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Netanyahu : « Trump et moi sommes en phase, nous n’accepterons pas d’accord à n’importe quel prix »

Selon le Premier ministre, la stratégie du président pour conclure un accord n'implique pas de faire pression sur Israël ; le Hamas se dit prêt à relâcher 10 otages en cas de trêve

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux côtés de législateurs américains avant une réunion au Capitole, à Washington, le 9 juillet 2025. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux côtés de législateurs américains avant une réunion au Capitole, à Washington, le 9 juillet 2025. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi que le président américain Donald Trump et lui-même étaient sur la même longueur d’onde dans leurs efforts pour obtenir un accord pour la libération des otages.

Dans une tentative d’afficher son unité avec les États-Unis alors que les pourparlers de cessez-le-feu sont en cours, le Premier ministre a insisté sur le fait que ni lui ni Trump n’accepteraient un accord « à n’importe quel prix », alors que le président américain a de nouveau laissé entendre qu’un accord était sur le point d’être conclu.

« Le président Trump et moi avons un objectif commun. Je veux obtenir la libération de nos otages. Nous voulons mettre fin au régime du Hamas à Gaza. Nous voulons nous assurer que Gaza ne représente plus une menace pour Israël », a déclaré Netanyahu à la presse, au Capitole, à Washington, avant de rencontrer John Thune, le leader de la majorité au Sénat.

Netanyahu a insisté sur le fait que Trump et lui avaient la même stratégie pour conclure un accord, qui n’implique aucune pression américaine sur Israël.

« Le président Trump veut un accord, mais pas à n’importe quel prix. Je veux un accord, mais pas à n’importe quel prix. Israël a des exigences en matière de sécurité et d’autres exigences. Et nous travaillons ensemble pour essayer d’y parvenir », a déclaré Netanyahu, réfutant les informations allant dans le sens contraire.

Mardi, les États-Unis ont toutefois fait pression sur Israël pour qu’il assouplisse sa position concernant le retrait partiel de ses troupes de Gaza pendant la trêve temporaire actuellement en discussion, a déclaré un responsable arabe au Times of Israel.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) remettant au président américain Donald Trump un étui à mezouza en forme de bombardier B-2, à la Maison Blanche, le 7 juillet 2025. (Crédit : Capture d’écran/GPO)

De son côté, Trump a une nouvelle fois affirmé qu’il y avait « de très bonnes chances que nous parvenions à un accord cette semaine, voire la semaine prochaine ».

« Je pense que nous avons une chance cette semaine ou la semaine prochaine, mais rien n’est certain. Il n’y a rien de certain concernant la guerre et Gaza », a-t-il déclaré mercredi.

À LIRE : Trump prône la fin de la guerre, mais il laisse Netanyahu s’exprimer sur le Hamas

Cette semaine, Trump a déclaré qu’il pensait qu’un accord serait conclu cette semaine. La semaine précédente, il avait déclaré qu’un accord serait probablement conclu dans un délai d’une semaine.

Mercredi, un haut responsable israélien a déclaré qu’un accord pourrait être finalisé dans un délai d’une à deux semaines, mais pas dans les prochains jours.

S’adressant à des journalistes non israéliens lors de la visite de Netanyahu à Washington, ce responsable a déclaré que si les deux parties acceptaient un cessez-le-feu de 60 jours, Israël profiterait de ce délai pour proposer un cessez-le-feu permanent qui exigerait le désarmement du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Si le Hamas refuse, « nous poursuivrons » les opérations militaires, a déclaré ce responsable sous couvert d’anonymat.

Le Hamas fait preuve de « souplesse » dans les négociations sur les otages

Alors que les pourparlers se poursuivaient, le Hamas a publié une déclaration dans laquelle il affirme avoir fait preuve de « souplesse » et accepté de relâcher dix otages dans le cadre d’un éventuel accord.

Le groupe terroriste a toutefois précisé que d’autres questions étaient encore en cours de négociation, notamment l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, le retrait des troupes de Tsahal de l’enclave et des garanties concrètes pour un cessez-le-feu permanent.

Le Hamas a déclaré que malgré les difficultés rencontrées dans les négociations, il continuait à agir « avec sérieux et dans un esprit positif avec les médiateurs afin de surmonter les obstacles ».

Cette déclaration, inhabituelle de la part du groupe terroriste palestinien dans le cadre des pourparlers avec Israël, ne semble toutefois pas indiquer de progrès.

Steve Witkoff, envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, lors d’une réunion de cabinet avec Donald Trump, à la Maison Blanche, le 8 juillet 2025. (Crédit : Andrew Harnik/Getty Images/AFP)

Le projet actuellement discuté dans le cadre des pourparlers de Doha, basé sur une proposition de l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, prévoit la libération de dix otages israéliens détenus à Gaza et la restitution des corps de dix-huit otages décédés, en échange d’un cessez-le-feu de 60 jours.

Mardi, Witkoff a déclaré à la presse qu’il espérait qu’un accord pourrait être conclu cette semaine, affirmant que trois des quatre points de désaccord entre les deux parties avaient été résolus lors de pourparlers à Doha.

Toutefois, selon des sources proches du dossier citées par le Times of Israel, les États-Unis seraient plus optimistes que les médiateurs égyptiens et qataris quant aux chances de parvenir à un accord cette semaine, car des divergences importantes subsistent encore dans les négociations.

L’un des principaux points d’achoppement des pourparlers a été la question de savoir si Israël serait en mesure de reprendre sa campagne militaire à l’issue du cessez-le-feu de 60 jours proposé.

Les États-Unis auraient également déclaré aux médiateurs qu’ils n’avaient pas l’intention de permettre à Jérusalem de reprendre les combats, même si cela n’était pas explicitement mentionné dans le texte d’un accord en cours d’élaboration à Washington et au Qatar, ont déclaré mercredi au Times of Israel un diplomate arabe et une deuxième source proche du dossier.

Les familles des otages doutent de l’accord-cadre actuellement négocié

À la suite de la rencontre entre Netanyahu et Trump, un groupe de familles d’otages a été reçu mercredi par des hauts responsables de l’administration à la Maison Blanche. Ces familles ont également rencontré le Premier ministre.

Une source présente lors de cette réunion a déclaré au Times of Israel que le Premier ministre avait déclaré que des progrès avaient été réalisés en vue d’un accord de trêve.

Des familles d’otages détenus à Gaza, après une réunion avec des responsables de l’administration Trump, à la Maison Blanche, à Washington, le 9 juillet 2025. (Crédit : Forum des familles des otages et disparus)

« Nous avons entendu une nouvelle fois l’engagement de l’administration Trump à ramener tous les otages. Elle n’aura de cesse que les 50 otages soient tous rentrés à la maison. Ces moments sont critiques, et nous faisons confiance à l’administration Trump pour ramener tout le monde [à la maison], dans le cadre d’un accord global », a déclaré le Forum des familles des otages et disparus dans un communiqué.

Mardi, Witkoff a déclaré que l’administration prévoyait d’organiser cette réunion pour informer les familles de l’avancement des négociations à Doha concernant les otages.

Les familles des otages actuellement à Washington s’opposent toutefois à l’accord-cadre en cours d’élaboration, car il ne garantit pas la libération de tous les otages ; le retour des autres captifs est en effet conditionné à l’issue des négociations ultérieures sur un cessez-le-feu permanent.

Israël a toutefois préféré ce cadre, car il ne souhaite pas s’engager d’emblée à mettre fin définitivement à la guerre.

Les responsables de l’administration Trump auraient assuré aux familles que l’accord aboutirait finalement à la libération de tous les otages.

Netanyahu réfute l’idée qu’Israël cherche à « expulser » les Gazaouis

Netanyahu a également insisté mercredi sur le fait qu’Israël ne cherchait pas à déplacer de force les Gazaouis, mais souhaitait simplement offrir à ceux qui le souhaitaient la possibilité de partir.

« Nous ne forçons personne, et je ne pense pas que ce soit la suggestion du président Trump », a répondu Netanyahu à une question de l’un des journalistes présents au Capitole.

Cependant, lorsque Trump a présenté pour la première fois son plan de prise de contrôle de Gaza en février, il a évoqué le transfert permanent de l’ensemble de la population.

Il a depuis pris ses distances par rapport à ce discours et parle rarement en public de ce projet, tandis qu’Israël s’en est emparé, le présentant comme une initiative visant à « encourager l’émigration volontaire » des Gazaouis.

Israël insiste pour rester dans le corridor de Morag, dans le sud de l’enclave, à proximité de l’endroit où il prévoit de créer une « ville humanitaire » dans laquelle toute la population de la bande de Gaza serait rassemblée après avoir été contrôlée et empêchée de partir.

Le ministre de la Défense, Israel Katz, a présenté cette idée aux journalistes en début de semaine, déclenchant un tollé international à l’idée de concentrer deux millions de personnes dans une zone aussi restreinte, tout en leur interdisant de la quitter.

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, assistant à une cérémonie commémorative nationale pour l’Opération « Bordure protectrice », au Mémorial national situé à l’entrée du cimetière militaire du mont Herzl, le 6 juillet 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Cette déclaration semble également avoir nui aux négociations à Doha, le Hamas campant désormais sur ses positions concernant le retrait partiel des troupes israéliennes de la bande de Gaza pendant la trêve de 60 jours envisagée.

Netanyahu aurait déclaré aux députés du Likud qu’Israël détruit tous les bâtiments de l’enclave afin que les Gazaouis n’aient d’autre choix que de partir.

« C’est ce qu’on appelle la liberté de choisir, rien de plus. Pas de coercition, pas de déplacement forcé. Si les gens veulent quitter Gaza, ils doivent avoir le droit de le faire et ne pas être retenus sous la menace d’une arme par le Hamas », a déclaré Netanyahu.

Reuters a contribué à cet article.

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