Mickey Levy interdit l’entrée d’une activiste anti-migrants à la Knesset
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Mickey Levy interdit l’entrée d’une activiste anti-migrants à la Knesset

Sheffi Paz a souhaité que Gaby Lasky et ses semblables soient placés devant un "peloton d'exécution" après un appel à accueillir les réfugiés afghans

La résidente et activiste du sud de Tel Aviv Sheffi Paz s' est exprimée pendant une visite d'Ayelet Shaked dans le sud de Tel Aviv, le 2 avril 2019 (Crédit : Roy Alima/Flash90)
La résidente et activiste du sud de Tel Aviv Sheffi Paz s' est exprimée pendant une visite d'Ayelet Shaked dans le sud de Tel Aviv, le 2 avril 2019 (Crédit : Roy Alima/Flash90)

Le président de la Knesset, Mickey Levy, a interdit mercredi à une militante d’extrême-droite d’entrer à la Knesset, après qu’elle a appelé à l’exécution d’un membre de la Knesset qui soutenait l’offre d’asile aux réfugiés afghans.

« La prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans met des centaines de milliers de personnes en danger, leurs droits et leurs vies sont en jeu. J’ai lancé un appel au ministre des Affaires étrangères et au Premier ministre suppléant, Yair Lapid, pour qu’ils ouvrent les portes d’Israël afin d’accueillir les réfugiés. C’est la chose humaine et humanitaire à faire, » a tweeté mardi la députée Gaby Lasky (Meretz).

Ce à quoi a répondu Paz, une militante anti-migrants bien connue : « La chose la plus humaine et humanitaire à faire est de vous mettre, vous et vos amis, devant un peloton d’exécution ».

Le parti Meretz a déclaré qu’il avait signalé Paz à la sécurité de la Knesset pour incitation au meurtre, et qu’il prévoyait de déposer une plainte à la police contre elle également.

Dans un tweet, le parti Meretz a déclaré que Paz « appelle à mettre la députée Gaby Lasky et 200 000 électeurs du Meretz devant un peloton d’exécution. Tout comme elle a incité et agi violemment contre les réfugiés et les travailleurs migrants [y compris] les enfants pendant des années. »

Pour le président de la Knesset, les commentaires de Mme Paz, qui a souvent été invitée à la Knesset par des législateurs de droite pour parler des problèmes des migrants, étaient « des déclarations graves qui dépassent les limites du discours acceptable et pourraient causer un réel préjudice à un élu. La Knesset ne tolérera pas des expressions aussi dures et grossières ».

Le président de la Knesset Mickey Levy pendant une séance plénière à Jérusalem, le 26 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Paz a ensuite déclaré qu’elle « a peut-être fait une erreur de formulation dans le feu de l’action », mais que « après avoir reçu des souhaits quotidiens de pourrir en prison, d’être violée, d’être assassinée et de mourir dans l’agonie, je peux aussi exploser. »

Elle a déclaré que Lasky « proposait de lâcher des Afghans islamistes sur une population qui survit à peine à l’invasion érythréenne-soudanaise. »

Sheffi Paz fait campagne depuis des années contre la présence de migrants africains dans son quartier du sud de Tel Aviv. Elle a été accusée par le passé d’incitation à la haine contre des ministres et des juges de la Haute Cour.

L’année dernière, elle a été placée en résidence surveillée après s’être introduite dans une école maternelle pour enfants de demandeurs d’asile dans le sud de Tel Aviv pendant la journée scolaire et avoir déclenché des troubles.

Gabi Lasky devant le tribunal de district de Nazareth, 16 mai 2019 (Facebook)

En 2019, elle s’est filmée en train de vandaliser la mission diplomatique de l’Union européenne (UE) en Israël, en taguant « L’argent allemand tue les Juifs » et « UE dégage » à propos du soutien du bloc aux migrants. Un procès est en cours pour cette affaire.

Les demandeurs d’asile africains, principalement originaires du Soudan déchiré par la guerre et de l’Érythrée dictatoriale, ont commencé à arriver en Israël en 2005 par sa frontière poreuse avec l’Égypte. Des dizaines de milliers d’entre eux ont traversé la frontière désertique, souvent après avoir enduré des voyages très dangereux, avant qu’Israël n’achève la construction d’une barrière en 2012 qui a mis fin à l’afflux.

Depuis lors, Israël s’est efforcé de trouver un moyen de faire face à ceux qui se trouvaient déjà dans le pays. Beaucoup ont pris des emplois subalternes dans les hôtels et les restaurants, et des milliers d’entre eux se sont installés dans le sud de Tel Aviv, où les résidents israéliens ont commencé à se plaindre de la hausse de la criminalité.

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