Netanyahu devrait demander formellement la libération d’Issachar à la Russie
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Netanyahu devrait demander formellement la libération d’Issachar à la Russie

Yuval Steinitz a dit que le Premier ministre faisait tout pour obtenir la libération de Naama Issachar, à moitié Américaine ; l'intervention des US n'a pas été sollicitée

Naama Issachar est détenue à Moscou ou dans ses environs depuis avril 2019. (Naama Issachar/Instagram via JTA)
Naama Issachar est détenue à Moscou ou dans ses environs depuis avril 2019. (Naama Issachar/Instagram via JTA)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu soumettra dans la journée de mardi une requête officielle au président russe Vladimir Poutine en faveur de la libération d’une jeune femme israélienne condamnée à sept ans et demi de prison par un tribunal de Moscou pour des délits liés à la drogue.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz a expliqué à Kan que la demande formelle qui sera formulée au nom de Naama Issachar, 26 ans, sera faite dans la journée et qu’elle suit des entretiens téléphoniques personnels entre Poutine, Netanyahu et le président Reuven Rivlin.

Issachar a été condamnée vendredi à sept ans et demi de prison pour trafic de drogues présumé. Elle est détenue en Russie depuis six mois après la découverte de 9,6 grammes de marijuana dans son bagage au cours d’une escale à Moscou, alors qu’elle rentrait en Israël après un voyage en Inde. Pour Jérusalem, la peine infligée est largement disproportionnée.

Steinitz, un proche du Premier ministre, a dit que Netanyahu « fait tout ce qu’il est possible de faire. Il n’est pas le président de la Russie. Il est le Premier ministre d’Israël ».

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz assiste à une session plénière à la Knesset à Jérusalem, le 23 mai 2018. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Netanyahu a rencontré à plusieurs occasions Poutine en Russie.

« Nous espérons que les liens personnels aideront dans ce dossier, comme ils aident dans la liberté d’opération de l’aviation militaire israélienne dans les cieux de Syrie », a déclaré Steinitz, se référant aux arrangements passés entre l’Etat juif et la Russie pour les activités de l’armée dans l’espace aérien syrien mis en place pour éviter les affrontements entre les avions des deux pays qui, tous deux, mènent des opérations en Syrie.

Les propos de Steinitz ont été tenus après qu’un porte-parole du Kremlin a fait savoir lundi que Poutine réfléchirait à une demande de grâce pour Issachar lorsque cette dernière serait soumise par le biais des canaux appropriés.

La sœur d’Issachar, Liad, a déclaré mardi à Kan que Naama ignorait que la marijuana se trouvait dans son sac et qu’elle n’avait aucunement l’intention de ramener de la drogue en Israël.

« Naama ne savait réellement pas qu’elle avait du cannabis dans sa valise », a-t-elle clamé. « En fin de compte, elle l’a admis mais ce n’est pas arrivé intentionnellement. Elle n’aurait jamais fait quelque chose d’aussi stupide volontairement. Son erreur est de ne pas avoir nettoyé le sac de voyage. »

Liad a expliqué que si elle doute que quelqu’un ait délibérément placé la drogue dans la valise de Naama, sa sœur revenait d’un séjour de trois mois en Inde où elle avait passé du temps « avec toutes sortes de personnes dans toutes sortes de lieux différents ».

Même si Naama a la citoyenneté américaine, Liad a noté que la famille n’avait pas sollicité l’aide de Washington.

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) salue le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant leur rencontre à Sotchi, en Russie, le 12 septembre 2019. (Crédit : Shamil Zhumatov/Pool Photo via AP)

La famille d’Issachar a fait appel de sa sentence. Son avocat a officiellement déposé sa requête lundi et présentera ses arguments dans la semaine. Mais les responsables israéliens estiment que l’issue de cet appel reste incertain dans la mesure où l’emprisonnement d’Issachar semble être une affaire politique impliquant l’extradition attendue d’un hacker russe vers les Etats-Unis, malgré les demandes de Moscou qui souhaite le voir extradé vers la Russie.

Le site d’information Ynet a fait savoir qu’Amir Ohana, ministre de la Justice, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient réexaminé le cas d’Aleksey Burkov ces derniers jours en raison de la volonté apparente des Russes de faire rapatrier ce dernier et de la certitude des responsables, à Jérusalem, qu’accepter la requête de Moscou serait déterminant pour obtenir la remise en liberté d’Issachar.

Burkov est réclamé par les Etats-Unis pour détournement de fonds dans le cadre d’une escroquerie à la carte bancaire.

L’intérêt porté par Moscou au sort de Burkov a mené les responsables israéliens à penser qu’il pourrait y avoir un lien entre le jeune homme et les réseaux d’espionnage russes, selon des informations parues dans les médias israéliens.

Le hacker a, pour sa part, nié toute connexion avec les services de renseignement ou le gouvernement de Russie.

Aleksey Burkov durant une audience du tribunal en Israël. (Capture d’écran : Treizième chaîne)

Yulia Malinovsky, députée du parti Yisrael Beytenu, a expliqué mardi que le leader de la formation et député Avigdor Liberman, un immigrant russe qui a occupé dans le passé les postes de ministre des Affaires étrangères et de la Défense, s’efforçait également de garantir la libération de la jeune femme.

« Il y a quelque chose à offrir aux Russes en échange de Naama », a-t-elle dit à Kan.

Dimanche, c’est le président Reuven Rivlin qui a interpelé Poutine sur la condamnation de la jeune femme dans un courrier, écrivant que « Naama a fait une grosse erreur et elle a reconnu son crime mais dans le cas d’une jeune femme sans aucun antécédent criminel, la condamnation sévère dont elle a écopé aura un impact profondément destructeur sur son existence ».

Issachar ne nie pas avoir possédé 10 grammes environ de marijuana dans son bagage, mais elle clame n’avoir jamais eu l’intention de franchir les contrôles douaniers russes et n’être pas, par conséquent, une trafiquante. Elle n’aurait pas eu accès aux substances illicites avant son retour sur le territoire israélien.

Les procureurs russes ont affirmé que, parce que le sac d’Issachar avait pénétré dans l’espace aérien russe, avec le stupéfiant à l’intérieur, la présence de la drogue pouvait s’apparenter à du trafic même si la jeune femme n’avait jamais eu l’intention d’entrer en Russie.

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