclame la « libération totale » du pays.

Le 8 août 2012, le CNT remet les pouvoirs à une Assemblée nationale, le Congrès général national (CGN).

Montée en puissance de groupes radicaux

Le 11 septembre 2012, quatre Américains, dont l’ambassadeur Christopher Stevens, sont tués dans une attaque contre leur consulat à Benghazi. Le groupe jihadiste Ansar Asharia, lié à Al-Qaïda, est accusé par Washington d’être derrrière l’attaque.

Le 23 avril 2013, un attentat à la voiture piégée vise l’ambassade de France à Tripoli, blessant deux gardes français.

La capitale est le théâtre de plusieurs attaques contre des représentations diplomatiques et des diplomates, et la plupart des ambassades étrangères ferment.

En juillet, les ports pétroliers de l’Est sont bloqués par des gardes partisans de l’autonomie, empêchant l’exportation de brut. Le blocage dure un an.

Deux autorités rivales

Le 16 mai 2014, le général Khalifa Haftar lance une opération baptisée « Dignité » contre les groupes islamistes à Benghazi, affirmant vouloir « éradiquer le terrorisme ». Plusieurs officiers de la région orientale, y compris de l’armée de l’air, rallient sa force paramilitaire, autoproclamée Armée nationale libyenne.

Fin août, après des semaines de combats meurtriers, Fajr Libya, une coalition hétéroclite de milices islamistes, s’empare de Tripoli.

Le gouvernement et le nouveau Parlement élu en juin et dominé par les anti-islamistes, s’exilent dans l’Est.

Le 12 mars 2016, trois mois après la signature d’un accord sous l’égide de l’ONU, un gouvernement d’union nationale (GNA) soutenu par la communauté internationale est proclamé. Son chef Fayez al-Sarraj arrive fin mars à Tripoli. Mais dans l’Est, le cabinet parallèle, soutenu par le général Haftar, et le Parlement lui restent opposés.

Djihadistes chassés de Syrte et de Benghazi

Le 17 décembre 2016, Fayez al-Sarraj annonce la libération de Syrte, ancien fief libyen du groupe Etat islamique (EI), tout en affirmant que la guerre contre le terrorisme en Libye n’est « pas finie ».

L’EI, qui s’était emparé de Syrte en juin 2015 en profitant de l’absence d’Etat, a mené de nombreux attentats suicide meurtriers dans le pays.

Le 5 juillet 2017, Khalifa Haftar, promu un an auparavant maréchal, annonce la « libération totale » de Benghazi des djihadistes, après plus de trois ans de combats.

Le maréchal, soutenu par l’Egypte voisine ainsi que par les Emirats arabes unis, s’était rapproché de la Russie début 2017.

Rencontres Sarraj/Haftar

Début mai 2017, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar conviennent lors d’une rencontre à Abou Dhabi d’œuvrer à un règlement de la crise, mais sans annoncer de mesures concrètes.

Le 25 juillet, ils se mettent d’accord sur des élections « au printemps », au cours d’une rencontre près de Paris, selon le président français Emmanuel Macron, qui salue leur « courage historique ».

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