Mandelblit s’oppose aux caméras dans les bureaux de vote, Netanyahu les imposera
Rechercher

Mandelblit s’oppose aux caméras dans les bureaux de vote, Netanyahu les imposera

Le Likud proteste contre la position du procureur général, affirme que le projet de loi vise à prévenir la fraude électorale

A titre d'illustration : Une Israélienne d'origine arabe vote à un bureau de vote aux élections municipales du 30 octobre 2018 à Kfar Qasim. (Roy Alima/Flash90)
A titre d'illustration : Une Israélienne d'origine arabe vote à un bureau de vote aux élections municipales du 30 octobre 2018 à Kfar Qasim. (Roy Alima/Flash90)

Un projet de loi visant à autoriser l’utilisation de caméras dans les bureaux de vote semble contrevenir à la loi, a annoncé mercredi le procureur général Avichai Mandelblit, suscitant une vive réaction du Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a promis de faire tout de même avancer le projet de loi.

Le projet de loi, dont les partisans affirment qu’il vise à prévenir la fraude électorale, a été rédigé par les ministres de la Justice Amir Ohana et de l’Intérieur Aryeh Deri. Le Likud cherche à faire adopter le projet de loi par le Parlement avant les élections, qui sont dans 13 jours.

Il permettrait aux représentants des partis politiques d’apporter des caméras dans les bureaux de vote pour étayer les soupçons de falsification des bulletins de vote et bénéficie du ferme appui du Premier ministre.

M. Mandelblit a déclaré que le projet de loi porterait atteinte « à la fois au libre exercice du droit démocratique fondamental de voter et à l’obligation constitutionnelle de tenir des élections libres, secrètes et équitables d’une manière appropriée et raisonnable » et qu’il y avait « un obstacle juridique » à son adoption.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le secrétaire du Cabinet de l’époque Avichai Mandelblit lors de la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre, à Jérusalem, le 2 février 2014. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le projet de loi a été présenté après que la commission centrale électorale a interdit, à la fin du mois dernier, aux partis politiques d’équiper les représentants des bureaux de vote de caméras lors des prochaines élections.

Le chef de la commission centrale électorale s’est également prononcé contre le projet de loi, affirmant que l’adoption du projet de loi en moins de deux semaines et sa mise en œuvre immédiate entraîneraient le chaos le jour du scrutin. Le juge de la Cour suprême Hanan Melcer a exposé ses objections dans une lettre à Mandelblit, selon la Douzième chaîne.

« J’aimerais souligner que nous sommes d’avis que ce projet de loi ne peut être présenté pour l’instant », a écrit Melcer, citant les difficultés qu’il poserait à la commission centrale électorale pour superviser le vote national et l’inconstitutionnalité qui en découlerait.

Lors des élections du 9 avril, le Likud a équipé quelque 1 200 agents électoraux travaillant dans les bureaux de vote des centres de population arabe de caméras cachées pour empêcher ce que le parti prétend être une fraude endémique dans la communauté.

Les critiques ont affirmé que les efforts du Likud étaient une forme d’intimidation des électeurs visant à empêcher la minorité non-juive d’aller voter, une affirmation apparemment corroborée par la société engagée par le Likud pour mener l’opération.

Le dirigeant d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré mercredi qu’il voulait que des caméras de surveillance soient installées dans tous les bureaux de vote arabes et ultra-orthodoxes lors des prochaines élections du 17 septembre, car il ne fait confiance à aucun des groupes minoritaires pour compter honnêtement les votes.

« Je n’ai pas confiance dans le décompte des voix parmi les ultra-orthodoxes et les Arabes », a déclaré M. Liberman à la Treizième chaîne d’information. « Nous devons installer des caméras, en ce qui me concerne dans tout le pays », a-t-il dit, et pas seulement dans les bureaux de vote arabes et ultra-orthodoxes.

Netanyahu n’a pas tardé à exprimer sa désapprobation à l’égard de l’avis juridique de Mandelblit, en publiant une vidéo en ligne dans laquelle il promettait qu’il ne serait pas découragé et continuera à promouvoir ce projet de loi.

Un présentoir de bulletins de vote se trouve devant un isoloir à l’occasion des élections législatives israéliennes du 9 avril 2019. (Hadas Parush/Flash90)

« C’est la seule façon pour empêcher la fraude électorale », a-t-il dit.

« Nous avons été stupéfaits de la position du procureur général contre le projet de loi visant à permettre l’installation de caméras dans les bureaux de vote d’une manière qui empêcherait certainement la fraude électorale », a déclaré le parti Likud dans un communiqué.

« Le système juridique est censé protéger les électeurs contre la fraude électorale de toutes les façons possibles, mais il fait exactement le contraire pour des raisons qui demeurent obscures. De plus, le projet de loi sur l’installation de caméras indique clairement qu’il n’y aurait pas d’enregistrement derrière l’isoloir et que la confidentialité du vote resterait assurée. »

Qualifiant l’opinion de Mandelblit d’ “alarmiste”, le communiqué indiquait que le ministre de la Justice Ohana « poursuivrait le processus législatif et porterait la proposition devant le gouvernement ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...