Macron juge « indispensable » la « structuration de l’islam en France »
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Macron juge « indispensable » la « structuration de l’islam en France »

Le président français considère que c'est une "erreur funeste" de vouloir "en parlant de la laïcité, parler du seul sujet de l'islam"

Le président français Emmanuel Macron adresse ses voeux pour la nouvelle année à la presse à l'Elysée à Paris, le 3 janvier 2018 (Crédit : AFP / POOL / LUDOVIC MARIN)
Le président français Emmanuel Macron adresse ses voeux pour la nouvelle année à la presse à l'Elysée à Paris, le 3 janvier 2018 (Crédit : AFP / POOL / LUDOVIC MARIN)

Le président Emmanuel Macron a jugé jeudi « indispensable » de mener « un travail sur la structuration de l’islam en France », afin qu’il ne tombe pas dans la « crise » qu’il vit au plan international, lors de ses voeux aux autorités religieuses.

Le chef de l’Etat, qui recevait à l’Elysée des représentants des six principaux cultes présents en France (catholique, protestant, orthodoxe, musulman, juif et bouddhiste), a réaffirmé qu’il tiendrait au cours de son mandat un discours « dépassionné » sur la laïcité.

« Mon vœu pour 2018 est que la France devienne avec vous ce modèle de laïcité sachant écouter les voix du pays dans leur diversité, capable de construire sur cette diversité une grande nation réconciliée et ouverte sur l’avenir », leur a-t-il lancé.

Le président de la République a vu une « erreur funeste » dans le fait de vouloir, « en parlant de la laïcité, parler du seul sujet de l’islam ». Mais il a plaidé, à l’adresse des représentants musulmans, pour « un travail sur la structuration de l’islam en France, qui est la condition même pour que vous ne tombiez pas dans les rets des divisions de votre propre religion et de la crise qu’elle est en train de vivre sur le plan international ».

Ce travail « moral, philosophique » mais aussi « d’organisation » est « indispensable et je vous y aiderai », a-t-il enchaîné.

Évoquant les sujets sensibles, le président a redit qu’il attendait que les responsables religieux prennent « toute (leur) part » au « vrai débat philosophique » qui va s’engager avant de légiférer sur les dossiers bioéthiques, dont l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes.

Alors que des ONG chrétiennes ont émis de vives critiques à l’encontre de la politique migratoire du gouvernement, Emmanuel Macron a défendu la nécessité de « choisir le moindre mal » dans l’accueil des migrants, « et le moindre mal c’est aussi parfois de savoir dire qu’on ne peut prendre toute la part qu’on voudrait prendre, parce qu’on ne le peut pas ».

Lors de ces voeux, chaque culte était représenté par deux personnes – Ahmet Ogras et Anouar Kbibech au nom du Conseil français du culte musulman (CFCM) -, voire une seule.

Le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s’était ému de ne pas avoir été invité, claquant la porte du CFCM par mesure de rétorsion. Emmanuel Macron n’en a pas fait mention dans son discours.

Dalil Boubakeur, président du Conseil du culte musulman de France, lors de l’investiture de François Hollande, en mai 2012. (Crédit : Cyclotron/Wikimédia Creative Commons)
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