Membre du Hamas assassiné en Malaisie : diffusion de 2 portraits-robot
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Membre du Hamas assassiné en Malaisie : diffusion de 2 portraits-robot

Les hommes décrits seraient de type moyen-oriental ou caucasien, à la carrure imposante : les autorités affirment que la famille de Fad al-Batsh n'avait pas fait l'objet de menaces

Les portraits-robots diffusés par la Royal Malaysia Police dans l'affaire de l'assassinat d'un membre du Hamas, à Kuala Lumpur, Malaysia, le 23 avril 2018. (Crédit : Royal Malaysia Police)
Les portraits-robots diffusés par la Royal Malaysia Police dans l'affaire de l'assassinat d'un membre du Hamas, à Kuala Lumpur, Malaysia, le 23 avril 2018. (Crédit : Royal Malaysia Police)

La police malaisienne a diffusé lundi les portraits-robots des deux hommes soupçonnés d’avoir assassiné un scientifique palestinien et membre du Hamas à Kuala Lumpur et qu’elle recherche activement, identifié comme étant Fadi Mohammad el-Batch, 35 ans.

Le vice-Premier ministre malaisien, Ahmad Zahid Hamidi, avait indiqué le weekend dernier que les suspects étaient probablement des Européens liés à des services de renseignement étrangers.

La victime était « un ingénieur électricien et un expert dans la fabrication de roquettes », avait affirmé pour sa part le ministre malaisien de l’Intérieur Ahmad Zahid Hamidi, cité par l’agence de presse officielle Bernama.

La police malaisienne a diffusé les portraits-robots de deux suspects qui ont été vus en train d’attendre dans le quartier où vivait le Palestinien peu avant le crime.

Le chef de la police de Kuala Lumur, Mazlan Lazim, a déclaré à l’AFP que ses services recherchaient activement les deux suspects.

« Tous les points de sortie (du pays) ont été placés en alerte et les personnels ont eu pour instruction d’arrêter les suspects », a-t-il dit.

L’inspecteur général de la police royale malaisienne Tan Sri Mohammad Fuzi Harun a déclaré dimanche que les suspects sont deux hommes à la peau claire portant une petite barbe, dont l’un portait des lunettes et un casque noir et blanc, mesurant 1m80, à la carrure imposante, et seraient de type caucasien ou moyen-oriental.

Harun a indiqué que les portraits-robot ont été dressés sur la base des descriptions des témoins occulaires.

Les suspects conduisaient des motos de marque BMW et Kawasaki, et leur présence dans le pays n’est pas certaine.

Harun a ajouté que 14 balles ont été retrouvées sur le corps après l’autopsie, et qu’elles ont été adressées à un laboratoire médico-légal.

Photo prise le 21 avril 2018 : deux hommes placardent le visage d’un membre du Hamas, Fadi Mohammad al-Batsh âgé de 35 ans,, devant la maison de sa famille, à Jabaliya, au nord de la bande de Gaza. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

Il a précisé que la famille de Batsh n’avait pas fait l’objet de menaces.

Dimanche, le Hamas a menacé Israël de réprésailles après la mort de Batsh, un ingénieur électricier, commandant dans la branche armée du groupe terroristes. Les médias israéliens ont indiqué que l’homme était expert en attaques de drones et en fabrication de roquettes. Ce dernier a été assassiné alors qu’il quittait son domicile pour se rendre dans une mosquée dans la banlieue de Gombak, en périphérie de Kuala Lumpur. Il a été tué par balles samedi par deux hommes armés circulant à moto et probablement liés à des services de renseignement étrangers, selon les autorités malaisiennes.

La police a indiqué qu’un enregistrement vidéo indique qu’ils l’avaient attendu près de 20 minutes.

Plus tard dans la journée, le Hamas a ouvert une maison de deuil pour Batsh, à Gaza. La bannière principale à l’entrée de la tente dépeint Batsh comme un membre de la branche armée du groupe terroriste et « un commandant ».

Le leader du Hamas, Ismail Haniyeh, a accusé l’agence d’espionnage du Mossad d’Israël d’avoir tué Batsh à Kuala Lumpur et a juré de se venger : « Le Mossad n’est pas étranger à ce crime honteux et terrible. Il y aura un compte à régler entre nous et lui », a dit Haniyeh à une tente de deuil de Gaza pour Batsh. « Nous ne pouvons pas abandonner le sang de nos fils, de nos jeunes et de nos érudits. »

Le groupe terroriste du Hamas a déclaré que Batsh était un membre « loyal » et un « scientifique de la jeunesse palestinienne ». Il a déclaré qu’il avait fait des « contributions importantes » et participé à des forums internationaux dans le domaine de l’énergie.

Plus tard samedi, la branche armée du Hamas a ouvert une tente de deuil à Gaza pour Batsh. Une banderole principale à l’entrée de la tente décrivait al-Batsh comme un membre de l’aile militaire du groupe terroriste et « un commandant ».

Dix combattants masqués en uniforme de camouflage se tenaient alignés devant la tente de Jabaliya, la ville natale de l’homme assassiné, pour saluer les personnes endeuillées. La cérémonie est typique pour les hauts-commandants du Hamas.

Les palestiniens se réunissent devant la maison d’un membre du Hamas, Fadi Mohammad al-Batsh âgé de 35 ans, tué en Malaisie, le 21 avril 2018. (Crédit : AFP / MAHMUD HAMS)

Les médias israéliens ont indiqué que Batsh était lourdement impliqué dans les efforts mis en œuvre par le Hamas pour améliorer la précision de leurs roquettes et dans le développement des drones. Le scientifique, né à Gaza, a récemment publié des articles sur le développement des drones et sur les émetteurs pour le contrôle des drones.

Selon la Dixième chaîne, si Israël est à l’origine de cet assassinat, cela signifie que le Mossad se consacre à empêcher le Hamas d’avoir accès aux nouvelles technologies.

Dans un communiqué depuis la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, la famille de la victime a imputé le crime au Mossad, les services secrets israéliens, une affirmation démentie dimanche par le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman.
Batsh est survécu par sa femme et leurs trois enfants. Il a vécu en Malaisie ces dix dernières années.

La chaîne Hadashot TV a indiqué que le Hamas a envoyé plusieurs jeunes gazaouis se former en Malaisie. Le pays s’est révélé être un « paradis » pour le Hamas ces dernières années, selon la Dixième chaîne.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré dimanche qu’Israël demandait au gouvernement égyptien de ne pas permettre que le corps soit rendu à sa famille dans la bande de Gaza, jusqu’à ce que le Hamas rende à Israël les corps de deux soldats de Tsahal et de deux citoyens israéliens malades mentaux qu’il détient dans l’enclave.

Le Mossad a été accusé dans le passé d’éliminer ceux qui fournissent aux groupes terroristes palestiniens et libanais des technologies de pointe, ainsi que d’avoir assassiné des scientifiques nucléaires iraniens.

Le cas le plus médiatisé a été la mort de Hassan Lakkis, qui était à la tête des activités de recherche et de développement du Hezbollah en matière d’armement. Il a été tué par balle au sud de Beyrouth en 2013. Le dirigeant du Hezbollah Hassan Nasrallah avait accusé Israël, mais Jérusalem avait nié toute implication.

À Dubaï, en 2010, Mahmoud al-Mabhouh, un important acheteur et importateur de missiles du Hamas, a été assassiné dans sa chambre d’hôtel dans un meurtre attribué au Mossad.

Le Hamas a également accusé le Mossad d’avoir assassiné l’un de ses experts en drones – Mohamed Zouari – en Tunisie en 2016.

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