Netanyahu ne pourra pas nommer le chef de la police, répète Mandelblit
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Netanyahu ne pourra pas nommer le chef de la police, répète Mandelblit

Le procureur-général a bien l'intention d'interdire au Premier ministre de faire des nominations judiciaires et policières de haut-rang ; Netanyahu l'accuse de conflit d'intérêts

Le procureur général Avichai Mandelblit s'exprime lors d'une manifestation à l'université de Bar-Ilan, le 4 mars 2020. (FLASH90)
Le procureur général Avichai Mandelblit s'exprime lors d'une manifestation à l'université de Bar-Ilan, le 4 mars 2020. (FLASH90)

Le bureau du procureur-général Avichai Mandelblit a rejeté lundi les accusations lancées par le Premier ministre Netanyahu concernant un conflit d’intérêts qui l’impliquerait directement après que Mandelblit a demandé au chef du gouvernement, sous le coup de mises en examen pour corruption, de se retirer du processus de décision portant sur les nominations des hauts-responsables judiciaires et dans la police.

Netanyahu a indiqué vendredi qu’il n’obéirait pas aux instructions de Mandelblit, continuant ainsi une guerre des mots entre les deux hommes sur le sujet.

Netanyahu a également déclaré avoir rejeté un projet d’arrangement concernant un possible conflit d’intérêts qui avait été proposé par Mandelblit, affirmant que le procureur-général lui-même se trouvait au centre d’un conflit d’intérêts après avoir décidé, l’année dernière, de l’inculper dans trois affaires de corruption.

Selon les médias en hébreu, Netanyahu a écrit à Mandelblit que sa proposition était « déraisonnable, elle manque d’autorité et elle reflète un conflit d’intérêts inhérent ».

Yossi Cohen, l’avocat de Saraet de Benjamin Netanyahu, arrive au tribunal de première instance de Jérusalem, le 7 octobre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Je vous fais donc savoir par la présente que je rejette le projet d’accord pour conflit d’intérêts que vous m’avez proposé », a écrit Netanyahu. « J’agirai conformément aux règles contraignantes portant sur les conflits d’intérêts et j’en notifierai le contrôleur de l’Etat ».

Le projet d’arrangement qu’a fait parvenir Mandelblit le mois dernier à Netanyahu empêcherait le Premier ministre de procéder à des nominations à des postes de haute responsabilité dans le système judiciaire et dans la police, sur la base du conflit d’intérêts né du procès pour corruption en cours du Premier ministre, avait précisé le ministère de la Justice à ce moment-là.

Dans son avis juridique, Mandelblit avait indiqué que Netanyahu ne devait pas être impliqué dans la désignation des juges ou du commissaire de police, ainsi que dans d’autres nominations qui seraient susceptibles d’affecter le travail du procureur de l’Etat, du bureau du procureur-général, ou les enquêtes de la police.

Dans un courrier adressé lundi à Yossi Cohen, l’un des avocats du Premier ministre, et qui répondait aux accusations lancées par Netanyahu, le bureau du procureur-général a écrit que « ce n’est pas le premier règlement pour conflit d’intérêts » proposé à un chef du gouvernement, écartant les propos du Premier ministre qui dit être singularisé et montré du doigt.

Le courrier a ajouté qu’au cours des mandats des prédécesseurs de Netanyahu, le bureau avait dû trouver des arrangements similaires également avec eux. Netanyahu a affirmé, la semaine dernière, que les règles gouvernementales actuelles stipulent que les dossiers liés aux conflits d’intérêts doivent relever du contrôleur de l’Etat ou d’un ancien magistrat, et non du procureur-général.

Le bureau de Mandelblit a néanmoins accepté la demande de Cohen d’une rencontre avec la vice-procureure-générale Dina Zilmer pour débattre de ses doutes sur la version de l’arrangement proposée par le procureur-général.

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