Netanyahu: Israël renforce ses liens avec le monde sans nuire aux implantations
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Netanyahu: Israël renforce ses liens avec le monde sans nuire aux implantations

Entre visites de dirigeants amicaux et nouvelles voies diplomatiques avec les pays arabes, M. Netanyahu affirme qu'un accord avec les Palestiniens n'est plus un préalable

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu durant une conférence de presse à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 9 octobre 2018. (Crédit ! Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu durant une conférence de presse à la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 9 octobre 2018. (Crédit ! Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que les récents signes d’un épanouissement diplomatique pour Israël se produisaient sans que Jérusalem n’ait à faire de concessions sur les implantations en Cisjordanie, en se réjouissant de la visite du dirigeant du Tchad après des décennies de relations difficiles.

Ces observations ont été faites alors qu’Israël a récemment intensifié ses contacts avec un certain nombre de pays arabes qui, jusqu’à récemment, avaient toujours refusé tout lien, même informel, avec l’État juif. Les informations communiquées dimanche indiquaient qu’Israël travaillait à l’établissement de canaux diplomatiques avec le Soudan et le Bahreïn.

La plupart des pays arabes insistaient pour qu’Israël parvienne à un accord de paix avec les Palestiniens avant que toute normalisation puisse avoir lieu. Mais ces dernières années, les attitudes ont apparemment changé, et M. Netanyahu a déclaré qu’Israël continuait d’aller de l’avant avec ses relations internationales malgré le développement des implantations en Cisjordanie et la stagnation des négociations de paix.

« Nous nous ouvrons sur le monde », a-t-il déclaré lundi à sa faction du Likud dans un discours public. « Israël connaît un essor diplomatique sans précédent, y compris dans le monde arabe… et dans le monde musulman. »

Vue de l’implantation israélienne de Maale Hever, dans le Conseil régional de Har Hebron, le 19 avril 2015. (Nati Shohat/Flash90)

M. Netanyahu a souligné que les précédents dirigeants avaient tenté de renforcer la position internationale d’Israël par des « concessions dangereuses, y compris le démantèlement de localités », faisant référence au plan de désengagement de 2005 de M. Ariel Sharon, ancien Premier ministre, dans lequel toutes les implantations de la bande de Gaza avaient été démantelées.

« Cela ne s’est pas produit – et ne se produira pas – avec moi », a poursuivi Netanyahu. « C’est exactement le contraire qui se produit. Nous obtenons l’appui du monde entier, y compris de nombreux pays du monde arabe, grâce à notre position forte et inébranlable ».

« Nous croyons en la paix sans contraintes, nous croyons aux alliances nées de la puissance technologique, financière, de défense et de renseignement d’Israël », a-t-il ajouté. « C’est ce que nous continuerons à faire, et c’est aussi comme ça que nous parviendrons à la paix. »

M. Netanyahu a ouvert son intervention publique en saluant la visite du président tchèque Milos Zeman, qui s’est engagé à déplacer l’ambassade de son pays à Jérusalem, et du président tchadien Idriss Déby, qui, dimanche, a déclaré aux dirigeants israéliens à Jérusalem qu’il voulait rétablir les relations diplomatiques.

Le Premier ministre a déclaré que Déby l’avait invité à se rendre au Tchad et qu’il avait accepté « avec joie » cette invitation.

La visite historique de Déby s’inscrit dans le cadre d’une campagne visant à jeter les bases d’une normalisation des liens avec les pays à majorité musulmane que sont le Soudan, le Mali et le Niger, selon un reportage diffusé dimanche sur la Dixième chaîne d’information israélienne.

Selon d’autres rapports, Israël s’emploie également à normaliser ses relations avec le Bahreïn, alors que Jérusalem intensifie ses efforts pour établir des relations plus ouvertes avec le monde arabe dans un contexte d’alliances en évolution au Moyen Orient, en raison des préoccupations communes concernant l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) serre la main du Président tchadien Idriss Déby lors de leur conférence de presse conjointe à Jérusalem, le 25 novembre 2018. (Ronen Zvulun/Pool/AFP)

Netanyahu évoque depuis des années le réchauffement des liens entre Israël et le monde arabe, citant non seulement l’Iran comme ennemi commun, mais aussi l’intérêt de nombreux pays à coopérer avec Israël en matière de sécurité et de défense, ainsi que l’industrie high-tech israélienne en expansion.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est accueilli par le sultan Qaboos bin Said à Oman, le 26 octobre 2018 (Crédit : autorisation)

Le mois dernier, Oman a accueilli le Premier ministre israélien lors d’une visite inattendue, signe apparent des progrès réalisés par Israël pour améliorer ses liens avec les États du Golfe.

Lors d’une conférence sur la sécurité qui s’est tenue à Bahreïn après la visite, le ministre omanais des Affaires étrangères a également exprimé son soutien à l’État juif en lui adressant de rares paroles de soutien.

« Israël est un État présent dans la région, et nous le comprenons tous. Le monde est également conscient de ce fait, et il est peut-être temps qu’Israël soit traité de la même manière et qu’il ait les mêmes obligations », a déclaré Yussef bin Alawi bin Abdullah, selon Reuters.

Lors d’une conférence de presse avec Déby dimanche, Netanyahu a annoncé qu’“il y aura d’autres visites de ce type dans les pays arabes très bientôt”, sans donner de détails.

Le président israélien Reuven Rivlin (à droite) avec son homologue tchèque Milos Zeman, à Jérusalem, le 26 novembre 2018 (Crédit : présidence tchèque via Twitter)

Lundi dernier, lors de sa visite en Israël, le président tchèque Zeman a exprimé son scepticisme quant à la possibilité d’une solution à deux États. Il a dit au président Reuven Rivlin qu’il était intéressé à en apprendre davantage sur les approches alternatives pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

Zeman, un fervent partisan d’Israël, est arrivé dimanche soir pour une visite d’État de trois jours au cours de laquelle il inaugurera la « Maison tchèque » à Jérusalem, un espace de bureaux annoncé par Prague comme « première étape » pour le déplacement de l’ambassade du pays dans la ville.

En avril, M. Zeman a annoncé le début d’un processus qui permettra de transférer la mission diplomatique du pays de Tel Aviv à Jérusalem, bien que l’on ne sache toujours pas si et quand Prague ouvrira réellement une ambassade dans la capitale.

Raphael Ahren et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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