Malgré les tentatives de censure de Téhéran, des vidéos commencent à émerger
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Malgré les tentatives de censure de Téhéran, des vidéos commencent à émerger

Les clips montrent des manifestations pacifiques et des violences policières, des manifestants brûlant des véhicules de police et déchirant des portraits de dirigeants

Des étudiants iraniens protestent à l'université de Téhéran lors d'une manifestation contre les problèmes économiques, le 30 décembre 2017 (AFP PHOTO / STR)
Des étudiants iraniens protestent à l'université de Téhéran lors d'une manifestation contre les problèmes économiques, le 30 décembre 2017 (AFP PHOTO / STR)

Outrepassant les tentatives du régime destinées à bloquer les réseaux sociaux suite aux grandes manifestations démarrées depuis jeudi, les activistes iraniens ont inondé Twitter et d’autres sites avec des clips vidéo de manifestations de masse et d’actes de défiance individuels.

Les manifestations, déclenchées par les mesures d’austérité du président Hassan Rouhani et alimentées par la mort par balle de deux manifestants dimanche soir dans la petite ville d’Izeh dans le sud-ouest de l’Iran, se sont transformées en une opposition aux symboles du régime.

Des vidéos ont montré des manifestants déchirant des affiches de Rouhani et même de l’ayatollah Ruhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique, ainsi que des véhicules de police renversés et incendiés.

A Téhéran, des manifestants ont arrêté un véhicule des Gardiens de la révolution transportant des manifestants arrêtés. Le cameraman peut être entendu criant : « Renversez-le ! »

A Ispahan, dans le centre de l’Iran, des manifestants ont attaqué et incendié des véhicules appartenant à des membres des Basij après que ceux-ci ont ouvert le feu. Le Basij fait partie du corps des Gardiens de la révolution islamique.

A Ahwaz, dans le sud-ouest de l’Iran, les manifestants ont réagi face aux policiers anti-émeute en leur lançant des pierres.

A Pardis, dans l’est de la province de Téhéran, on pouvait voir des manifestants déchirer une affiche de l’ayatollah Ali Khamenei, chef suprême du régime islamique.

Dans un autre endroit non identifiable, une affiche de l’ayatollah Khomeini a été vue en feu à même le sol.

A Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran, la police anti-émeute a été vue donnant des coups de pied aux manifestants et les battant avec des matraques en bois.

Les femmes ont également joué un rôle actif dans les manifestations.

Dans une image qui pourrait bien symboliser cette effusion de frustration à travers le pays, on peut voir une jeune femme enlever son hijab et le transformer en drapeau, afin de protester contre le code vestimentaire islamique imposé aux femmes depuis la révolution de 1979.

De façon plus discrète, une fille kurde de la ville iranienne kurde d’Ilam a été filmée taguant « Mort au dictateur » sur un mur alors que l’homme qui capturait la scène la pressait de se dépêcher.

Ailleurs, une manifestante a pu être vue en train de pleurer : « Nous avons tout dans ce pays, pourtant les femmes sont obligées de vendre leurs corps et leurs âmes ! »

Les manifestations semblent s’être étendues comme une traînée de poudre, touchant des villes de toutes tailles, parmi lesquelles Aligudarz, située à 503 kilomètres de Téhéran, dans le nord-est du pays.

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