Netanyahu : aucune limite à l’hypocrisie de l’ONU sur Gaza
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Netanyahu : aucune limite à l’hypocrisie de l’ONU sur Gaza

Le Premier ministre a fustigé Ban Ki-moon pour avoir singularisé Israël à propos des enfants victimes des conflits

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 22 juillet 2014. (Crédit : Flash 90)
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon (à droite) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 22 juillet 2014. (Crédit : Flash 90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’en est pris jeudi soir à l’ONU, disant qu’il n’y avait « pas de limite » à son hypocrisie, après que le secrétaire général Ban Ki-moon ait distingué Israël dans un débat du Conseil de sécurité sur les enfants blessés dans les conflits armés.
 
« C’est un jour noir pour l’ONU », a déclaré Netanyahu dans un communiqué en fin de soirée sur les remarques concernant la guerre de l’an dernier à Gaza.

« Au lieu de mettre en évidence le fait que le Hamas ait pris les enfants de Gaza en otages quand il a tiré sur Israël depuis des écoles maternelles, et creusé des tunnels vers les écoles maternelles israéliennes, l’ONU a de nouveau choisi de blamer Israël. »

L’Etat juif, dit Netanyahu, se tient aux normes éthiques les plus élevées dans le combat « comme cela a été déterminé pas plus tard que la semaine dernière par un groupe de généraux américains et européens de premier plan.

« Dans le même temps l’organisation terroriste du Hamas se voit décerner une immunité par l’ONU, même s’il a été prouvé sans le moindre doute qu’elle a commis des crimes de guerre en tirant depuis des hôpitaux, des mosquées et de l’intérieur des installations de l’ONU, » a-t-il poursuivi. « Il s’avère qu’il n’y a pas de limite à l’hypocrisie. »

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé jeudi à Israël de prendre d’urgence des mesures pour protéger les enfants palestiniens, en référence notamment à la guerre de l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Il s’exprimait à l’ouverture d’un débat général au Conseil de sécurité de l’ONU sur le sort des enfants dans les conflits armés.

« Je suis très inquiet des souffrances subies par tant d’enfants en raison des opérations militaires israéliennes à Gaza l’an dernier », a déclaré Ban.

« J’exhorte Israël à prendre immédiatement des mesures concrètes, y compris en révisant les pratiques et les politiques en vigueur, pour éviter que des enfants soient tués ou blessés, et pour respecter les protections spéciales accordées aux écoles et aux hôpitaux ».

Plus de 500 enfants sont morts durant le conflit à Gaza à l’été 2014.

L’ONU a accusé dans un rapport l’armée israélienne d’être responsable de tirs contre des écoles de l’ONU à Gaza qui servaient de refuges à des civils palestiniens.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse à la conférence des donateurs de Gaza au Caire, en Egypte, le 12 cctobre 2014 (Crédit photo: AFP / Khaled Desouki)
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon lors d’une conférence de presse à la conférence des donateurs de Gaza au Caire, en Egypte, le 12 cctobre 2014 (Crédit photo: AFP / Khaled Desouki)

Ban a dans le passé critiqué Israël et le Hamas pour leurs rôles dans le conflit de l’été 2014. Bien qu’il ait soutenu le droit d’Israël à se défendre contre les roquettes et les tunnels creusés sous ses frontières par des terroristes, il a également vivement critiqué le nombre élevé de victimes civiles palestiniennes au cours des combats.

Le dernier rapport du Secrétaire général a déclaré que, dans le conflit de Gaza, au moins 561 enfants avaient été tués – 557 d’entre eux étant Palestiniens.

Il a déclaré que 4 271 jeunes ont été blessés, tous Palestiniens, à part 22. Un rapport israélien récent a affirmé que 369 des personnes tuées pendant le conflit de 50 jours étaient des enfants de moins de 15 ans.

Les 557 morts palestiniens dans le décompte des Nations unies étaient le troisième plus haut taux de mortalité de tout conflit en 2014, après l’Afghanistan avec 710 enfants tués et l’Irak avec 679 – mais devant la Syrie avec 368.

Les Nations unies n’ont pas inclus Israël sur leur « liste de la honte » de pays et organisatios ayant violé les droits des enfants lors de conflits armés, malgré les appels d’ONG après la guerre à Gaza.

La ministre adjointe des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely a décrié l’approche « partiale et unilatérale » de l’ONU.

« Alors que des guerres sont menées sans arrêt au Moyen-Orient et que des enfants sont égorgés, l’ONU décide régulièrement de mentionner Israël dans le même souffle avec des pays qui ne respectent depuis longtemps aucun des droits de l’Homme fondamentaux », a déclaré Hotovely dans un communiqué.

« L’Etat d’Israël fait tout pour protéger la vie des civils en territoire ennemi, alors que le Hamas utilise cyniquement les enfants et les infrastructures civiles et porte atteinte délibérément à la vie humaine. »

Le député Ilan Gilon du Meretz a qualifié la mention par le chef de l’ONU d’Israël aux côtés de pays « qui utilisent la terreur contre leurs citoyens » comme « une stupidité absolue et annule complètement l’autorité morale de l’ONU », selon le site NRG.

Le gouvernement israélien a rendu la semaine dernière un rapport dans lequel il estime que ses soldats n’ont « pas intentionnellement visé des civils ou des cibles civiles » et que leurs actions à Gaza étaient « légitimes » et légales ».

Dans une lettre à Ban, l’ambassadeur israélien Ron Prosor a accusé Leila Zerrougui, représentante de l’ONU pour les enfants dans les conflit armés, de « partialité systématique » à l’encontre d’Israël. Selon Prosor, le dernier rapport de Zerrougui exonère le Hamas, adversaire d’Israël à Gaza, qui « utilise les Palestiniens, y compris des enfants, comme boucliers humains ».

En réponse, Ban a pris l’initiative inhabituelle de sortir du Conseil pour défendre sa représentante devant les journalistes. « Je tiens à exprimer mon plein soutien à Leila Zerrougui », a-t-il déclaré.

Mme Zerrougui a rejeté les accusations israéliennes, affirmant que ses services « appliquent la même procédure à tous les gouvernements ».

Pour Ban, « l’année dernière a été la pire dans l’histoire récente pour les enfants dans des pays en conflit ».

Il a cité la République centrafricaine, l’Irak, le Nigeria, la Syrie ou le Soudan du Sud.

L’an dernier, a-t-il noté, a aussi été marqué par des enlèvements d’enfants de plus en plus fréquents et massifs, que ce soit par le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et Irak ou par le mouvement extrémiste Boko Haram au Nigeria. Ce dernier a enlevé plus de 250 écolières à Chibok (Nigeria) en avril 2014.

Le Conseil de sécurité devait adopter jeudi une résolution qui ajoute l’enlèvement d’enfants aux critères déterminant si un pays ou un groupe armé est placé sur la « liste de la honte ».

La dernière mouture de cette liste comprend 51 entités, dont Boko Haram, le groupe EI, et les armées de huit pays, dont la Syrie, le Yémen, la République démocratique du Congo ou le Soudan du Sud.

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