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Musique : Yael Naim explore l’énergie « Solaire »

Son nouvel album est constitué de 12 titres mélancoliques et synthétiques enregistrés dans sa maison de banlieue parisienne qui racontent les hauts et les bas d'une artiste en lutte contre les injonctions

La musicienne et chanteuse franco-israélienne Yael Naim lors d'une séance photo à Paris, le 18 février 2026. (Crédit : Joel Saget / AFP)
La musicienne et chanteuse franco-israélienne Yael Naim lors d'une séance photo à Paris, le 18 février 2026. (Crédit : Joel Saget / AFP)

Fin d’éclipse : dans « Solaire », son nouvel album, Yael Naim revient dans la lumière poursuivre la quête de liberté qui l’accompagne depuis son enfance, où elle se rêvait en « Mozart féminin », jusqu’au carton de « New Soul » il y a vingt ans, tube artisanal et planétaire.

Pour percer en tant qu’artiste, « il y a l’idée acceptée un peu partout selon laquelle il faudrait se trahir », note auprès de l’AFP la chanteuse-pianiste de 48 ans, née à Paris et qui a grandi en Israël. « On ne te dit jamais qu’il faut aller au bout de ce que tu es, là où ça résonne, pour voir si ça résonne chez les autres ».

C’est pourtant ce cheminement, ces « petites routes » selon son expression, que Yael Naim a emprunté au début des années 2000 alors qu’elle venait de briller à Paris dans des comédies musicales à gros budget comme Les Dix commandements.

Repoussant les avances des majors, elle choisit d’enregistrer avec son complice percussionniste David Donatien un album 100 % fait maison qui porte son nom et marque son époque. Le single « New Soul », repris dans une pub Apple, fera vibrer la sono mondiale et lui ouvrira les portes d’une tournée internationale.

« ‘New Soul’ on l’a fait sans faire exprès », rembobine-t-elle. « Mais le point de départ c’était ‘fais ce que tu aimes, prends le temps de le faire et sois sincère' ».

Vingt ans ont passé mais Yael Naim garde aujourd’hui la même philosophie avec « Solaire », 12 titres mélancoliques et synthétiques enregistrés dans sa maison de banlieue parisienne qui racontent les hauts et les bas d’une artiste en lutte contre les injonctions.

« En tant que femme, à chaque âge, il y a des boîtes dans lesquelles on croit qu’on doit se mettre. Et on doit parfois dépasser le regard des autres et dire : je vais créer ma manière d’être femme, mère, épouse, artiste », souligne-t-elle.

Le chemin peut être sinueux, « comme un jeu vidéo où on traverse les différents niveaux », dit-elle.

En 2020, Yael Naim a ainsi connu son premier échec commercial avec l’album « Nightsongs », sorti juste avant le premier confinement, et s’est parfois laissée envahir par la noirceur.

« Rejoindre un espoir »

« Toi c’est New soul/Comment as-tu fait pour être clouée au sol ? », chante-t-elle aujourd’hui dans le titre « Solaire » où, sautant du français à l’anglais, elle raconte son retour à la lumière.

« Etre solaire, c’est beaucoup moins superficiel que ce que je pensais », dit-elle, aujourd’hui apaisée. « Et j’ai décidé de me réapproprier ce sentiment-là, ce mot, l’idée que l’énergie doit venir de l’intérieur ».

Dans ce cinquième album, Yael Naim peut donc se moquer du consumérisme (« Wow ») ou se croquer en « Fille pas cool » : « Pas la fille qui fait rire/Pas de grande chose à dire/Pas la fille à la mode/Jamais compris les codes ».

« Ça m’a permis de faire la paix avec le fait que j’aime la force tranquille et cultiver le doute », analyse-t-elle.

« Solaire » marque aussi une renaissance après la « paralysie » qui l’a saisie dans la foulée des attaques du 7 octobre 2023 en Israël et de la guerre à Gaza. « J’étais incapable de penser, d’agir. Je ne savais même pas ce que j’avais le droit de dire, de penser », se souvient-elle.

« Le 7-Octobre, je l’ai vécu dans ma chair alors que j’ai tout fait, peut-être de manière lâche, pour m’éloigner de tout ça et construire ma vie », ajoute-t-elle.

La thérapie et la musique lui ont permis de sortir de l’ornière et d’agir sur « un temps long » aux côtés de collectifs comme les Guerrières de la paix ou Standing Together qui se battent pour créer des ponts entre les deux peuples.

Pour le lancement de son album, Yael Naim avait d’ailleurs choisi le restaurant parisien de l’association « Sababa le goût de la paix » qui unit, derrière les fourneaux, un Palestinien et un Israélien.

« Je ne dis pas que j’ai raison », relève-t-elle. « Je dis juste que j’ai eu besoin de lumière et de rejoindre un espoir ».

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