Netanyahu se défend « d’inciter » ses partisans à la violence, Bennett réagit
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Netanyahu se défend « d’inciter » ses partisans à la violence, Bennett réagit

Le patron du Shin Bet est sorti de son habituelle réserve pour mettre en garde contre "une augmentation des discours incitant à la violence, notamment sur les réseaux sociaux"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu condamne la candidature nouvellement déclarée de son rival Naftali Bennett à la formation d'un gouvernement d'union avec Yair Lapid qui mettrait fin à ses 12 années en tant que Premier ministre, le 30 mai 2021. 
(Crédit : Yonatan Sindel/Pool via AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu condamne la candidature nouvellement déclarée de son rival Naftali Bennett à la formation d'un gouvernement d'union avec Yair Lapid qui mettrait fin à ses 12 années en tant que Premier ministre, le 30 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Pool via AP)

Le Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahu, accusé d’intimider les soutiens d’un possible gouvernement de coalition cherchant à l’évincer du pouvoir, s’est défendu dimanche de toute « incitation à la violence », dans un climat politique tendu qui inquiète jusqu’aux services de sécurité du Shin Bet.

Samedi soir, le patron du Shin Bet, le renseignement intérieur israélien, Nadav Argaman, est sorti de son habituelle réserve pour mettre en garde contre « une augmentation des discours incitant à la violence, notamment sur les réseaux sociaux ».

Il a exhorté les responsables politiques de tous les partis à « appeler clairement à la fin de ces discours », qui peuvent être « compris par certaines personnes ou certains groupes comme un permis pour commettre des violences » pouvant aller jusqu’à entraîner des « blessures mortelles ».

Une partie de la presse locale a perçu dimanche ce commentaire comme un avertissement au Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, qui fait actuellement pression sur des députés pour les convaincre d’abandonner leur appui au projet de gouvernement de coalition mené par son rival, le centriste Yaïr Lapid.

« Il y a une ligne très fragile entre la critique politique et l’incitation à la violence (…) et on ne peut pas dire que, quand la critique vient de droite, c’est de l’incitation à la violence et que, quand elle vient de gauche, c’est une utilisation justifiée de la liberté d’expression. C’est une tentative de présenter la droite comme un danger pour la démocratie », s’est défendu dimanche M. Netanyahu, devant les cadres de son parti, le Likud.

« Je condamne toute incitation à la violence », a-t-il ajouté, qualifiant de tels appels « d’illégitimes ».

M. Netanyahu s’est dit être la cible d’une campagne « encore plus grave » dirigée contre lui et ses proches et

« Pendant longtemps, il y a eu des menaces terribles contre nous. Des appels à m’assassiner, moi et ma famille, ma femme », a-t-il précisé.

Netanyahu a qualifié de « gouvernement de gauche dangereux » la coalition hétéroclite formée par M. Lapid avec deux partis de gauche, deux du centre, trois de droite (dont Yamina, droite radicale nationaliste) et la formation arabe islamiste Raam.

Gila Gamliel, alors ministre des Personnes âgées, s’exprime lors de la conférence gouvernementale hebdomadaire au bureau du Premier ministre Netanyahu à Jérusalem, le 30 décembre 2015. (Marc Israel Sellem/POOL)

Alors que de multiples députés subissent actuellement des pressions de la part des activistes qui veulent les convaincre de ne pas soutenir un accord de coalition qui permettrait de mettre en place un nouveau gouvernement et d’écarter du pouvoir le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à son poste depuis longtemps, la ministre de la Protection environnementale et membre du Likud Gila Gamliel a dit dimanche être opposée aux manifestations organisées aux abords des habitations des parlementaires.

« Je m’oppose aux mouvements de protestation organisés à proximité du domicile des personnalités publiques. Les familles ne devraient pas être impliquées dans la lutte politique », a-t-elle écrit sur Twitter.

Les partisans du prochain gouvernement potentiel ont dû affronter des protestations et des menaces intenses, tout au long de la semaine dernière.

La commission des Affaires sécuritaires du Parlement a annoncé qu’elle se réunira en urgence lundi à 09H00 à la « lumière de l’avertissement inhabituel émis par le chef du Shin Bet » ainsi que dans la perspective d’une « marche des Drapeaux » prévue jeudi à Jérusalem, à l’appel de figures de l’extrême droite israélienne.

Le vote de confiance du Parlement, dernière étape pour formaliser ce premier gouvernement sans Benjamin Netanyahu depuis plus de 12 ans, pourrait intervenir dès mercredi ou le lundi 14 juin, selon des médias israéliens.

Ces derniers jours, des soutiens du Premier ministre sortant ont organisé des rassemblements devant les domiciles de plusieurs membres du parti Yamina, dirigé par Naftali Bennett, qui devrait prendre en premier la tête du gouvernement selon les termes d’un accord de partage du pouvoir signé avec Yaïr Lapid.

Dans une intervention télévisée, M. Bennett s’est adressé dimanche soir à M. Netanyahu lui demandant de « cesser » la campagne « violente » contre les élus de droite de la nouvelle coalition.

« D’une part, il y a des critiques légitimes, de l’autre une attitude inquiétante », a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs appelé le président du Parlement à annoncer lundi que le vote de confiance pour le nouveau gouvernement se tiendra mercredi.

« Nous savons que Netanyahu met la pression pour retarder ce vote afin de tenter de trouver des déserteurs mais vous devez agir pour le bien de l’Etat d’Israël pas pour celui de M. Netanyahu », a déclaré M. Bennett.

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