Netanyahu à Moscou pour évoquer l’Iran avec Poutine
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Netanyahu à Moscou pour évoquer l’Iran avec Poutine

Le Premier ministre se rend en Russie lundi pour s'assurer que les forces israéliennes pourront continuer à agir en Syrie

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, le 21 septembre 2015. (Crédit : ambassade d'Israël en Russie)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec le président russe Vladimir Poutine, à Moscou, le 21 septembre 2015. (Crédit : ambassade d'Israël en Russie)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est en visite éclair à Moscou lundi, un bref mais intense déplacement au cours duquel il devrait rencontrer le président russe Vladimir Poutine et visiter une exposition sur l’Holocauste.

A l’ordre du jour de sa réunion avec Poutine, les tentatives de l’Iran de s’enraciner militairement en Syrie, Moscou étant l’un des principaux alliés essentiels de Damas et de Téhéran. Parmi les autres questions qui seront probablement évoquées figurent l’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien, dont la Russie est signataire, et le conflit israélo-palestinien.

Lundi matin, Netanyahu s’envolera à bord d’un petit avion vers la capitale russe et reviendra en Israël quelques heures plus tard.

Il sera accompagné entre autres par le chef du Conseil de la sécurité nationale Meir Ben Shabbat et le dirigeant des renseignements militaires, le général de division Herzl Halevi.

Le déplacement de Netanyahu à Moscou intervient après un voyage en Inde d’une semaine au début du mois et un séjour de trois jours en Suisse pour assister au Forum économique mondial de Davos, la semaine dernière. Au mois de février, il devrait participer à la conférence sur la sécurité de Munich et, le mois suivant, à la conférence de la politique de l’AIPAC à Washington.

Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, à gauche, Avigdor Liberman, au centre, ministre de la Défense, et Gadi Eizenkot, chef d’état-major de Tsahal, à Tel Aviv, le 16 octobre 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministre de la Défense)

Les militaires israéliens et russes ont un mécanisme de désescalade des conflits pour s’assurer que les deux armées ne s’affrontent pas au sein de l’espace aérien syrien. Ces derniers mois, de hauts-conseillers à la sécurité israéliens ont rencontré régulièrement leurs homologues russes pour maintenir la coopération à cet effet.

« Voyez, quand j’ai vu que la Russie était en train de placer certaines forces militaires, aériennes, et des forces terrestres et des armes anti-aériennes en Syrie, j’ai décidé que le plus sage à faire était d’aller m’entretenir directement avec monsieur Poutine », a dit Netanyahu aux journalistes étrangers lors d’une réception au début du mois.

« Et j’ai dit, ‘regardez, vous avez vos intérêts en Syrie et nous avons nos intérêts qui sont de ne pas être attaqués par l’Iran et par ses mandataires depuis le sol de la Syrie, que ce soit directement ou à travers l’approvisionnement en armes offensives, en armes très meurtrières qui passent à travers la Syrie vers le Liban vers un front que l’Iran est en train d’établir au Liban’ « .

Le Mil Mi-24, plus connu sous le nom Hind, est de loin l’hélicoptère d’attaque le plus produit. La Syrie en possédait 36 avant la révolte syrienne. (Crédit : Voytek S/CC BY SA 3.0/Wikimedia commons)

Israël continuera à passer à l’action contre toutes les menaces émanant de Syrie, a-t-il continué. « Et le plus important, je pense, est de garantir que nous saurons nous comprendre les uns les autres et que nous n’abattrons pas nos avions respectifs. Et nous avons décidé d’entrer dans ce qu’on appelle dans ce jargon affreux ‘la désescalade des tensions’, ce qui signifie ne pas nous tirer dessus les uns les autres. Et nous avons établi un mécanisme pour le faire et ce mécanisme fonctionne ».

Moscou et Jérusalem respectent leurs « intérêts particuliers » réciproques, a continué Netanyahu. « Nous voulons garantir que cette coordination ou que ce manque de confrontation continue ».

Les deux leaders se sont entretenus pour la dernière fois lorsque Netanyahu a téléphoné à Poutine le 31 décembre et a transmis ses voeux au peuple russe à l’occasion de la nouvelle année civile.

« Poutine a noté que les relations israélo-russes sont de nature amicale et constructive », avait déclaré le Kremlin à ce moment-là. « Le président russe souligne qu’il compte consolider la coopération bilatérale en politique, dans le commerce, dans l’économie, dans la culture et dans d’autres secteurs, ainsi que le partenariat pour garantir la stabilité et la sécurité au Moyen-Orient ».

Netanyahu et Poutine se sont rencontrés en personne pour la dernière fois au mois d’août 2017 à Sochi, sur la mer Noire.

« La majorité des entretiens ont porté sur la tentative iranienne de s’implanter en Syrie là où l’EI est en train de partir après avoir été vaincue. La victoire sur l’EI est la bienvenue. L’entrée iranienne est importune, elle nous met en danger et, à mon avis, elle met en danger la région et le monde », avait dit Netanyahu lors de cette rencontre, suite à une discussion de trois heures.

« J’ai parlé très clairement au président Poutine de nos positionnements à ce sujet et sur le fait que c’est inacceptable pour nous. Je peux dire au sujet des rencontres précédentes avec le président Poutine que toute conversation de ce genre sert la sécurité d’Israël et les intérêts Israéliens et, je le crois, les intérêts russes aussi ».

L’équipe du Times of Israel et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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