L’UNESCO invite Israël à reconsidérer sa décision de partir
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L’UNESCO invite Israël à reconsidérer sa décision de partir

Audrey Azoulay a invité Netanyahu à se rencontrer le mois prochain à New York pour discuter d’un possible délai du retrait de l’institution de Jérusalem

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ancienne ministre de la Culture française et nouvelle directrice de l'UNESCO, Audrey Azoulay, a prononcé une conférence de presse à la suite de son élection le 13 octobre 2017 au siège de l'UNESCO à Paris. (Crédit : AFP / Thomas Samson)
L'ancienne ministre de la Culture française et nouvelle directrice de l'UNESCO, Audrey Azoulay, a prononcé une conférence de presse à la suite de son élection le 13 octobre 2017 au siège de l'UNESCO à Paris. (Crédit : AFP / Thomas Samson)

Audrey Azoulay, la chef de l’UNESCO, a invité le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la rencontrer le mois prochain pour discuter d’un possible délai ou même d’une reconsidération du retrait prévu par Israël de l’organisation internationale, accusée par Jésuralem d’avoir un parti-pris anti-israélien, a déclaré mercredi un diplomate israélien.

Shama-Hacohen, l’ambassadeur d’Israël à l’UNESCO, a déclaré au Times of Israël que « la nouvelle directrice générale de l’UNESCO, pour des raisons évidentes, a exprimé un grand intérêt à rencontrer le Premier ministre, pour essayer de lui présenter des idées afin de rétablir les relations entre l’UNESCO et Israël vers une démarche professionnelle ».

Au début de l’année, Israël et les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient quitter l’organisation à la fin 2018, citant entre autres raisons les préjugés anti-Israël dans l’organisation.

Netanyahu a appelé Azoulay il y a environ trois semaines pour la remercier de ses efforts pour mettre un terme à ce qu’il a qualifié de discrimination contre Israël au sein de l’agence, a annoncé la Dixième chaîne mercredi, citant un haut responsable israélien.

L’officiel aurait déclaré que l’une des idées étudiées à Jérusalem n’était pas d’annuler le retrait, mais plutôt de le retarder de quelques mois pour vérifier si des changements avaient bien lieu dans l’organisation.

Netanyahu a salué Azoulay après qu’aucune résolution anti-Israël n’a été votée à l’UNESCO pendant presque un an, selon le reportage. Shama-Hacohen a également déclaré que Jérusalem reconnaissait les efforts d’Azoulay à cet égard.

« Bien sûr, nous nous félicitons de tout effort constructif dans nos relations étrangères, a déclaré Shama-Hacohen. Mais la question est compliquée ».

Les Etats-Unis sont bien décidés à quitter l’UNESCO à la fin de cette année, ce qui complique une possible décision d’Israël de rester, a ajouté l’ambassadeur. Cela « semblerait peu naturel » pour Israël de changer sa décision de se retirer de l’institution alors que les Etats-Unis vont effectivement la quitter, a-t-il expliqué.

Azoulay a invité Netanyahu à participer à une convention sur l’antisémitisme qui aura lieu à New York le 26 septembre, un jour après le début de l’Assemblée Générale des Nations unies ne commence sa session annuelle.

Elle aurait dit au Premier ministre qu’elle faisait d’importants efforts pour changer le traitement à l’égard d’Israël à l’UNESCO. Elle a ajouté qu’elle aimerait bien le rencontrer en marge de la session des Nations unies pour discuter d’un possible déplacement de la sortie d’Israël de l’institution.

Aucune date n’a encore été fixée pour une rencontre de ce type, précisait le reportage. Des sources proches du Premier ministre ont dit que la rencontre n’avait pas été finalisée, et qu’il n’était pas clair quant à savoir si Netanyahu participerait à un événement sur l’antisémitisme.

Alors qu’il était encore impossible il y a quelques mois de dissuader Israël de quitter l’organisation, ce n’est maintenant plus le cas, même s’il est toujours très peu probable qu’Israël puisse rester, a souligné l’ambassadeur israélien.

L’envoyé israélien à l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, tente de livrer des documents officiels annonçant le retrait israélien de l’organisation culturelle, le 28 décembre 2017 (Autorisation)

« Dans tous les cas, Israël n’envisagera pas de rester à moins qu’il n’y ait des changements significatifs à l’UNESCO qui conduiraient l’organisation à se focaliser sur la mission originale, à savoir de s’occuper de la culture, de la science, de l’éducation, plutôt que de mener des attaques terroristes diplomatiques contre Israël ».

En juin, Shama-Hacohen a suggéré une possible reconsidération du retrait prévu d’Israël de l’organisation mondiale de la culture, mentionnant un « nouvel état d’esprit » au sein de l’organisation après que deux résolutions critiques de l’état juif, concernant les Vieilles Villes de Jérusalem et de Hébron, ont été repoussées d’un an au Comité de l’Héritage Mondial de l’agence.

« J’étais le premier à recommander de quitter l’organisation après que les Etats-Unis ont annoncé leur retrait, mais maintenant Israël ne doit pas ignorer le nouvel état d’esprit que l’on observe à l’UNESCO. Nous devons réévaluer, en coordination totale avec les Etats-Unis, la question de notre départ », a-t-il déclaré.

En avril, le Comité exécutif de l’UNESCO a accepté de repousser d’au moins six mois le vote de deux résolutions, l’une sur Gaza et l’autre sur Jérusalem, qu’Israël considérait comme très « extrémistes ».

A la suite des négociations par la délégation israélienne et les nations arabes qui ont soutenu la résolution, le comité exécutif a voté à l’unanimité pour décaler une décision sur les deux résolutions jusqu’à la prochaine session qui se tiendra en octobre.

L’UNESCO est surtout connu pour son programme de l’Héritage Mondial qui vise à protéger des sites et des traditions, mais aussi à lutter contre l’extrémisme violent, à améliorer l’éducation des filles, à promouvoir la compréhension de la Shoah, à défendre les libertés médiatiques et à encourager la connaissance sur le changement climatique.

Pourtant, au cours des dernières années, Israël a été visé par des résolutions qui ignorent ou minimisent son lien historique avec la Terre sainte. Certaines résolutions ont défini d’anciens sites juifs comme des sites d’héritage palestinien.

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