Netanyahu avant la visite de Fabius : Israël refuse tout « diktat international »
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Netanyahu avant la visite de Fabius : Israël refuse tout « diktat international »

Le ministre des Affaires étrangères français va sonder le Premier ministre israélien sur son projet de négociations de paix

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 19 mai 2015, à la résidence présidentielle de Jérusalem (Crédit : AFP Photo / Gali Tibbon)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le 19 mai 2015, à la résidence présidentielle de Jérusalem (Crédit : AFP Photo / Gali Tibbon)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’Israël rejetterait « avec force » toute tentative de lui imposer « des diktats internationaux », peu avant de recevoir le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

« Le seul moyen de parvenir à un accord, c’est à travers des négociations bilatérales (entre Israéliens et Palestiniens) et nous rejetterons avec force toute tentative qui viserait à nous imposer des diktats internationaux », a dit Netanyahu à l’occasion du conseil des ministres hebdomadaire, selon ses services.

« Dans les propositions internationales qui sont avancées et qu’on essaie en fait de nous imposer, il n’est fait aucune référence véritable aux besoins d’Israël en terme de sécurité ni à nos autres intérêts nationaux », a-t-il dit.

« Ils essaient juste de nous pousser à accepter des frontières indéfendables en ignorant totalement ce qui se passera de l’autre côté de la frontière », a-t-il dit, « cela produira les mêmes résultats que nous avons vus et ressentis dans notre chair avec la bande de Gaza et le Liban. Nous ne le permettrons pas ».

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a entamé samedi une tournée au Proche-Orient, où il veut relancer des négociations israélo-palestiniennes moribondes, en estimant que la poursuite de la construction en Cisjordanie faisait reculer les espoirs de paix.

Reprendre les pourparlers israélo-palestiniens interrompus depuis plus d’un an sous une égide internationale et dans un calendrier précis : telle est l’ossature du projet qu’entend défendre le ministre français au cours de son quatrième voyage dans la région depuis 2012.

« Il faut que la sécurité d’Israël soit assurée complètement, c’est tout à fait essentiel, » a dit d’emblée M. Fabius au Caire, ajoutant immédiatement : « il faut en même temps que les droits des Palestiniens soient reconnus, parce que s’il n’y a pas de justice, il n’y a pas de paix. Et de ce point de vue là, quand la colonisation avance, la solution des deux Etats recule ».

Cette dernière phrase, la veille de son arrivée à Jérusalem, est un pari risqué pour la réussite de son périple, en Egypte, en Jordanie, dans les Territoires palestiniens puis en Israël, tant le sujet déclenche d’ordinaire les foudres de l’Etat hébreu.

La communauté internationale considère cette construction comme illégale et un obstacle majeur à la reprise du processus de paix.

« Ce n’est pas la seule pierre d’achoppement mais, si on veut la solution de deux Etats, la seule praticable, comme le reconnaissent d’ailleurs les deux parties, la colonisation, si elle se développe, risque de rendre impossible physiquement cette solution », a développé plus tard M. Fabius.

Le ministre doit se rendre dimanche à Amman, puis à Ramallah, Jérusalem et Tel Aviv.

‘Inciter à faire la paix’

Pour autant, Paris ne se berce pas d’illusions sur les résultats de cette tournée. L’idée est de pousser à une reprise des négociations, mais « on en est loin aujourd’hui », concède un diplomate français déplorant une « inertie mortifère ».

Le contexte n’est pas favorable: le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige depuis mai un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël, une coalition fragile dont une partie pousse à l’accélération de la colonisation, certains ministres s’étant prononcé contre la solution à deux Etats.

Côté palestinien, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a annoncé la semaine dernière la fin du gouvernement de réconciliation entre son parti le Fatah, au pouvoir en Cisjordanie, et les terroristes du Hamas, qui dirigent la bande de Gaza.

L’activisme de la France sur la question israélo-palestinienne, qui relève du pré-carré américain, s’est réveillé après l’échec, en avril 2014, d’une médiation de neuf mois du secrétaire d’Etat John Kerry.

L’idée principale « c’est qu’il faut que les parties reprennent les négociations », a martelé M. Fabius au Caire.

« Il ne s’agit pas de faire la paix sans les parties, il s’agit d’inciter les parties à faire la paix », a-t-il poursuivi.

« Depuis 40 ans, il y a eu parfois des négociations mais elles n’ont jamais abouti, donc il faut sans doute réfléchir à un certain nombre d’adaptations de la méthode », a estimé M. Fabius qui a proposé samedi à la Ligue arabe, qui siège au Caire, la « création d’un comité international de soutien » aux négociations, qui comprenne « les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et des représentants de l’Union européenne et des pays arabes ».

« Et puis il faut enfin que, le moment venu, tout cela soit entériné par la communauté internationale et pourquoi pas par une résolution des Nations unies », a plaidé le chef de la diplomatie française, concluant : « dans tous les cas nous pensons que ne rien faire ce serait prendre le risque de l’enlisement et de l’embrasement ».

Un projet de résolution nécessite cependant l’aval des Etats-Unis. Or, une résolution palestinienne présentée au Conseil de sécurité et soutenue par la France, prévoyant un accord de paix dans les 12 mois ainsi que le retrait israélien des Territoires avant fin 2017, avait échoué fin décembre, certains des membres, dont les Etats-Unis, ayant voté contre.

« Cela ne sert à rien de proposer une résolution qui se heurterait à tel ou tel véto », a ainsi estimé M. Fabius.

Mais Paris veut croire que de récentes déclarations américaines assurant que Washington pourrait réévaluer sa position de soutien indéfectible à Israël à l’ONU, « est une ouverture inédite qu’il faut exploiter ».

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