Mouvement de protestation à Ben Gurion concernant la reprise du trafic
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Mouvement de protestation à Ben Gurion concernant la reprise du trafic

La grève a été annulée après quelques heures, les salariés ayant accepté de discuter avec le gouvernement ; un organisme de recherche officiel déconseille une reprise immédiate

Des avions d'El Al à l'aéroport international Ben Gurion, le 12 avril 2020. (Flash90)
Des avions d'El Al à l'aéroport international Ben Gurion, le 12 avril 2020. (Flash90)

Le syndicat de l’Autorité aéroportuaire d’Israël a annoncé vendredi que les employés de l’aéroport Ben Gurion cesseraient immédiatement de travailler pour protester contre la gestion par le gouvernement de la reprise des vols réguliers vers le pays après leur interruption presque totale en raison de la pandémie de coronavirus.

Le syndicat a déclaré qu’il arrêtait immédiatement « les décollages et les atterrissages » à l’aéroport principal d’Israël et que « les avions actuellement en vol devront atterrir dans des aéroports secondaires selon leurs itinéraires de secours ».

Quelques heures plus tard, cependant, le syndicat a fait savoir qu’il annulait la grève après avoir programmé des réunions avec les ministres des Finances et des Transports la semaine prochaine.

Plusieurs vols avaient déjà prévu des itinéraires alternatifs lorsque la grève a été annulée, selon la Douzième chaîne.

La ministre des Transports Miri Regev s’en est prise au ministère des Finances, dirigé par son collègue du Likud Israel Katz, lui reprochant la rupture des négociations qui ont conduit à la brève grève.

Miri Regev a affirmé que ce dernier avait agi « dans le dos du ministre des Transports » lors des discussions avec le syndicat et qu’il « doit maintenant faire face aux conséquences » de ses prétendues actions.

« Ma position est sans équivoque : l’État doit soutenir les autorités aéroportuaires et garantir l’emploi continu des travailleurs qui génèrent des revenus considérables pour les caisses de l’État », a écrit Mme Regev sur Twitter.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec les ministres Miri Regev et Yisrael Katz, à la Knesset, le 8 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le syndicat avait menacé d’un mouvement social plus tôt dans la semaine, exigeant que le gouvernement renvoie au travail les quelque 2 500 de ses membres en congé sans solde, alors que les vols recommencent à affluer dans le pays. Le syndicat a critiqué l’incapacité du gouvernement à publier des projets clairs pour la reprise d’un trafic aérien régulier et a indiqué que tous les travailleurs de l’aéroport Ben Gurion travailleront selon le « protocole de Yom Kippour » – quand il n’y a pas de vols en provenance et à destination d’Israël – jusqu’à ce qu’un plan soit mis sur la table.

Presque toutes les liaisons aériennes vers Israël ont été interrompues en raison des restrictions liées au coronavirus, avec seulement une poignée de vols hebdomadaires, dont un quotidien vers Newark, dans la périphérie de New York, assuré par United Airlines.

Alors qu’une poignée de compagnies aériennes ont annoncé la reprise de leurs liaisons, l’interdiction d’entrée des non-Israéliens dans le pays reste en vigueur, et les Israéliens qui rentrent doivent encore se placer en auto-quarantaine pendant deux semaines.

Le 20 mai, l’autorité aéroportuaire israélienne a notifié aux compagnies aériennes que les non-ressortissants seraient interdits d’accès jusqu’au 15 juin au moins. L’ordonnance devait expirer le 30 mai.

Le hall des arrivées vide de l’aéroport international Ben Gurion, le 11 mars 2020. (Crédit : Flash90)

La décision du syndicat, qui aurait en fait mis fin à la plupart des voyages aériens vers le pays, est intervenue le lendemain de la reprise par trois compagnies aériennes des services réguliers vers Israël qui avaient été interrompus en raison de l’épidémie de coronavirus.

Vendredi également, le ministère des Renseignements a publié une liste de pays vers lesquels Israël peut reprendre ses vols réguliers dans les semaines et les mois à venir.

Selon le rapport, établi avec l’Agence nationale de sécurité, Israël peut reprendre le trafic aérien en toute sécurité avec 20 « pays verts » à faible taux d’infection – Seychelles, Grèce, Corée du Sud, Slovénie, Monténégro, Géorgie, Croatie, Bulgarie, Autriche, Lituanie, Vietnam, Taïwan, Australie, Hong Kong, Suisse, Slovaquie, Lettonie, Islande et Nouvelle-Zélande. Onze de ces pays sont déjà en pourparlers pour la reprise des vols.

Le rapport cite également neuf « pays jaunes » où les taux d’infection sont en baisse et où Israël devrait « poursuivre les négociations pour la reprise des vols ». Il s’agit de l’Allemagne, la République tchèque, la Hongrie, le Danemark, la Finlande, l’Estonie, Malte, le Japon et la Thaïlande.

Un Airbus A321-231 de la compagnie grecque Aegean Airlines. (Crédit : Creative Commons Attribution 2.0 Generic/Wikimedi/Curiemedia)

Alors que le syndicat et certaines agences gouvernementales font pression pour assouplir les restrictions de voyage, un organisme de recherche gouvernemental a recommandé vendredi que la reprise des vols réguliers soit repoussée d’au moins un mois.

Le Centre national d’information et de connaissance Corona, qui fait partie du département de renseignement de l’armée, a averti dans un rapport que « l’ouverture du ciel pourrait même conduire à une épidémie importante ».

Selon le rapport, « En raison de la morbidité mondiale croissante, l’ouverture des cieux, qui signifie permettre aux étrangers d’entrer en Israël et annuler l’ordre d’isolement, pourrait conduire à une augmentation significative du taux de mortalité lié au coronavirus en Israël ».

Le centre estime que cette mesure « rendra plus difficile le confinement du virus, et le restreindre à l’intérieur des frontières de l’État d’Israël ».

Cet avertissement est survenu alors que l’État juif a vu une récente augmentation du nombre de nouveaux cas de Covid-19 après une baisse régulière du taux d’infection quotidien pendant une grande partie du mois de mai, le gouvernement ayant assoupli les restrictions sur les déplacements, l’activité économique et les rassemblements qui ont été mises en place pour contenir le virus.

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