Manifestation pour Aaron Azoulay ce dimanche à 9h à Jérusalem
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Manifestation pour Aaron Azoulay ce dimanche à 9h à Jérusalem

Le rassemblement aura lieu devant le tribunal de Première instance pour réclamer justice dans l’affaire du bébé franco-israélien rendu aveugle par sa nounou

Manifestation pour Aaron Azoulay dimanche 20 décembre à 9h, devant le tribunal de Première instance de Jérusalem.
Manifestation pour Aaron Azoulay dimanche 20 décembre à 9h, devant le tribunal de Première instance de Jérusalem.

Le tribunal de Première instance de Jérusalem doit rendre son verdict ce dimanche 20 décembre dans l’affaire opposant une jeune famille franco-israélienne à une baby-sitter de Jérusalem. Celle-ci est accusée d’avoir rendu aveugle et handicapé un bébé de 6 mois après des maltraitances (syndrome du bébé secoué).

À cette occasion, une manifestation sera organisée devant le tribunal (40 rue Salah e-Din) à 9h, à l’initiative des parents, Rivkah et Raphael Azoulay, jeunes olim de France, qui se battent depuis trois ans pour obtenir justice.

L’évènement, autorisé par la police israélienne, se tiendra dans le respect des règles sanitaires en vigueur. Une page Facebook a été créée.

L’histoire débute à Jérusalem, le 3 mai 2017. Elle est celle « d’un combat constant, avec beaucoup de larmes, de prières, beaucoup de joie mais aussi de tristesse », écrivent Rivkah et Raphael Azoulay.

À l’époque, pour le troisième jour consécutif, ils emmenaient leur fils, Aaron, chez sa baby-sitter, Ita Rabinovitch, qui leur avait été conseillée par la municipalité de Jérusalem – de façon illégale, d’autant plus qu’il s’avérera que l’activité de la femme n’était ni déclarée ni assurée.

Au même moment, les jeunes parents d’Aaron, heureux d’avoir réalisé leur alyah l’été précédent, démarraient leur cursus dans un oulpan.

Rivkah et Raphael expliquent alors avoir reçu en plein cours un appel de détresse de leur baby-sitter, femme du fondateur d’une synagogue du courant extrémiste de la secte des Neturei Karta.

Cette dernière leur demandait de venir d’urgence, leur enfant ne respirant plus, avant de raccrocher et de ne plus répondre.

Aaron Azoulay. (Crédit : Autorisation)

« C’est le début de la fin », explique Rivkah. « Enceinte d’à peine quelques semaines, je me mets à hurler dans les rues de Jérusalem. En arrivant après de longues minutes qui m’ont paru des heures chez la metapelet [baby-sitter], je vois le pyjama de mon fils par terre, découpé, avec sa tétine et son doudou, et je panique. »

Alors que l’enfant a été conduit en urgence à l’hôpital de Shaare Zedek, Ita Rabinovitch, paniquée, se mure dans le silence.

Arrivé à l’hôpital, le couple retrouve son enfant entouré de médecins, « nu et branché, avec des bleus sur la tête, profondément endormi ». Les mots « hémorragie », « opération », « coma », « syndrome du bébé secoué », « liaisons irréversibles » sont entendus.

Transféré au centre médical Hadassah, les médecins songent à l’opérer avant de faire marche arrière : le cœur du bébé ne tiendrait pas le coup.

Si Aaron finit par se réveiller, un IRM révèle que l’enfant est toujours à deux doigts de la mort, que l’hémorragie dans son cerveau n’a pu être résorbée.

Les parents se plaignent de mauvais soins hospitaliers, qui n’ont fait qu’aggraver la situation de leur enfant. Après deux opérations d’urgence et l’avis d’un spécialiste américain, qui a redirigé l’enfant vers un collègue de Tel Aviv, Aaron s’en sort finalement, mais les liaisons sont gravissimes : il restera aveugle et gravement handicapé.

Comment résumé ces derniers trois ans et demi. Un combat constant, beaucoup de larmes, de prières, beaucoup de joie…

Posted by Rivkah Azoulay Yerushalmi on Sunday, December 6, 2020

À une mauvaise gestion médicale du dossier de l’enfant vient s’ajouter une mauvaise gestion judiciaire.

« Sur le volet pénal, on ne s’est jamais trop attardés », reconnait Rivkah. « Qui franchement aurait donné de l’importance à ça, quand notre bébé se bat pour sa vie ? On a fait confiance à la justice, coopéré avec la police, donné tout ce qu’on avait. On a toujours répondu présents. On a été présents à chaque jugement de ce monstre. Et vous pouvez le croire, ça a été une souffrance à chaque fois. Respirer l’air dans la même pièce. La voir. Se dire que toute cette douleur a débuté entre ses mains a été insoutenable. Elle a un avocat elle, un bon disent tous. Puis deux, puis trois. Nous, on fait confiance au procureur (qui est muté, un autre prend le dossier trop tard, ça ne touche personne). Ils disent qu’il y a des ‘doutes’, que c’est ‘complexe’. Ils vont jusqu’à vouloir tout fermer. »

Rivkah et Raphael Azoulay le jour de leur alyah, en août 2016. (Crédit : Autorisation)

Grâce aux dons de leurs proches, le couple parvient lui aussi à employer un bon avocat. Celui-ci, appelé tardivement dans la procédure – les parents expliquent avoir jusqu’alors fait confiance à la justice –, ne parvient qu’à obtenir un arrangement, qui condamnerait Ita Rabinovitch à une peine de 6 mois de travaux d’intérêts généraux et à 5 000 shekels d’amende. Une peine minime que refusent d’accepter les Azoulay, qui ne pourraient pas faire appel dans le cadre de cet « arrangement », conséquence des « doutes » émis par la justice et grâce aux efforts de la bonne défense de l’accusée. « Une honte face à notre douleur. On espère que le juge prendra les devants et comprendra à quel point cette ‘punition’ est honteuse », dit Rivkah.

« Des erreurs médicales, des erreurs juridiques, des séquelles sur toute une famille. Des larmes de sang, des cœurs brisés. On est censés accepter ? Jusqu’à quand ? On se battra jusqu’au bout. La loi doit changer, le monde doit changer. Du haut de notre vingtaine, on se battra. Pour que plus personne ne pleure son fils comme nous on a pleuré le nôtre. Pour que la justice soit faite. Pour que les choses bougent. »

Pratiquants, ils appellent également à adresser un maximum de prières pour le rétablissement de leur fils, Haïm Aaron Lev Ben Rivkah, désormais âgé de 4 ans.

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