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Massacre à la Synagogue : Plus de 50 incidents antisémites en 2018 à Pittsburgh

Un ancien responsable de la sécurité du FBI avait dit au Jewish Chronicle, le mois dernier, qu'il "y a des groupes ici" qui veulent "du mal à la communauté juive"

La police présente à la synagogue Tree of Life sur Wildins Avenue, dans le quartier de Squirrel Hill à Pittsburgh, dans l'État de Pennsylvanie, le samedi 27 octobre 2018. (Crédit : Pam Panchak / Journal postal de Pittsburgh via AP)
La police présente à la synagogue Tree of Life sur Wildins Avenue, dans le quartier de Squirrel Hill à Pittsburgh, dans l'État de Pennsylvanie, le samedi 27 octobre 2018. (Crédit : Pam Panchak / Journal postal de Pittsburgh via AP)

La brutale fusillade survenue dans une synagogue de Pittsburgh samedi n’est pas sortie de nulle part. Du mois de janvier au mois de septembre 2018, plus de 50 incidents antisémites avaient été enregistrés à Pittsburgh, selon un reportage paru récemment dans l’édition de la ville du Jewish Chronicle.

Selon l’article, le plus grand nombre d’incidents était survenu dans le quartier Squirrel Hill, où vivent de nombreux Juifs – qui accueille également la synagogue conservatrice Tree of Life, là où a eu lieu l’attentat qui a coûté la vie à onze personnes – ainsi que dans le quartier Shadyside adjacent.

Depuis le mois de janvier, des prospectus avaient mis en circulation dans toute la municipalité par les groupes Patriot Front et Identity Evropa.

Le tireur présumé Robert Bowers, un homme de 46 ans, est un suprématiste blanc présumé qui a publié des déclarations antisémites virulentes sur Gab, un réseau social de l’alt-right similaire à Twitter.

Robert Bowers. (Crédit ; Pennsylvania DOT)

L’ancien agent du FBI Brad Orsini, directeur de la sécurité juive de la fédération du grand Pittsburgh, avait déclaré au journal juif, à la fin du mois de septembre, que les incidents étaient allés de graffitis au harcèlement en ligne à deux agressions physiques potentiellement antisémites.

Orsini, que le Times of Israel a tenté de joindre samedi en vain, a été embauché il y a deux ans par la fédération juive. Il avait indiqué au journal qu’il était chargé de traquer les menaces sur Internet avec le Law Enforcement Enterprise Portal, qu’il avait qualifié de « centre de commandement virtuel dirigé par le FBI ».

Selon l’audit sur les incidents antisémites de l’ADL (Anti-Defamation League), l’année 2017 avait été marquée par une hausse nette des incidents liés aux suprématistes blancs, avec notamment le rassemblement organisé par ces derniers à Charlottesville, en Virginie. Les groupes Patriot Front et Identity Evropa, auxquels ont été attribués les prospectus suprématistes blancs découverts à Pittsburgh, avaient participé à la marche de Charlottesville.

L’audit de l’ADL a révélé qu’il y avait eu 1 986 incidents antisémites rapportés en 2017 contre 1 267 en 2016.

« Ce nombre total de 1 986 incidents peut être sous-divisé en trois catégories majeures : (1) harcèlement (lorsqu’une personne juive ou un groupe d’individus se sentent harcelés par des propos antisémites perçues, écrits ou oraux, ou par les actions d’un tiers); (2) le vandalisme (lorsque des biens sont endommagés d’une manière telle qu’elle victimise les Juifs en raison de leur affiliation religieuse) et (3) l’agression (lorsque les corps sont cibles de violences, accompagnées par des expressions d’hostilité antisémite) », a établi le rapport.

Orsini avait expliqué au Jewish Chronicle au mois de septembre que lui et son équipe « procèdent à l’évaluation des menaces pour déterminer leur degré de réalisation… Nous déterminons si l’individu qui menace a les moyens et les mobiles nécessaires pour passer à exécution ».

Au mois de septembre également, Orsini avait estimé que si les Juifs de Pittsburgh n’étaient pas plus en péril que d’autres communautés, « il est important de réaliser qu’il y a des groupes ici qui voudraient faire du mal à la communauté juive… Il y a des inquiétudes que je nourris ».

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